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 Der Spiegel : "Embrasse moi" (Allemagne)

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MessageSujet: Der Spiegel : "Embrasse moi" (Allemagne)   Lun 22 Sep - 1:09

«Embrasse moi» a écrit:
Ils étaient des ados stars d’un village près de Magdeburg. Devenus mégastars ils ont fuit à Los Angeles. Et aujourd’hui ?
Bill embrasse quelqu'un. Sujet, verbe. Une phrase simple mais la chose en elle-même est compliquée. « Je n’avais jamais encore embrassé quelqu’un devant la caméra », avoue Bill, « j’étais vraiment timide. »


Première scène du tournage à Los Angeles pour une vidéo du nouveau single de Tokio Hotel : Bill Kaulitz est assis au milieu du canapé, à droite une brune, à gauche une blonde, sous lui une femme aux cheveux roux et au-dessus des jeunes, beaux, à moitié nus, serrés les uns contre les autres et s’embrassant les uns les autres.
Deuxième scène : Bill marche le long d’un couloir, poussé entre deux femmes, qui se vengent, l’agrippent ; au dessus des jeunes, beaux, à moitié nu, tous serrés les uns contre les autres, tous s’embrassant.

Troisième scène : idem.

Avant de tourner la quatrième scène, Bill est assis sur une chaise de régie et raconte à quel point le début a été bizarre, et parle du choc qu'il a eu, car il vient d’embrasser une fille qui a utilisé énormément sa langue et l’a embrassé un peu « violemment ». Mais maintenant il s’y est habitué. « L’embarras a disparu. »

Bill porte un pantalon étroit et des bretelles, il est torse nu. Il se tient devant la piscine vide de l’hôtel sans eau, la pierre est friable, les couleurs passées, des compétitions olympiques ont eu lieu à cet endroit, en 1932. A présent, pour la quatrième scène, ils ont réuni sur le sol de la piscine de jolies jeunes femmes, à demi-nues, elles se tiennent les unes contre les autres, Bill observe la scène et dit : un peu plus de peau serait bien, on doit aussi voir un peu plus de poitrine.

« Love who loves you back » est le nom de la chanson pour laquelle on tourne la vidéo, ils ajoutent à ce sujet: la semaine prochaine sort leur nouvel album, « Kings of Suburbia ».
Ils ressemblent maintenant, à 25 ans à des vétérans. Le communiqué de presse de la maison de disques présente Tokio Hotel comme des héros courageux, qui savent exactement qu’ils ont le droit de disparaître de la société non pas cinq mois, mais bien cinq ans. D’autres lois sont valables pour Tokio Hotel. Ils ont déjà conquis le monde une fois. Et maintenant une nouvelle fois. Avec de la musique, qui est 100% Tokio Hotel, dont la grande partie a été produite par eux-mêmes.

On remarque directement que Tokio Hotel ne sonne plus comme Tokio Hotel. Tokio Hotel était auparavant un groupe pop-rock allemand, maintenant c’est plus de la pop, plus anglais, au milieu une balade, Tom au piano et Bill avec une voix inhabituellement aiguë. Et sinon, plus électro, parfaitement stylisé, entrainant, la culture internationale des clubs.
Cette chanson, explique Bill pendant une pause dans le tournage de « Love who loves you back », est une chanson qui ne prend pas l’amour au sérieux. « Parfois on devrait juste prendre ce sont on a besoin, ça n’est pas tout le temps le grand amour. Personne n’aime rester seul. Trouve simplement une personne qui t’aimera en retour. Je crois cependant au grand amour !

Tokio Hotel sont des mégastars allemandes. Sept millions de disques vendus à travers le monde, dans 68 pays ils ont reçu des disques de platine, 500 000 personnes ont assisté à leur concert à la Tour Eiffel. Ce n’est pas comme si Tokio Hotel n’était que détesté en Allemagne, mais il semble qu’ils soient autant détestés qu’aimés. Il y a quatre ans Bill et son frère Tom ont déménagé à Los Angeles. « Enfuit », précise Bill, « nous avons simplement filé ». Ils habitaient auparavant dans une villa à Hambourg, une « jolie prison ». Une sécurité 24H/24, une clôture épaisse, dehors, des personnes en permanence devant la porte. S’ils sortaient, ils se cachaient, « comme au zoo », des gens partout, qui les regardaient bêtement et les photographiaient. Ils ont fêté leur anniversaire, leurs 21 ans, et sont rentrés chez eux : les sous-vêtements étaient éparpillés, on avait fouillé dans les photos. « J’ai eu l’impression d’avoir été violé », avoue Bill, « je laissais même les cendres de cigarette tomber à terre, tellement la maison m’était devenue étrangère », révèle Tom. Après le cambriolage, ils n’ont plus dormi à la villa mais ont passé quatre semaines au Grand Hotel Heiligendamm, et sont partis en jet privé à Los Angeles.

Ils voulaient avoir une pause, trouver le calme loin des médias. Loin des journalistes qui disaient de Bill : « les joues creuses, les bijoux en or qui font un bruit de cliquetis sur le torse. Les bras fins et tatoués qui sortent de la veste en cuir, la casquette qu’il porte enfoncée sur son visage percé. ». Et à propos de Tom : « il sourit rarement amicalement, et a visiblement plus de muscle sur les côtes. » L’apparence, voilà de quoi traitaient continuellement les articles, aucun article ne sortait sur Tokio Hotel sans les mots « Aliens », « marginaux », « allures androgynes », « mangas ». Et toujours : est ce que Bill est homosexuel ? Anorexique ? Souvent l’apparence d’une star fait d’elle une mégastar. On voit Lady Gaga et Madonna sur des photos avec des enfants, avec une simple raie dans les cheveux ou un serre-tête, avec des regards doux et innocents. Des figures de l’art, elles le sont après. Tokio Hotel n’a pas à passer par là. Ils ressemblent déjà à des stars, ils habitent encore à Loitsche, 700 habitants, près de Magdebourg.
Bill s’est teint les cheveux de neuf couleurs et se maquillait les yeux de noir, Tom portait des dreadlocks, en tant qu’écoliers, ils ont du faire demi tour, les professeurs étaient en colère : ils ne sont plus allés en cours. Quand les gens ne parlaient pas de lui, révèle Bill quelques années plus tard dans un documentaire, alors c’est devenu pire que s’ils avaient dit quelque chose.


A l’école élémentaire les frères ont écrit leurs premières chansons, montaient sur scène au fête des villes, se sont appelés Black Questionmark, ensuite sont arrivés Gustav, le batteur, et Georg, le bassiste, et ils se sont appelés Devilish, car une journal régional a loué le bon son démoniaque de la guitare. Bill a tenté le show « Star Search », a vite été éliminé, un producteur est venu voir le groupe, lorsqu’ils ont joué au Gröninger Bad, deux ans plus tard ils signaient un contrat avec Universal, Bravo les a fait grimper au sommet, le New York Times a écrit sur eux. Leur premier single s’appelait Duch den Minsun, du succès d’abord en Europe, ensuite en Amérique du Nord, là bas un journaliste les compare avec Nena, les Beatles. Ils gagnent prix après prix, et quand ils trinquent, on peut encore les voir aujourd’hui sur leur chaîne YouTube, dire : « à moi ! »

On peut également voir dans une vidéo, qu’à 18 ans, Bill ne savait plus ce qu’était d’aller dans un supermarché. Alors c’est ce qu’il a fait avec son équipe lors d’un voyage aux USA et on l’a filmé en train de marché dans les allées, chercher des produits WC ou du papier toilette, acheter des bonbons et se débrouiller, car il a pu au moment de payer scanner lui-même les produits. « Hey les gars, je trouve ça révolutionnaire ! Pas de caissier qui me m’embêtent ? C’est vraiment génial ! »


D’adolescents ils sont devenus des stars, mais ils n’ont jamais été des ados stars typiques. Ils n’étaient pas des marionnettes, pas comme Britney Spears, qui a besoin de se raser la tête pour montrer : salut ! je suis indépendante ! Ils avaient leur propre son. Leur image, leurs textes. Toujours rebelles-on se tire. Des profils clairs (des marginaux), une base de fans claire (les enfants aiment déjà la pop), des messages claires (soi toi-même, vis chaque seconde, vis tes rêves-des succès par milliards.


Et maintenant, comment ont ils évolué, loin de l’Allemagne ? Sont ils devenus adultes ? Deux jours après le tournage de la vidéo ils ont donné une interview, pour la première fois tous les quatre depuis un long moment. Point de rencontre : SoHo House, un club exclusive sur Sunset Boulevard, West Hollywood. Bill et Tom sont membres de tous ces clubs, à travers le monde, prix à l’année : 1400 dollars. Pour les plus de 27 ans : 2800 dollars.
« J’aime être membre d’un club, on n’y est pas dérangé », dit Tom.
« J’aime le fait de ne pas être pris en photos. On rentre dans le garage souterrain, on monte directement et on n’a pas à aller dans la rue. On peut se cacher facilement », dit Bill.
Le fait que Tokio Hotel reprenne est génial, dit Gustav. On a l’impression qu’on a a fait ça avant-hier, ajoute Georg. Ils boivent du thé glacé.


On ne peut pas mettre de côté l’apparence. Au rang de la singularité. Georg (pantalon noir, T-shirt blanc), Gustav (pantalon en jean jusqu’aux genoux), Tom (baggys, sweatshirt blanc troué), Bill (tout en beige : des Buffalos à plateaux, pantalon pattes d’éléphant, T-shirt transparent et étroit, bretelles.)

Avant tout, Bill et Tom parlent comme les mots leur viennent, d’ailleurs Tom parle avec son habitude, le plus souvent avec quelque chose d’adolescent, les autres rient. « Donc, par la suite je peux m’imaginer d’autres choses créatives : en star du porno, on peut peindre un peu, avec une autre sorte de pinceau ».


Lorsqu’ils ont fuit à Los Angeles, dit Bill, je ne pouvais plus entendre le nom « Tokio Hotel » : « nous avions perdu l’envie, nous étions au bout du rouleau, nous n’avions plus rien à raconter. Je savais que si nous ne faisions pas une pause, l’album serait une merde. »


En était ce fini du groupe ?


« Je crois que nous aurions fait quelque chose de mauvais, ça aurait été bâclé. Un album qui est seulement « ok », je n’en voulais pas. C’était mieux de faire une pause et ensuite de pouvoir faire quelque chose de génial. La plupart nous le déconseillaient, ils pensaient, que ce serait un suicide pour notre carrière. Ça nous était égal.

Ils voulaient simplement vivre. Sortir de la maison, acheter des casseroles, remplir eux-mêmes le frigo, aller à la plage, aller se promener avec les chiens, acheter un café au Starbuck, aller au cinéma. En Allemagne, c’était devenu, comme Bill le raconte : « j’appelais un assistant, ensuite la sécurité, et tous panifiaient la sortie. Quand nous voulions voir un film, nous devions louer le cinéma. La moindre petite chose était devenu impossible. »
Pour leur vingtième anniversaire, ils ont loué le Heide Park à Soltau et ils sont allés de manèges en manèges. Cette année, pour leur 25ème anniversaire, début septembre, ils sont allés à Palmspring pendant une demi-journée : Bill avait cherché l’hôtel sur le net, cinq étoiles, spa, et avait réservé sous son nom.


Cette nouvelle vie était cependant bizarre. Lorsque Bill a eu besoin d’un numéro de sécurité social, il y avait au bureau une longue file d’attente. « est ce que je dois attendre avec tout le monde ? est ce qu’un assistant ne pourrait pas le faire ? »
Il s’était pour la première fois « connecté », dit Tom. Il a maintenant des connaissances, avec qui il sort le soir, boire un verre, ça, ça n’existait pas avant. Etre parmi les gens, dit Tom, c’était encore un peu bizarre. Lui et Bill, ils ne peuvent pas simplement papoter tous les deux, ils n’auraient jamais appris à le faire, car ils étaient en effet isolés. « et on fait quoi maintenant ? »-De la musique ». On devait se sortir tout le monde de la tête, dit Bill, « tous pensaient que nous étions super bizarres. »

Dans cette nouvelle vie ils ont trouvé à un moment de nouvelles musiques. Ce n’est plus la musique d’un groupe allemand qui a déménagé à Los Angeles. C’est la musique de musiciens, qui vivent à Los Angeles. L’inspiration dit Bill, c’était la vie nocturne, la vie en elle-même, les sorties, la liberté, ce qui est important pour quelqu’un et qui a une signification, ce qui n’en a pas, ce sentiment : nous faisons ce que nous voulons. »
Ils font beaucoup la fête, peut-être trop, parce qu’ils peuvent le faire pour la première fois. « Personne ne m’a reconnu », dit Bill. « Je pouvais entrer dans les clubs, être bousculés, sortir complètement bourré, sans avoir peur que quelqu’un me photographie. » Leurs sessions en studio étaient à moitié une fête : une maison sur les collines d’Hollywood, ici ils font aussi la fête et ils font en même temps de la musique, souvent « exténué, parfois bourré, jusqu’à ce que le soleil se lève. »


Être libre ainsi à Los Angeles, dit Bill, il n’a jamais eu cette sensation. « C’est le maximum, être plus libre que ça actuellement, c’est rare, peut-être que j’irai en Inde ». Tom : « oui, ça aussi on le fera. ». Bill : « seulement avec un sac à dos ». Tom : je vendrai tout avant. » Bill : « ce serait une vraie aventure ». Tom : « ce serait complètement différent de ce que nous avons vécu. Je ne veux pas prendre beaucoup d’argent, sinon, je me connais, je réserverai un hôtel et je passerai à côté de la vraie expérience. »
Ils n’ont pas encore de plan concret à ce sujet. Début octobre il est question d’une apparition à « Weten dass… ? » en Allemagne. La question est : que veulent ils de plus ?


Traduction par la ST France.


Scan
Spoiler:
 


Je me devais de poster cet article. Ils sont enfin revenus sur leur absence et voilà, faut le lire! Très bon article!
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Mary
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MessageSujet: Re: Der Spiegel : "Embrasse moi" (Allemagne)   Lun 22 Sep - 11:49

Article intéressant (je ne sais pas s'il est mal écrit à la base ou mal traduit par contre, mais je ne vais pas faire la fine bouche). Ça me rend triste chaque fois qu'ils racontent leur expérience en Allemagne et le fait qu'ils n'aient pas vraiment eu d'adolescence. Imaginer les jumeaux parcourir le monde en sac à dos est bien drôle par contre ! Ça fait plaisir qu'on reparle d'eux. Smile
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