Un an. Un an que leur aventure s'était terminée. La raison officielle ? Rupture de contrat, pas plus d'explication. La raison entière ? Selon les personnes concernées, trop horrible, trop scandaleuse pour être divulguée. Trop indécente pour la survie d'une carrière. Aucun journaliste n'a réussi a percé le secret. Pas vraiment étonnant quand on connait tous les moyens déployés par la compagnie musicale pour le garder. Tout cela aurait pu envoyer le groupe en prison. Du moins, deux d'entre eux.
Quoi de plus scandaleux qu'une relation incestueuse ?
***
Elle avait été découverte peu avant la fin de la tournée promotionnelle d'Humanoïd. Enchevêtrés dans une couverture sur le canapé d'une des loges de la salle d'un quelconque concert, les habits gisants sur le sol, l'odeur du sexe encore présente. C'est comme ça que David les a trouvé. C'était comme s'il avait reçu un coup de massue en pleine tête. Il ne savait plus quoi faire. Devait-il en parler ? Avec qui ? Avait-il rêvé ?
Il avait décidé d'en parler à Georg. Ce petit con était d'une sagesse incroyable quand il s'y mettait. Georg en avait parlé à Gustav. Tous deux en avaient parlé ensemble, malheureusement pas assez discrètement. Un de leurs gardes du corps les avait entendu, et il s'était empressé d'en parlé avec Benjamin. Benjamin qui en avait directement parlé à la direction. Cela avait pris moins de trois heures.
En quelques heures, les jumeaux virent le regard des gens changer. Où était passé l'admiration, la jalousie ? Tout ce qu'il restait, c'était du dégoût. Ils comprirent vite. Ils comprirent aussi que leur carrière était fini. David s'était posté devant, méprisant, et leur avait annoncé qu'ils étaient attendu dans le bureau du président de la filière allemande d'Universal le lendemain matin.
Ils avaient un concert ce soir là.
Virés. Ils avaient rompu leurs contrats, sans une once de pitié. Pas de négociations, ils ne pouvaient juste pas imaginer travailler avec ces...monstres. Ils leur avaient simplement demander de confirmer les dires de Jost. Ils ont choisi la vérité. Grossière erreur. En quelques secondes, ils étaient passé de Tokio Hotel, à rien du tout, détruisant au passage la vie de leurs deux meilleurs amis. Georg et Gustav ne leur avaient plus jamais adressé la parole depuis ce jour.
Aucune fan ne comprit, bien qu'elles aient essayé. En vain. Elles ont hurlé au scandale, supplié, créé des pétitions, seule le silence leur a répondu. Les Tokio Hotel n'étaient plus qu'un souvenir. Un beau et douloureux souvenir. Certaines jeunes filles ont décrété que leur vie n'avait plus aucun sens, seize suicides ont été répertoriés durant les deux jours qui ont suivi l'annonce de la séparation.
Les partisanes du twincest s'en donnèrent à cœur joie.
Elles n'ont jamais eu plus raison qu'à cet instant.
***
Que sont-ils devenus ?
Et bien, Gustav était retourné à Madburg et était devenu professeur de batterie au conservatoire municipal. Il s'était marié avec une jeune femme, Antje, de deux ans sa cadette. Un mètre soixante, blonde aux yeux bleu. Magnifique. Elle était enceinte de leur premier enfant.
Georg, lui..Il était devenu gay. Il l'avait toujours été en fait. Il vivait avec son petit ami actuel, un mexicain, Juanito, né Juanito Pacito Julio Lopez. Grand, brun, bronzé, aussi musclé que son cerveau était petit et que son accent était marqué. Georg avait commencé des études de dentiste.
Ils avaient tous les deux repris le cour de leur vie, un goût amer dans la bouche.
Tom tentait difficilement de reconstruire un semblant de vie, dévasté par la fin de leur carrière et par le rejet de ses amis, de sa famille. Il tentait tant bien que mal de faire face à la déchéance de Bill. Bill sombrait, engloutit par le désespoir. Il avait trouvé réconfort dans la drogue. Ca avait commencé par un joint de temps à autre, dans l'arrière salle d'un club malfamé. D'un joint par-ci par-là, il était passé à trois pétard par jour. Il essayait d'oublier, d'oublier son désespoir, d'oublier la façon dont il avait détruit la vie de ceux qu'il aimait.
Bientôt, cela ne lui suffit plus.
***
Seul une respiration saccadée se faisait entendre.
"Putain...Putain. Putain. Putain."
Des tiroirs qui s'ouvrent et se referment violemment, des mains qui fouillent désespérément à la recherche d'une chose bien précise. D'autre bruit de tiroirs. Des battements de cœur affolés. Une main brandissant victorieusement un objet scintillant.
Bill se jeta hors de son appartement, courant à en perdre haleine. Frénétique, il s'assit au volant de sa voiture, si reprenant à trois fois avant de réussir à enfoncer la clé dans la serrure. Il démarra à toute vitesse, filant à travers les rues d'Hambourg. Il était trois heures du matin, des femmes et des hommes défilaient sur le trottoir, à la recherche de client, des sexs shops se suivaient, et des hôtels miteux longeaient les rues. Bienvenue dans le sale quartier d'Hambourg. Tremblant, il sortit de sa voiture et s'enfonça dans le hall d'un immeuble. Des drogués gisaient sur le sol, quelques seringues vides abandonnées à côté d'eux, un air béat sur le visage. Il monta jusqu'au troisième étage et frappa à la porte 384. Quelle ironie. Il sourit amèrement devant le nombre. Personne ne vint lui ouvrir. Il frappa une nouvelle fois, plus fort. Enfin, des pas se firent entendre.
"Bordel, ouais ?!" Cria une voix de derrière la porte.
"Jan, c'est Bill. Ouvre ta putain de porte." Un grognement se fit entendre.
"Bon Dieu, Bill, qu'est c'que tu fous ici à trois heures du mat' ?" soupira Jan, tout en ouvrant la porte. Le visage blafard de Bill lui apparut.
"J'ai- J'ai besoin d'une dose." murmura celui-ci.
"J'croyais que t'avais plus aucune thunes, et qu'ton frère s'était barré."
"J'ai trouvé de quoi payer" répondit-il, sortant de sa poche un bracelet en argent. "Tiens." Jan tendit la main et s'empara du bijoux, l'examinant sous toutes les coutures. Avec un sourire, il railla
"Ca vaut même pas deux cachets d'exta."
"Oh ta gueule Jan, ce truc vaut plus que ton appart' de merde. Fais pas ton connard, merde. J'ai besoin d'héro." S'énerva Bill.
"Tssk. T'en as tellement besoin ?" Hochement de tête. "Le bracelet et une pipe, et j'te la file."
"Va t'faire foutre."
"Oh oh. J'ai l'droit à un bonus en plus ?" Ricana Jan. "Allez, j'te file les cachets gratos en plus."
Bill le supplia. Ce foutu bracelet coûtait juste foutrement cher. Puis une voix s'infiltra dans sa tête, moqueuse. "Allez Bill, c'est juste une queue. Tu te fais bien baisais par ton propre frère, tu peux quand même le sucer, imagine ton état quand il t'aura fila l'héro. C'est juste une bite, Bill"
Alors Bill se mit à genoux.
***
Il entra en titubant dans l'appartement, un sourire rêveur aux lèvres. Il ne savait pas trop comment il avait fait pour revenir aussi simplement, mais il s'en fichait. Il s'écroula sur le canapé, le même sourire scotché sur le visage. Il ferma les yeux, voyant des couleurs et des formes psychédélique danser devant ses paupières. Un feu d'artifice de plaisir et de bonheur explosait en lui. Il était bien. Jamais ses problèmes ne lui semblaient aussi loin que dans ces moment là. Il décida de se lever et se traina jusqu'à sa chambre. En entrant, il aperçut une forme roulée en boule sur son lit. Tom était revenu. Il ne savait pas où il avait disparu, ces derniers jours. A vrai dire, il s'en foutait. Tout ce qu'il lui vient à l'esprit en s'allonger près de son frère, c'est qu'il n'aurait pas à sucer la queue de Jan pour un moment. Il s'endormit quelques secondes plus tard.
Tom était juste allé dans un hôtel délabré de l'autre côté de la ville. Il avait besoin d'air, il ne supportait plus la situation. Il ne supportait plus les changements de Bill, il ne supportait plus ses crises, ses menaces, ses vols, ses refus d'être touché. Cette odeur de sexe et d'alcool qui trainait avec lui partout où il allait. Il avait bien essayé de le raisonner, de le sortir de là. Tout ce qu'il avait reçu en remerciement, c'était des paires de claques. Alors il avait abandonné. Il avait juste observé son frère dépérir, maigrir à vue d'œil, devenir de plus en plus faible, il avait juste vu, impuissant, les cernes creuser son visage, ses main commencer à trembler. Il ne pouvait juste plus rien faire.
Et ça faisait mal. De le voir trainer sa carcasse dans leur appartement,. Soit il était énervé, criant pour la plus stupide des choses, soit il était complétement apathique, remarquant à peine la présence de son frère. Sa vie avait, semblait-il, quitté peu à peu son corps.
"Bill..." murmura Tom
"Mmh ?" Tom tenta de poser sa main sur son dos, mais il fut repousser en un millième de seconde.
"Nan, rien." Il abandonna l'idée de lui parler.
Tom errait dans l'appartement, à la recherche de quelque chose à faire. Il avait vu Bill sortir en trombe de l'appartement quelques heures plus tôt, l'air complétement ailleurs, et depuis, plus aucunes nouvelles.
Il avait l'habitude, de toute façon. Mais ce soir, il se sentait juste...Vide. Il n'arrivait plus à trouver la force de tout supporter. Il ne pouvait plus supporter la drogue, l'alcool, l'odeur du sexe, l'indifférence, le rejet. Il ne supportait plus ses appels à ses parents, à ses amis, qui restaient sans réponses. Il voulait serrer sa mère dans ses bras, se blottir contre elle et laisser aller ses larmes. Mais elle avait arrêté de leur adresser la parole depuis longtemps. Il voulait retourner des années en arrière, quand il était roulé en boule sous sa couette, le corps encore en sueur de Bill étaler sur lui. Il voulait retourner à l'époque où ils étaient avec Gustav et Georg, et qu'ils rêvaient de célébrité, assis sur un canapé mal en point, à l'arrière de leur garage. Il voulait réentendre des rires résonner dans l'appartement.
La vie n'avait plus aucun goût à présent, à part peut-être celle du regret.
Tom déambula dans le salon, tel un zombie. Il se sentait totalement déconnecté. Sans regarder où il marchait, il se prit les pieds dans le tapis et s'étala sur le sol. Grognant, il poussa sur ses bras et se retourna sur le dos, ses yeux fixant le plafond. Il laissa son regard se balader sur celui-ci, des poutres étaient visibles à quelques endroits, la peinture s'effritait. Tout était dans un état déplorable. Comme son cœur. Il continua à observer le plafond quelques instants, et soudain, la solution à ses problèmes lui parut plus évidente que jamais.
***
Bill gravissait lentement les marches de l'immeuble, titubant un peu. Il avait passé une soirée mouvementée. Le retour à la réalité était dur. Où étaient donc passés les couleurs, les rires, l'orgasme ? Il grogna, voyant enfin le bout de sa torture. Il arriva sur le palier, et s'il n'avait pas été si essoufflé, il aurait poussé un cri de joie. Foutu ascenseur. Sans si attendre, il ressentit un vertige. Le genre de vertige où on a l'impression de tomber dans un gouffre sans fin. Il eût l'impression qu'il se brisait en des milliers de morceaux. Bon Dieu, depuis quand était-ce si difficile de monter des escaliers ? Il s'avança lentement vers la porte, tenant ses clés dans ses mains tremblantes. Il força un peu la porte, et s'engouffra dans l'entrée. Il retira avec difficulté ses bottes et jeta son tee shirt sur le parquet. Se dirigeant tranquillement vers la cuisine, il passa devant le salon, y jetant à peine un coup d'œil. Il continua d'avancer, et revient sur ses pas en à peine une seconde. Ses yeux s'écarquillèrent, sa bouche s'ouvrant en un grand 'o', à la recherche d'air. Il porta sa main à sa poitrine, sentant son cœur imploser sous ses doigts. Sa peau brûlait, il avait l'impression que sa tête allait exploser, un cri d'horreur lui vrillait les tympans. Il crût mourir, engloutit au plus profond des ténèbres. C'était comme si d'immenses mains le tiraient vers le bas, pour finir par le laisser percuter le sol, brisant chacun de ses os. Le corps de son frère se balançait lentement devant lui. Droite, gauche. Droite, gauche. Il ne put détacher son regard de la scène. Ses yeux tombèrent sur les poutres du plafond, et il laissa ses yeux se balader le long de la corde, sur la gorge mutilé de Tom, et il planta son regard dans celui vide de son frère. Il vacilla, tentant de se rattraper au mur, mais tomba sur le sol. Est-ce que c'était son imagination. Ça devait l'être. Tremblant comme une feuille, la respiration saccadée, il avança lentement vers le corps. Il leva lentement la main et la rapprocha, quand :
"Bill ?" interpela la voix de Tom, de l'autre côté de la pièce.
"Tom !" Bill cria, sa voix partant dans les aiguës, et se retourna horrifié, pour ne trouver que le salon, totalement vide de cadavre. Il tourna sur lui-même, et voulut se jeter sur son frère, debout de l'autre côté de la pièce. Tout ce qu'il embrassa fut le mur. La tête lui tournait. Il fit volte-face encore une fois, et fut glacé sur place par le balancement de la corde.
"Je..Tom ? Tu..C'est pas possible. C'est pas possible putain." Il commença à pleurer hystériquement, se laissant glisser au sol. Il venait de voir Tom. Il avait bougé, parlé. Était-ce une mauvaise blague, pour le punir ? Il leva son regard et fut encore une fois assaillit par l'horreur de la situation. Il ferma les yeux un instant, et se retrouva nez à nez avec Tom. Celui-ci était livide, des cernes se creusaient sous ses yeux, et avait les yeux vides. Il colla son visage contre celui de Bill et ouvrit la bouche, laissant une odeur putride en sortir.
"Tu m'as tué, connard."
Bill poussa un hurlement de terreur et s'évanouit.
Il se réveilla quelques heures plus tard, sonné. Se remémorant peu à peu ce qu'il s'était passé il se leva rapidement et lança un regard paniqué dans le salon. Son frère était toujours là, suspendu à une corde. Il sentit ses yeux se remplir de larmes et s'avança vers le corps sans vie. Une chaise gisait au sol. Il l'a remit en place et alla chercher un couteau. Il monta dessus et commença a coupé désespérément la corde. Elle céda en quelques secondes, et Tom tomba dans un bruit sourd. Il descendit rapidement de la chaise et s'agenouilla sur le sol, enroulant ses bras autour du cadavre, pleurant plus fort que jamais. Il ne savait pas quoi faire. Que s'était-il passé ? Pourquoi ? Il était perdu et brisé intérieurement.
"Tom. Réveille-toi. Allez. Pitié."
Toutes les horreurs que Bill avait pu dire, ou faire, tout lui revenaient en pleine face. Il se revoyait le repousser, lui hurler dessus. Il s'empara du téléphone et appela les urgences, arrivant à peine à expliquer la situation.
Bien sûr que Tom était déjà mort lorsque l'ambulance arriva, Bill le savait bien. Il avait juste eu le tout petit espoir qu'ils puissent le ranimer. Ils n'avaient même pas essayer. Ils l'avaient directement mit sur un brancard, recouvert d'une couverture et étaient parti, certains lançant des regards de pitié à Bill. Ils savaient tous très bien qui ils étaient. On oubliait pas les frères Kaulitz du jour au lendemain. La première chose que fit Bill après leur départ fut d'appeler sa mère. Avant qu'elle n'ai eu le temps de lui raccrocher au nez, il annonça la nouvelle. "Tom est mort". Sa mère lui a demandé de se répéter, il s'exécuta. Elle lui cria qu'il n'avait pas à inventer des excuses aussi stupides pour lui parler, que c'était inconscient. Alors il se répéta. En précisant comment. Un long silence suivit son annonce, et d'un coup, il entendit des sanglots à l'autre bout du fil. Après toutes les horreurs qu'elle avait dite, tous les appels auxquels elle n'avait pas répondu, il s'étonna de l'entendre pleurer.
"Mon bébé est mort" sanglota sa mère. Il lui raccrocha au nez, incapable de l'entendre s'apitoyer. Il avait déjà beaucoup trop à faire avec sa douleur.
L'enterrement eut lieu le dix mai, en petit comité. La mère des jumeaux, leur père et beau-père, quelques tantes, oncles et cousins et Gustav et Georg. Ceux-ci s'étaient déplacé, secoués par la mort de Tom. L'amertume fit place au regret. Le regret de les avoir rejeté alors qu'ils étaient au fond du gouffre. Bill avait prononcé quelques mots en son honneur, mais avait fondu en larme, incapable de parler, et était sorti bouleversé de l'église. Sa mère le rejoignit dehors, et le serra dans ses bras plus fort qu'elle ne l'avait jamais fait.
Après la mise en terre de Tom, Bill était rentré à leur - son - appartement dans un état second. Il se dirigea directement vers la chambre en arrivant. Il fouilla dans plusieurs placards et trouva ce qu'il cherchait : le tee shirt préféré de Tom. Il se déshabilla et enfila le tee shirt. Il portait encore l'odeur de Tom. Bill s'allongea sur leur lit et explosa en sanglots. Se roulant en boule, il pleura comme ça pendant des heures.
A son réveil, il s'était décidé : il allait arrêter la drogue, l'alcool, le sexe. Il devait arrêter, pour Tom. Décidé à réussir, il se leva et entama le nettoyage de l'appartement. Celui-ci était dans un état pitoyable. De la poussière un peu partout, des assiettes sales empilées dans la cuisine, des cadavres de verres explosés sur le sol. Apparemment, même Tom avait abandonné l'idée de garder cet endroit propre. Amèrement, Bill pensa que Tom avait abandonné tout court. Il continua à nettoyer, cherchant n'importe quoi à faire pour occuper son esprit. Il savait que s'il se posait deux minutes, il se remettrait à pleurer.
Quelques heures plus tard, il avait enfin fini. Il ne lui restait qu'une pièce : la salle de musique. C'était là que Tom gardait toutes ses guitares. Il en avait verrouillé l'accès quand Bill s'était mit à lui voler de l'argent, à revendre tout ce qui avait une quelconque valeur. Mais maintenant Bill avait la clé. Il l'ouvrit, émus, et fut assaillit par l'odeur de Tom. Il n'avait aucune idée de ce qu'avait fait Tom pendant un an pour s'occuper, mais Bill était pratiquement sûr que son frère avait passé la majorité de son temps ici. Il entra lentement dans la pièce, observant toutes les guitares et les partitions éparpillées sur le sol. Il se pencha pour en ramasser une et eut l'envie irrépressible de pleurer en voyant le titre. "In die Nacht" murmura-t-il. Il caressa du bout des doigts les notes inscrites dessus, et une larme roula sur sa joue. Une idée lui vint à l'esprit. Il savait approximativement jouer de la guitare. Il savait au moins lire les notes. Il s'empara d'une des guitares acoustique et sorti de la pièce.
Il avait réussi à maitriser la chanson en quelques jours. Après ça, il avait secoué ciel et terre pour trouver un créneau pour une chanson dans un quelconque festival. Il avait réussi à trouver une place au festival "Das Fest". A vrai dire, ça n'avait pas été très difficile, il avait seulement eu à prononcer "Bill Kaulitz" pour que les organisateurs s'arrangent pour lui trouver une place. La nouvelle fit le tour de l'Allemagne en à peine deux jours. Toutes leurs fans étaient surexcité. Avait-il prévu d'entamer une carrière solo ? La rumeur comme quoi il jouerait de la guitare était-elle vrai ? Est-ce qu'il envisager vraiment de faire de la musique sans Tom ? L'Allemagne avait été secouée par sa mort. Des reportages sur Tokio Hotel et sa vie avait explosé de partout, ravivant le souvenir du groupe. Certaines personnes s'insurgeaient "Bill Kaulitz vit plutôt bien la mort de son frère. Seulement deux mois après sa mort, il va jouer devant leurs fans. On se demande encore ce qu'il va jouer." scandaient certains journaux. Les G's avaient demandé à participer, mais Bill avait catégoriquement refusé. S'il faisait ça, s'était uniquement en l'honneur de Tom. Le premier week end de juillet, il jouera devant des centaines de fans In Die Nacht en sa mémoire.
***
Le grand jour était arrivé. On était le deux juillet, et Bill était prêt à jouer devant son public. Le mois passé avait été le plus éprouvant de sa vie. Son humeur changeait en quelques secondes, il avait subit des hallucinations violentes. L'absence de son frère lui pesait, il avait besoin de revoir son visage souriant, de le toucher. Le plus dur, c'était de se dire qu'il était mort par sa faute. Mais il n'avait pas retouché à la drogue. Pas beaucoup. Deux ou trois cachets. Ou plus. Qu'est-ce que ça changeait ? Il ne savait pas combien de temps il tiendrait sans héroïne, il espérait tellement fort réussir à s'en sortir. Mais chaque jour était plus dur que le précédent. Il secoua la tête, chassant tout idée de drogue de son esprit. L'heure du show approchait à grand pas, un régisseur lui avait annoncé qu'il y avait des centaines de jeunes filles dans la foule soulevant des pancartes où l'on pouvait lire des mots d'amour et de soutiens. Cela réchauffa le cœur de Bill. Leurs fans ne les avaient pas oubliés.
Il marchait le long de la pièce, complétement stressé. Et si sa voix était devenu horrible ? Et si les fans n'étaient là que pour le pointer du doigt à cause de la mort de son frère ? Bill était sûr qu'elles savaient. Elles savaient que si Tom s'était suicidé, c'était de sa faute. Elles savaient toujours tout. Il commençait à être persuadé qu'elles en avaient contre lui. Elles allaient lui jeter des pierres, lui hurler leur haine. Et il le mériterait. Il s'assit sur une chaise, prenant sa tête dans ses mains.
"Tu l'as tué Bill. C'est de ta faute. Ta faute. Ta putain de faute." Lui hurlait une voix intérieur.
"C'est ma faute" Sanglota Bill. "Tout ça c'est de
ma faute."
"Monsieur Kaulitz ! Ça va être à vous dans cinq minutes." Annonça un régisseur à travers la porte.
Bill trembla. Il ne voulait pas. Il ne voulait affronter les regards accusateurs. Mais il était obligé. Pour Tom. Pour son frère, son âme sœur. La seul personne qu'il aimera à jamais. Il s'empara de sa guitare - une gibson, noire bordée de blanc, magnifique - et souffla un grand coup. C'était à lui de jouer, comme avant.
Il s'avança sur scène où l'attendait un tabouret et un micro. A peine fut-il visible que des cris retentirent. Comme avant. Il entendait son nom partout autour de lui, et, pour une fois, ce n'était pas son imagination. Elles étaient bien là, pour lui, à hurler son nom et à pleurer pour lui, pour son retour. Des mains s'étendaient vers lui, priant pour être touchées. Comme avant. Bien sûr, tout le monde n'était pas là pour lui, mais il se sentit fière d'apporter tant de joie à un tout petit pourcentage de la population humaine. Il continua de marcher, un sourire illuminant son visage squelettique, et s'assit confortablement sur le siège.
"Hey." Des cris. "Je suis ici pour vous jouer la chanson qui me tient le plus à cœur." Des cris. "Je n'entamerai pas de carrière solo." Des cris - déçus. "Je suis juste là pour rendre hommage à Tom. Mon frère." Des cris. Des sanglots. "Je ne me remettrai jamais de sa mort. Je le sais. Mais je veux lui rendre hommage, au moins un peu." Des cris. "Alors, je jouerai In Die Nacht." Des cris. Il positionna ses doigts sur les cordes et, ému, débuta à jouer. "In mir wird es langsam kalt." Des cris. Des pleurs. "wie lang könen wir beide." Il pleure. Mais il continue à jouer, pour Tom. Il continue de chanter, la voix brisée. Jamais il ne pourra réparer ce qu'il a fait, mais il avait besoin de ça. Pour se sentir mieux, pour enlever quelques grammes des centaines de kilos qu'il portait sur son dos. Il joua les doigts tremblant, l'émotion était palpable. Même ceux qui étaient pour l'enfoncer se sentaient ému. Les mains bougeaient au dessus des têtes, formant des cœurs. Des centaines de filles étaient en pleurs. Elles sanglotaient, et Bill se faisait violence pour ne pas les imiter. La chanson se termina enfin et un grand silence s'installa pendant les quelques secondes qui suivirent la dernière note. Puis la foule se mit à rugir, à hurler. Ils en voulaient encore. Mais Bill se mit simplement sur le bord de la scène, laissa tomber la guitare et leva les bras vers le ciel. "Pour Tom." Il fit une révérence et s'en alla. Dans les coulisses, toutes les personnes qu'il croisait le regardait les larmes aux yeux, le complimentant du bout des lèvres. Bill baissa les yeux.
En arrivant dans sa loge, la première chose qui lui traversa l'esprit fut que, peut-être, Tom l'avait vu et que sa haine envers lui s'était envolé. Il voulait croire ça. Il s'appuya contre la porte et se mit à pleurer. De soulagement et de tristesse à la fois. Il se sentait plus léger. Mais à présent, il ne savait plus quoi faire. Il n'avait aucun but, aucune personne avec qui partager sa vie. Personne pour le serrer dans ses bras le soir, personne pour l'aider à sortir de la drogue. Il doutait qu'il arriverait à en sortir, à vrai dire. Il tremblait rien qu'à l'idée de supporter la souffrance du manque. Il ne pouvait pas. Et puis, à quoi bon ? Il n'avait même pas vraiment de raison pour vouloir s'en sortir. Tom n'était plus. Tom était parti, et maintenant il l'attendait dans un lieu où il pourrait s'aimer sans rendre de compte à qui que ce soit. Bill eût soudainement une illumination. Tom, il l'attendait. Et lui, il le faisait attendre. Il se releva rapidement, fouillant dans sa sacoche. Il en sorti une petite pochette, qui contenait une seringue, un briquet, un garrot et de l'héroïne. Il sourit. Ça serait largement suffisant. Il sorti le tout soigneusement, et prépara son échappatoire avec soin. Resserrant le garrot autour de son bras frêle, il rechercha dessus un endroit où il pouvait encore se piquer. Il l'avait fait tellement de fois qu'il avait encore les traces de ses anciennes piqûres. Il trouva une veine, et enfonça sa seringue avec précision. Il sentit son corps se détendre, ses pupilles se dilater. S'écroulant au sol, tremblant, du sang coulant de son nez à flot, il sourit vaguement. Il voyait Tom. Il lui souriait aussi. Celui-ci lui tendit la main en une invitation silencieuse. Bill s'en empara et partit avec lui vers des sentiers heureux.
***
Madburg.
Vingt-deux heures.
Une sonnerie de téléphone.
"Oui allô ? Oui, oui, je suis bien Mme Trumper. Pourquoi ? Je..Pardon ? Vous..Vous devez plaisanter. Oh mon Dieu." Simone laissa tomber le téléphone à terre, les yeux écarquilles.
"Chérie ?" Elle se retourna vers Gordon, des larmes dévalant ses joues. "Simone ?" Elle s'effondra au sol.
"Bill. Il est mort." Elle porta sa main à sa bouche, étouffant ses sanglots. "Mes bébés." Gordon la prit dans ses bras, les larmes brouillant sa vue. "Overdose." Réussit à articuler Simone. Ils serrèrent l'un contre l'autre, brisés.
Demande de AnaTOMie
| Spoiler: |
| | Un an. Ca peut passer vite, mais là pas vraiment. Voilà un an que Universal a rompu le contrat pour diverses raisons, bousillant quatre espoirs plein d'ambition et de talent. Voilà un an que Tokio Hotel s'est effondré et ça c'est bien le pire pour Bill qui était le plus passionné, le plus accroché à ce petit bout de rêve. Un an qu'il meurt un peu plus chaque jour, enfoncé dans la drogue et la déchéance. Un an que Tom essaie de le sortir de là, de sauver son frère, la personne pour qui il vit. Un an qu'il essaie de sauver leur amour et leur relation plus que gemellaire. Mais Bill ne veut rien entendre, il ne jure que par la came et Tokio Hotel représentait tout pour lui. Alors aujourd'hui Tom en a marre, plus rien ne vaut la peine, Bill est un cadavre, il ne lui adresse la parole que pour du frique. Tom est vain et vide. Tom perd son frère, son amant. Tom se suicide. A quoi bon continuer de souffrir pour un zombie trop camé?...Cet énèvement retourne complètement Bill, qui retrouve alors toute sa lucidité, qui veut combattre contre son esprit de drogué, qui veut réussir à s'en sortir en hommage. Alors Bill va vivre, une dernière fois, pour Tom. Il va se battre pour monter sur scène, seul, avec la plus belle des Gibson de Tom, devant un public ému et nostalgique. Bill va chanter et pour la première fois jouer "In die Nacht" pour Tom, ce soir là. Puis il va retourner dans sa loge et c'est la dose de trop. Celle qui provoque l'overdose. Mais il a voulu, voulu rejoindre Tom. Pas de cette manière, pas avec une seringue, mais il fallait bien se rendre compte qu'il était foutu et fini de toute façon, qu'il n'aurais jamais réussi à s'en sortir, même avec une volonté sans pareille. |
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HAS THERE EVER BEEN AN INCIDENT WHERE A MEMBER OF THE BAND HAS TRIED TO STICK A DRUMSTICK UP THEIR ASS?STEF: There's a G-spot up there, so Im certain that it's probably happened in the pursuit of pleasure at some point! It's all about getting the right angle.
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