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 Le sexe c'est mal, de May

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Chachouille
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MessageSujet: Le sexe c'est mal, de May   Ven 6 Aoû - 11:42

Le sexe c'est mal,
par May

« Bonjour, bonjour les amis ! Il est huit heures et vous écoutez Screamin’ de Tokio Hotel sur Radio R’, bonne journée à tous… »
Aussitôt le morceau annoncé se mit à résonner agaçant d’autant plus celui qui venait de se réveiller ;

« Tokio Motel mes fesses ! » siffla-t-il en abattant maladroitement sa main sur le radio réveil, le coupant et le faisant tomber sur la moquette par la même occasion.

Il se dépatouilla comme il pu de la masse de draps dans lesquels il était enchevêtré et se redressa quelque peu pour effectuer une série d’étirements avant de se lever avec difficulté pour rejoindre la salle de bain et son « vrai » réveil matin : la cabine de douche. Une fois fini de se laver il s’essuya, s’habilla avec les affaires préparées consciencieusement la veille et se positionna devant le miroir pour sa toilette quotidienne. Après quoi, il fila à la cuisine pour avaler un verre de jus d’orange.

« Va falloir faire les courses… » se dit-il pour lui-même en remarquant à quel point son frigo pouvait être vide, tout en aillant également noté plus tôt qu’il ne lui restait que peu de mousse à raser.

Une fois son verre avalé il attrapa son sac dans l’entrée, enfila une veste, mit l’accessoire en bandoulière puis s’échappa de l’appartement en fermant derrière lui avant de se rendre compte qu’il avait oublié de prendre son appareil photo.

Même schéma chaque jour, il aurait pourtant dut savoir, prendre l’habitude mais c’était à croire que ce reflexe ne désirait pas être inculqué ! Il entra donc à nouveau chez lui, attrapa le Nikon D40 qui trônait sur la table basse du salon, deux de ses multiples objectifs et reparti aussitôt.

« Bonjour monsieur Hellman ! » chantonna la concierge qui balayait dans le hall.

« Bonjour Fran’ » répondit l’intéressé, un sourire charmeur au visage.

« Vous savez que la réunion des copropriétaires est pour aujourd’hui hein ?!

- Vraiment ? Ca m’était sorti de la tête. Vous me tiendrez au courant de ce qui en ressortira n’est-ce pas ?

- Bien entendu monsieur, comme d’habitude ! Bonne journée ! » fit la vieille femme alors que le jeune homme ouvrait la grande et lourde porte en bois.

« Bonne journée à vous aussi ! »

« Quel bon petit… » pensa la dite Fran alors que le garçon disparaissait de sa vue.

En vérité, rares étaient les personnes qui ne tombaient pas sous son charme, en tout cas, la vieille concierge en était totalement mordue.

« Oh salut ! » s’exclama Patrick, le boulanger, alors que notre jeune homme venait d’entrer dans son enseigne.

« Bonjour ! » répondit l’intéressé, un sourire éclatant aux lèvres. « Comment allez-vous ?

- Bien et vous jeune homme ?

- Bien, en forme ! » répondit-il joyeusement, s’approchant de la caisse. « Bon bah comme d’habitude hein ! »

Le boulanger acquiesça avant de prendre une baguette traditionnelle et un pain au raisin pour son client préféré. Fallait l’dire, ce dernier était ce qu’il y avait de plus poli, de plus souriant ; tout pour plaire s’amusait à penser l’artisan tout en ne comprenant pas pourquoi il était célibataire. Car en tout bien, tout honneur, l’homme était des plus charismatiques ; de quoi faire craquer toutes les nénettes de la ville, pensait-il.

« Et voici ! » dit-il en tendant la commande au jeune homme.

« Merci, tenez et gardez la monnaie ! » l’informa l’autre avant de disparaitre rapidement dans la rue.

« Quel bon garçon… » pensa l’artisan, souriant dans le vide, il adorait vraiment ce client.

Le bon garçon en question se mit à trottiner dans la rue pour ne pas rater le tram qui arrivait non loin et il s’y engouffra après avoir aidé une maman à y monter sa poussette.

« Merci jeune homme.

- C’est tout naturel, madame. Mes félicitations, c’est un très beau bébé. » répondit-il en balançant un autre sourire qui fit littéralement fondre la maman qui baragouina un merci; non seulement il était jeune et beau mais en plus super bien élevé, sur le coup elle regretta de ne pas avoir quelques années de moins.

Par la suite il descendit à son arrêt et s’engouffra dans l’immense immeuble contenant la maison d’édition pour laquelle il travaillait ;

« Bonjour monsieur Hellman ! » minauda la secrétaire à l’accueil, recevant en retour un clin d’œil suivit d’un « Salut Estelle. », la faisant rougir un peu plus. « Bordel qu’il est canon ! » pensa-t-elle encore, matant démesurément le fessier de l’homme qui disparaissait dans l’ascenseur.

Ce dernier arriva au dixième étage et se dirigea directement vers le bureau de son patron, distribuant des sourires et des bonjours amicaux à ceux et celles qu’il croisait. Il toqua trois coups ;

« Oui, oui ! » tonitrua une voix grave, décidant le jeune homme à entrer.
Une fois à l’intérieure ce dernier constata que le directeur était en pleine conversation téléphonique et ses sourcils froncés semblèrent se relâcher quelque peu quand il vit qui venait d’arriver. Il lui indiqua le siège en face de son bureau tout en continuant sa conversation ;

« Il faut que tu trouves rapidement, ok ? T’es même pas sur de continuer ces foutues études alors t’aura la gentillesse de me trouver une colocation rapidement, on en a déjà discuté, oublis un quelconque achat. » fit-il, fronçant à nouveau ses sourcils alors que son interlocuteur semblait répondre vivement. « Stop ! Je ne veux rien savoir de plus. Tu trouves ou c’est moi qui m’en charge. Non, mieux, tu restes à la maison comme ça le problème est réglé. Ca rassurera ta mère en plus. » continua-t-il. « T’as très bien compris, aller, à plus tard, j’ai du boulot. Oui c’est ça. Tchuss. »

Le quinquagénaire raccrocha finalement, soufflant fortement sous la nervosité éprouvée.

« Bonjour monsieur Kaulitz. » le salua le jeune homme, se penchant pour lui serrer rapidement la main.

« Bonjour, bonjour. » grogna-t-il en se massant les tempes. « Désolé pour l’attente mais mon fils est une vraie plaie en ce moment.

- Rien de grave n’est-ce pas ?

- Non bien sur, juste un garçon qui court après la liberté et qui n’est pas foutu de se trouver une collocation pour suivre ses foutues études.

- Si foutues que ça ? » rigola l’homme pour tenter de décontracter son patron.

« Styliste qu’il veut faire, c’est pas un métier d’homme ça. » soupira monsieur Kaulitz. « Enfin bon, va bien falloir qu’il trouve.

- Il le fera, j’en suis certain. » sourit l’autre.

« Il le faut… Enfin, bref, que m’apportez-vous aujourd’hui ? »

L’homme se pencha vers son sac et, après une fouille rapide, il en ressorti quelques feuilles, un tas marqué d’un post-it rouge et l’autre d’un jaune ;

« Deux nouvelles, toutes deux basées sur la musique, en vue des évènements de cette semaine. » expliqua-t-il en les tendant à son supérieure.

« Quelle bonne idée ! » s’exclama monsieur Kaulitz, content de voir que son jeune employé avait encore pondu un chef d’œuvre.

« Vous n’aurez qu’à choisir celle qui vous semble la mieux…

- Ce sera fait. Eh bien merci, une idée pour celle de la semaine prochaine peut être ?

- Ce ne sont pas les idées qui manquent vous savez, c’est la qualité du travail qui est réellement importante.

- Tout à fait ! »

Le patron sourit sincèrement, ce jeune Hellman était une merveille pour son journal dont la vente avait explosé depuis que ce dernier écrivait pour lui de façon hebdomadaire.

« Bien, alors je ne vous retiens pas plus, je vous appellerai ce soir pour vous dire quelle nouvelle sera publiée et puis, on se voit lundi prochain n’est-ce pas ?

- En effet. A la semaine prochaine monsieur. » le salua-t-il en lui serrant la main.

Ils se séparèrent ainsi et notre jeune homme quitta le bâtiment en sifflant tranquillement, voilà une chose qui était faite. Par la suite il parcourra les rues de la ville, son appareil en main, ne loupant pas de capturer quelques clichés par-ci par là avant d’aller faire quelques courses pour se réapprovisionner.

Midi arrivé, il rentra chez lui, se prépara à manger puis quitta à nouveau son appartement pour rejoindre le café dans lequel il travaillait comme serveur de quatorze heures à dix-neuf heures.

« Salut Georg ! » siffla-t-il en entrant dans la salle, son tablier blanc noué autour de la taille.

« Salut gamin ! » répondit un homme de taille moyenne aux cheveux bruns, longs et soigneusement attachés en catogan, un plateau remplit de verres vides en main.

Le dit Georg était âgé d’à peine vingt-sept ans mais les deux ans d’écart qui les séparaient l’avait poussé et habitué à nommer le cadet ainsi. C’était un bon personnage, un gars sympa qui bossait là à plein temps et qui ne se plaignait jamais.

« Tu vas bien ?

- La forme, et toi ? » répondit le baraqué.

« Aussi ! Au fait, je t’ai développé les photos d’Annie, elles sont dans mon sac à la réserve. Je te les déposerai dans ton casier avant de partir.

- Merci mec !

- Pas de quoi... »

Encore une fois, Georg ne put s’empêcher d’apprécier ce « gamin » et de penser un « il est formidable » à son encontre. Annie était sa petite copine et le jeunot avait proposé de la prendre en photo au cours d’un dimanche après-midi et, ça ne faisait aucun doute pour l’aîné, vu ses qualités de photographes, le tirage ne pouvait qu’être réussit.
Ouais, ce gosse avait du potentiel, pas con pour deux sous il savait se faire apprécier de tous, c’était un homme model que chacun aurait voulu comme fils, frère ou mari.
[…]
Il était vingt et une heures quand « Stumm » de Samy Deluxe résonna dans le grand salon de l’appartement, dérangeant le jeune homme dans l’ouverture de la lettre que la concierge lui avait glissé un peu plus tôt sous la porte d’entrée.

« Allo ?

- Gamin ?! C’est pour te dire que les photos sont sublimes ! » tonitrua Georg dans le combiné.

« Vraiment ? Elles vous conviennent !? C’est cool !

- Carrément, elle est encore plus belle sur les photos qu’en vrai ! » s’extasia l’homme avant de sifflé un coup sous la main claquante d’une Annie faussement vexée.

Cette dernière glissa un « Abruti » avant de se rapprocher du téléphone pour souffler un
« Merci Bill ! » à l’encontre du jeune homme.

« De rien ! » répondit ce dernier, le sourire aux lèvres.

« Bon, je t’embête pas plus ! » lui dit Georg. « En tous cas, merci quoi !

- Pas de quoi, c’était un plaisir ! »

Ils échangèrent encore quelques banalités avant de raccrocher, laissant à nouveau Bill seul face à sa lettre.

« Alors, alors… » se dit-il. « Qu’est-ce qu’il en ressort ?! »

Il ouvrit avec délicatesse l’enveloppe, avant d’en sortir une feuille imprimée qui relatait le compte rendu de la réunion des copropriétaires. Il lu rapidement les lignes avant de grincer des dents, s’énervant quelque peu : un deuxième ascenseur allait être installé et les murs de l’entrée et des couloirs repeints. En soi, c’était tant mieux or c’était sans compter le fait que les loyers allaient être augmenté et qu’il avait beau gagner facilement sa vie, ça n’était pas pour l’arranger.

Enervé il froissa le papier entre ses doigts vernis de noir et jeta la boule plus loin dans la pièce avant d’aller s’affaler dans le canapé pour se griller une clope. Ceci fait, toujours sur les nerfs, il se leva rapidement pour rejoindre sa chambre : il savait ce qui le calmerait, tout du moins ce qui lui changerait les idées.

Comme chaque soir il alla face à son armoire, en ouvrit la porte droite et après avoir fouillé sous quelques tee-shirt il en ressorti une clé. Il referma la porte et repartit dans le salon pour ouvrir le meuble-télé. Derrière une rangée de DVD en tout genre qu’il déplaça se trouvait son petit trésors, ses merveilles comme il s’amusait à les appeler.

« Alors mes bébés, lequel va m’aider ce soir ? » chantonna-t-il en regardant les pochettes de films alignées sous ses yeux brillant d’une excitation non retenue.

Il plongea sa main dans le meuble et sortit un premier film ; « Mes voisins et moi. », non, trop soft pensa-t-il. « Sac de couchage et enfilage étroit. », non, vu hier. « Les mécaniciens de l’extrême » fut le film suivant et un sourire gourmant s’afficha doucement sur son visage.

« Parfait ! » s’exclama-t-il avant de se redresser et d’aller insérer le DVD dans le lecteur de sa PS3.

Il se recula après avoir mit la télévision en route et, télécommande en main, il alla s’assoir dans son canapé, jean et boxer déjà baissés. Et, alors que le film débutait, montrant déjà quelques hommes bronzés et baraqués réparant des voitures à moitié à poils, sa main droite s’activa doucement sur sa queue aérée.

Voilà déjà qu’il se sentait mieux car, au-delà du fait qu’il ait été un garçon intelligent, sympathique, bienveillant et poli, c’était un pervers ; un pervers et pas des moindres.
[…]
« [00 : 25 : 42] Fuck it dit :
Et je mettrai ma bite dans ta bouche de suceuse…
[00 : 25 : 59] PBimBerlin dit :
Oh put1 ouais ta queue, dans le fond de ma gorge ! Tu la sens là ? »

Le dit détenant du pseudo « Fuck it » acquiesça machinalement devant son ordinateur alors que sa queue se faisait de plus en plus dure dans l’étroit caleçon déjà collant de plusieurs éjaculation ; oh que oui il le sentait bien.

« [00 : 25 : 42] Fuck it dit :
Ouais, putain salaud, j’veux que tu me suces jusqu’à ne plus pouvoir respirer ! » siffla-t-il en tapant le message ; cette pétasse de PlayBoyimBerlin le chauffait depuis tout à l’heure et là il n’en pouvait juste plus.

Ce dernier lui répondit par des mots salaces et cela l’incita à baisser son sous-vêtement pour prendre en main son membre humide. Il ne lui répondait plus mais le mec continuait le récit, expliquant mille et une choses à lui faire subir, mille et une positions dans lesquelles il pourrait se faire prendre et Bill marchait.

Du haut de ses vingt-cinq années, le jeune homme était totalement corrompu ; si l’on avait pu résumer en un mot la chose qui l’obsédait au quotidien –et cela dans la plus grande des discrétions, vous l’aurez remarqué-, on aurait dit « sexe ». Ouais il aimait le sexe et pas qu’un peu, depuis tout jeune en plus. En faite, à bien y réfléchir cela remontait à sa neuvième année : le jour où il était tombé sur l’une des cassettes pornos de son gros porc de beau père. C’est de là que tout était parti et ce n’était pas allé en s’arrangeant ! Loin de là ; il avait continué à regarder les casettes mal planquées de son beau-père, il avait commencé à acheter des magasines et une fois plus âgé c’était sa propre collection qu’il avait débuté.

Et c’est ce même attrait pour la pornographie qui, semblait-il, l’avait empêché d’avoir de sérieuses relations. A vrai dire, il avait déjà eu des copines, mais jamais il n’avait eu l’occasion de pousser ces relations à leur stade le plus intime ; il faut dire que sa manière de faire, les mots crus qu’il crachait une fois dénudé ou bien encore les gestes salaces trop peu romantique avaient littéralement fait fuir ses compagnes. Puis il était passé aux hommes, histoire de pousser un peu plus son amour du sexe et puis… il s’était dit qu’avec les hommes ce serait bien plus simple. Raté, du haut de son jeune âge il n’avait pas plus connu le sexe avec les filles qu’avec les mecs. Au fond, il s’en foutait un peu, un peu beaucoup même. Son seul désir était de se vider, et de se vider dans la manière la plus excitante alors forcément il se contentait des chats pornos et de sa fabuleuse collection. Tant de films, tant de scénars, tant de fantasmes ; il n’en pouvait plus, il n’était jamais rassasié et cela le contentait.

Son amour du sexe le poussait à toutes les préférences sauf ce qu’il pouvait y’avoir de plus soft : sadisme, masochisme, fétichisme et autres le rendait fou.

Bill Hellman avait beau être le garçon parfait, c’était un pervers pur et dur, rien de plus… rien de moins.
[…]
Trois coups furent toqués à la porte et une fois encore l’habituel « entrez ! » résonna à l’encontre de Bill. C’était un autre lundi, une nouvelle semaine de plus dans sa vie bien monotone.

« Monsieur Hellman ! Bien le bonjour. » le salua le directeur en relevant le nez de son ordinateur ;

« Bonjour monsieur. » répondit poliment le brun en s’asseyant devant le vieil homme. « Comment allez-vous ?

- Bien, enfin, toujours ces problèmes avec mon fils mais sachez en tout cas que votre dernière publication a fait un tabac ! Le journal reçoit énormément de lettres de fans désirant toujours plus de vous, nous demandant si vous avez l’intention de publier un peu plus et j’en passe ! »

Cette dernière nouvelle élargie un peu plus le sourire habituel de l’androgyne, le gonflant de fierté.

« Heureux de l’apprendre ! Par contre je suis désolé pour votre fils, ce n’est pourtant pas les étudiants qui manquent ici.

- Je sais, mais soi ils ne me plaisent pas, soi c’est à lui qu’ils ne plaisent pas. Je ne sais plus quoi faire à vrai dire… » soupira le quinquagénaire et se massant les tempes. « Bref, que m’apportez vous aujourd’hui ?

- Ceci ! » désigna Bill en lui tendant un paquet de feuille plus épais qu’à l’habitude. « Vous remarquerez que c’est plus long, mais j’étais vraiment plongé dans ce que j’écrivais et je n’ai pas pensé au quota de feuilles. Bien sur je peux toujours réduire le nombre de pages –j’ai imprimé une autre version, plus courte- mais j’ai pensé que peut être, après une lecture de votre part, vous estimeriez que le nombre de pages est obsolète… »

Monsieur Kaulitz le regarda dans le blanc des yeux, un air indéchiffrable gravé sur le visage avant de se décrispé en un sourire qui rassura le jeune homme.

« Bien entendu. En fait je vous fais totalement confiance maintenant, cette nouvelle sera publiée telle-quelle après correction. » lui dit-il.

« Oh, j’en suis honoré monsieur, j’ose croire que vous ne serez pas déçu. »

Le vieillard lui sourit et ils se levèrent simultanément pour se serrer la main avant que Bill ne quitte le bureau. Mais alors que celui-ci d’apprêtait à refermer la porte il se stoppa dans son geste et regarda à nouveau le patron ;

« Monsieur, si je puis me le permettre, j’ai peut être un colocataire adéquate pour votre fils… » dit-il presque timidement, le rendant encore plus adorable.

« Ah oui ? Qui donc ?

- Moi monsieur… »
[…]
La proposition n’avait rien de préméditée, mais Bill, en quelques secondes, s’était dit que l’idée ne serait pas forcément mauvaise dans le sens où chacun y trouverait son compte : il n’aurait pas à payé plus cher son loyer, au contraire et Tom –le fils de monsieur Kaulitz- aurait la colocation qu’il souhaitait.

On pouvait donc dire que tout allait pour le mieux mais après réflexion, le grand androgyne commença à tiquer sur plusieurs points ; et s’il ne plaisait pas à Tom au point qu’il refuse cette cohabitation ? Et si Tom ne lui plaisait pas à lui tout simplement ? Et finalement, intégrer un étranger dans son chez-soi était-ce réellement une bonne idée ? Il tenait à son intimité, ne connaissant pas Tom il n’aurait pas pu dire si cette dernière allait être bafouée ou non… D’un autre côté, il était le fils de monsieur Kaulitz : l’enfant d’un homme pareil ne pouvait qu’être quelqu’un de sensé, respectueux et raisonnable. C’était se que Bill s’était finalement répété pour se rassuré. En tous les cas, ça ne changeait rien au fait qu’en ce mardi soir il stressait particulièrement : il était vingt-heures et monsieur Kaulitz et fils n’allaient pas tarder à arriver pour diner –et voir l’appartement par la même occasion.

Le brun avait tout préparé, le matin même ; au lieu d’arpenter la ville avec son appareil photo, il s’était mit aux fourneaux de telle façon à ce qu’une fois le soir arrivé, il n’aurait qu’à réchauffer les casseroles et autres en rentrant du boulot. Il avait également fait un brin de ménage : non pas que l’appartement en ait besoins puisqu’il le faisait tout les dimanches avec une minutie de pointe, mais par réflex et amour de l’ordre il n’avait rien épargné et avait même nettoyé les touches de son piano deux fois de suite, pour retirer toute empreinte.

La table était mise, l’éclairage du salon réglé sur une fréquence qui se voulait accueillante pour tout visiteur, une odeur délicieuse flânait dans l’air, provenant de l’autre côté du bar –puisqu’il s’agissait d’une cuisine américaine- et Bill avait prit soin d’enclencher l’énorme chaîne Hifi héritée de son père avant son emménagement et des morceaux calmes et agréable résonnaient en fond.

« Bon, de ce côté-là c’est bon je crois… » se dit-il en jetant un dernier coup d’œil à la pièce de vie. « Toilette maintenant. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, Bill se dépêcha de déguerpir dans sa chambre pour enfiler un Diesel délavé mais foncé et réajuster sa chemise noire. Il l’avait quelque peu entrouverte et son éternelle dague de chez Paciotti lui pendait au coup. Il n’avait pas augmenté la dose de noir autour de ses yeux mais avait donné plus de volume à ses cheveux. Après tout monsieur Kaulitz avait l’habitude de le voir sobrement appareillé, il ne voulait pas l’effrayer sans pour autant passer pour le mec banal qu’il n’était pas.

Après un passage aux toilettes pour une pose pipi il revint à la salle de bain, se lava les mains et se vaporisa une fine dose de parfum;

« Dzzzzzz Dzzzzzz Dzzzzzz »
Il jura un coup en plaçant le cadran de sa montre sous ses yeux ; ils étaient là, et à l’heure. Il éteignit rapidement les lumières des pièces après avoir mis à leurs places exactes les objets égarés et se rua sur l’interphone où venait de résonner un nouveau « Dzzzzzz » strident ;
« Oui ? » fit-il en desserrant au maximum sa gorge.

« C’est monsieur Kaulitz.

- Bien sur, poussez la porte, je vous ouvre. » enchaîna Bill en appuyant sur l’ouverture de la porte.

C’est ainsi que quelques étages plus bas, monsieur Kaulitz et son fils entrèrent dans le hall, regardant avec appréciation la luminosité et la propreté du lieu ;

« Quoi que tu en dises fils, ca a l’air plus que convenable ici. » fit le vieillard en dirigeant son fils vers l’ascenseur et celui-ci se contenta d’acquiescer en observant les lieux ; ok, ça avait l’air vraiment cool comme immeuble mais ça ne changeait rien au fait que c’était une proposition de son père, et il se méfiait toujours des propositions de son père.
[…]
« Bonsoir ! » claironna Bill avec sa gaieté habituelle alors qu’il ouvrait la porte à ses deux invités.

« Bonsoir ! » répondit monsieur Kaulitz sur le même ton en entrant le premier avant de serrer la main au brun.

Ce dernier se recula et le laissa passer avant de faire face au jeune tressé qui le suivait de près ;

« Bonsoir, Bill. » se présenta l’androgyne en tendant la main au brun plus jeune et pourtant plus grand que lui.

« Tom… » indiqua celui-ci en lançant un sourire atypique à son (peut-être) « futur » colocataire.

« Enchanté.
- De même. »

Leur échange avait été rapide mais ils ne manquaient pas de s’observer mutuellement, chacun se faisant une première impression de l’autre. Pourtant, Bill coupa leurs œillades en se tournant vers le père.

« Entrez donc dans le salon et donnez moi vos vestes ! » fit-il en refermant la porte avant de tendre les bras pour recevoir les deux manteaux.

Une fois muni de ceux-ci il les pendit au porte manteau de l’entrée et les rejoignit dans le salon où les deux hommes observaient la pièce.

« Puisqu’on est debout autant en profiter pour que je vous montre l’intégralité de l’appartement.

- Oui, bonne idée. » répondit le plus vieux. « Vous avez reçu mon message au fait ? Je ne pourrai pas rester longtemps à cause de la publication de demain.

- En effet monsieur Kaulitz, il n’y a pas de problème à ça. » lui sourit Bill en retour.

« Appelez-moi donc Paul, vous voulez. C’est plus adapté en dehors du travail.

- Pas de problème, appelez-moi Bill dans ce cas. »

Ils se sourirent gentiment alors Tom continuait à diagnostiquer le salon qu’il trouvait particulièrement à son goût.

« Tu viens Tom ? » lui fit Bill en le coupant dans ses observations.

« Mmmh… » affirma-t-il en les suivant dans le couloir.

Débuta alors la visite guidée où Bill présenta parfaitement chacune des pièces de l’appartement ; il contenait deux salle-de-bain (ce qui convenait à Tom même si la sienne serait commune aux « invités »), deux chambres (et la sienne était fort au goût du tressé puisqu’elle se basait sur des tons marrons), des toilettes, un bureau appartenant à Bill mais qu’il acceptait de partager avec le jeune homme s’il le souhaitait, une pièce où se trouvait lave et sèche linge et enfin une chambre noir où Bill développait ses clichés. Il n’avait épargné aucune pièce et avait même montré sa chambre.

Une fois de retour au salon il les fit sortir sur la terrasse d’où l’on avait une vue assez sympathique sur la ville.

« Voilà. » conclu l’androgyne en refermant la porte coulissante derrière lui. « Installez-vous donc. »

Ainsi les Kaulitz s’assaillirent sur l’un des deux canapés du salon et Bill leur demanda ce qu’ils désiraient boire.
[…]
Une demi-heure venait de passer. Ils avaient discuté autour d’un coca, d’une bière et d’un Martini et Paul était parfaitement d’accord pour cette éventuelle collocation : Bill était un jeune sérieux et stable et l’appartement était des plus agréable.

« Bien, je vais vous laisser continuer sans moi par contre, il faut que j’y aille. » indiqua le plus vieux en se levant avant d’être suivit par Bill qui alla chercher son manteau ; « Tom, cet appartement est une véritable opportunité, je compte sur toi fils. » chuchota-t-il alors que l’androgyne avait disparu dans l’entrée.

Le jeune étudiant acquiesça silencieusement, il n’avait rien dit mais sa décision était prise : il acceptait la proposition, à la fois parce que l’appartement était plus qu’au top mais aussi parce que du peu qu’il avait vu de Bill, ça lui plaisait et il ne s’inquiétait pas sur leur bonne entente.
Après un bonsoir commun, le père quitta l’appartement et Bill retourna au salon où Tom regardait fixement la photo d’une jeune adolescente sur un banc, lisant avec la plus grande attention le livre qu’elle tenait entre ses mains. L’androgyne s’avança et regarda le cliché noir et blanc.

« C’est ma demi-sœur, mignonne hein. » fit-il, faisant presque sursauter le dreadé.

« Oui, très belle photo aussi, c’est de toi ?

- Oui, merci. » répondit Bill sans quitter des yeux la jolie Mélanie. « Ca te dit de passer à table ?

- Oui. »

Et ils le firent donc, débutant par une salade bien garnie tout en discutant de choses et d’autres ;

« Et donc comme ça, tu vas avoir vingt-et-un ans. » dit Bill après avoir avalé un bout de magret.

« Ouais, et toi vingt-cinq ?! » répondit Tom en faisant acquiescer l’androgyne. « Et tu travailles au journal c’est ça ?

- Pas exactement, j’écris et ton père me publie chaque semaine. Mais à côté je bosse dans un café tous les après-midis sauf le dimanche et le samedi de neuf heures à vingt heures.

- Tout en faisant de la photo… » continua Tom.

« C’est ça… je fais un peu de tout. Mon boulot au café me rapporte le minimum, mes écrits le hausse et comme je vends mes photos et fait des photoshooting pour des entreprises ou particuliers là ça me revient pas mal. » dit Bill. « Enfin je te dis ça pour expliquer comment je me retrouve dans un appartement pareil.

- Ok, je comprends mieux.

- Et toi ? Des études de stylisme c’est ça ?!

- Au grand désarroi de mon père, c’est ça. Je suis en première année, vu que j’ai retapé une classe au collège. »

Le brun acquiesça de la tête tout en avalant sa bouchée de salade et demanda ci cela plaisait à Tom.

« Ouais, j’ai toujours été attiré par la mode. Tout petit, je m’exerçais à la couture avec ma grand-mère maternelle, jusqu’à ce qu’elle m’offre une petite machine à couture. Là, ça a été l’explosion, et j’ai su que je voulais bosser là dedans.

- C’est génial ça ! C’est une belle histoire même, mais pourquoi ça ne plait pas à ton père ? » demande Bill, curieux.

- Parce qu’il dit que ce n’est pas un métier d’homme. Comme quoi c’est tous des « PD » dans ce milieu et que c’est comme ça que je vais finir. » souffla Tom en relevant le regard vers Bill ; « Pour être sincère, je suis bi alors d’un côté le mal est déjà fait mais bon…

- Ce n’est pas une raison non plus quoi.

- Voilà. »

Et la discussion continua, ils se comprenaient plutôt bien, ils étaient d’accord sur pas mal de choses tout en ayant des goûts différents et cela les conforta dans l’idée de cette probable collocation.

Le repas fini, ils s’installèrent à nouveau dans les canapés autour d’un petit digestif ;
« Bien, maintenant que l’on peut affirmer notre collocation, faudrait qu’on parle de certaines « règles » de cohabitation, non ?

- Oui, oui bien sur ! » acquiesça Tom en reposant son verre après avoir trempé ses lèvres dans son limoncello.

« Bien alors d’abord, chacun peut ramener qui il veut à l’appartement temps que ça ne dérange en rien l’autre. Ca te va ?

- Ouais bien sur mais… enfin, le fait que je sois bi ne te gêne pas ? » s’inquiéta le tressé en se mordillant la lèvre inférieure –Bill ne put s’empêcher de la fixer quelques secondes.

« Oh non, pas du tout, je suis gay. » sourit-il, rassurant le blond. « Mais ne t’attends pas à voir un quelconque défilé dans l’appartement, j’ai rarement le temps pour les relations et de toute façon je m’arrange pour que ça se fasse… ailleurs. »

Tom lui sourit doucement en retour avant de demander s’il avait le droit d’inviter des amis pour le plaisir ou pour le travail.

« Oui, pas de problème, de toute façon je rentre un peu tard à cause du boulot alors ça ne me dérangera pas.

- Cool, merci.

- Tu peux aussi organiser des fêtes si ça te chante, ça me gêne en rien, un peu d’animation dans l’appart’ ne me serait pas de refus. » rigola l’androgyne en tritouillant une mèche blanche. « Temps que y’a pas de débordement. »

Ils se sourirent d’un air entendu et tendirent leurs mains pour trinquer.
[…]

Et voilà que trois semaines étaient passées. Celle qui avait suivit le diner entre Bill et Tom avait été mouvementée, le tressé avait fait son déménagement et s’était peu à peu accommodé à son nouvel espace. Bill quant à lui s’habituait doucement à ne plus être seul mais c’était chose simple ; Tom était d’une agréable compagnie, autant par sa conversation que par son physique. L’androgyne ne pouvait pas nier le fait qu’il ne lui soit pas insensible. Mais c’était le fils du patron et son colocataire par la même occasion ; il ne pouvait décemment pas se laisser aller. Enfin, il tentait de se contrôler.

Au-delà de quoi, ils s’entendaient à merveille, se réveillant généralement à la même heure ils déjeunaient ensembles avant de se quitter, parfois Tom rentrait pour midi histoire de grignoter avec l’androgyne et le soir les horaires variaient ; certains soir le repas était déjà prêt à son retour, d’autres non et alors il cuisinait pour le jeune homme qui finissait plus tard selon les rendus de projet.

Nous étions désormais samedi soir et Bill venait de rentrer du café, exténué, les nerfs en pelote à cause d’une cliente trop rentre-dedans pour lui –elle n’avait cessé de lui faire des remarques accompagnés de pathétiques battements de cils et de touchers déplacés sur son cul. Il déposa son manteau dans l’entrée avant de se rendre dans le salon pour balancer son sac sur le buffet de la cuisine américaine tout en grognant contre son ventre affamé ;

« Hey toi ! » le salua Tom en se relevant du canapé en face de la télévision. « T’as pas l’air en forme… »

Bill grogna en retour mais consentit à relever la tête pour échanger une bise avec l’étudiant.

« J’ai commandé des pizzas, elles ne devraient pas tarder à arriver. »l’informa-t-il, espérant que ça l’égaillerait un peu.

« Merci… » souffla l’androgyne en passant une main sur sa tête pour défaire sa queue de cheval. « Je vais à la douche… »

Le tressé se contenta d’un hochement de tête avant de retourner à sa place devant Fashion TV où paradaient les mannequins du dernier défilé Burberry. Bill haussa un sourcil, ça quand même c’était vraiment gay comme attitude. Après un haussement d’épaule il tourna les talons et disparu dans le couloir pour terminer dans sa chambre ; étalé sur son lit.

« Journée de merde… » siffla-t-il.

Il avait juste besoins de décompresser, seul bémol, la présence de Tom dans le salon ne lui permettait pas de visionner l’un de ses « films ». Il râla, c’était la seule chose qu’il pouvait reprocher à l’étudiant ; il devait se faire discret, ce qui l’obligeait à veiller tard pour être sur de pourvoir se faire du bien en toute tranquillité.

Finalement il se décida, déboutonna lascivement sa chemise alors qu’il était toujours allongé, ses pensées commencèrent à voguer vers le film qu’il avait regardé la veille ; un truc amateur mettant en scène un quadragénaire pervers et chef d’entreprise et un jeune stagiaire puceau dans un échange chaud et violant sur une photocopieuse –Bon Dieu, il avait réellement fait rentrer cette agrafeuse dans son... !-. Après quoi il avait coupé la TV pour finir devant son ordinateur à chater avec un certain boule•noire qui avait sut faire monter la pression et l’envie en quelques mots.

Un sourire satisfait éclaira quelques secondes sont visage avant qu’il ne se transforme en moue lorsque sa main déboutonna son jean pour s’infiltrer dans son boxer.

« Mmmh… » geint-t-il de contentement, c’était juste e-xac-te-ment » ce qu’il lui fallait.

Avant d’aller trop loin et se finir sur son lit il se décida quand même à bouger, se déshabillant intégralement il se dépêcha de rejoindre sa cabine de douche pour un agréable et relaxant plaisir solitaire. Après que l’eau eut été à bonne température, il se glissa sous celle-ci, gémissant sous le contact. Il attrapa son gel douche, s’en étala dans la paume de main et commença à se savonner avec langueur. Ses mains passaient partout, caressant agréablement son torse, ses ongles griffaient de temps à autre sa peau diaphane et ses doigts pinçaient ses tétons rosis alors qu’il couinait de délectation.

Au début, il avait hésité à se faire du bien sous la douche, mais un matin de la première semaine de cohabitation il avait entendu Tom tenter d’abdiquer son érection matinale et –bordel, ça avait été un réel plaisir de l’entendre gémir sous l’eau- du coup il s’était dit que lui aussi pouvait continuer à le faire, en faisant attention à ne pas se faire entendre bien sur.
Et là, sous l’eau brulante, ses pensées coururent à nouveau vers le jeune étudiant, vers son corps de Dieu comme il se plaisait à penser –« Mon Gode, vous le verriez au réveil, juste avec son petit boxer moulant » sifflait-il pour lui même.

Plus les jours passaient, plus Tom lui donnait envie. Même que, cette semaine, il avait rêvé d’eux baisant comme des chiens sur une scène après avoir donné un concert sensationnel, bizarre mais bon, ils étaient encore recouverts de la sueur obtenue de leur show et quand Tom avait baissé son pantalon, Bill n’avait pu que ce satisfaire d’être avec un mec bâti comme un taureau. Le plus vicieux du rêve avait été le fait que, dans celui-ci, ils étaient frères.

Au réveil, Bill avait fait une moue étrange, frères ? L’inceste… il n’y avait pas pensé, mais là il avait finalement espéré qu’ils le soient, pour coucher avec lui, parce que ça devait être grisant de le faire en famille.

« Haaaan… » émit le brun à cette pensée, la tête dans les étoiles.

« Mon Dieu », il ne comptait plus ses fantasmes, mais de tous ceux qu’il avait eut, celui-ci était des plus improbables à réaliser. Il regretta d’être fils unique.
[…]
« Aller ! » s’exclama Bill, l’esprit embrumé. « C’est ma tournée les garçons ! »

Tout le monde s’exclama de joie et Bill siffla la pauvre petite serveuse qui s’occupait d’eux depuis le début de soirée.

Deux nouvelles semaines étaient passées, plus d’un mois que Tom et Bill vivaient ensemble et le jeune garçon avait prit le temps de présenter Bill à ses bons amis. Depuis, Bill participait souvent aux sorties pub et boîte de nuit, s’adaptant facilement à leur vie d’étudiants.

Ce soir là, ils étaient au complet ; Bill, Tom, Maximilian, Gustav et Tizziano s’étaient installés au Blue Wales et étaient fortement bien entamés. Chacun avait payé ses consos avant que Tom n’offre sa tournée de bière, puis Gustav avait payé trois mètres de shots. Maintenant c’était Bill, enthousiaste qui commandait un TGV à chacun.

Cette fois-ci ils étaient totalement bourrés, le regard hagard, le sourire niais, tout y était et alors que leurs esprits s’échauffaient, les corps également : Tizziano ne tarda pas à partir pour rejoindre sa copine installée plus loin avec d’autres étudiants alors que Maximilian se jeta à l’eau pour une drague intensive avec la jeune femme derrière le bar. Tom quant à lui se mit à observer la salle, passant son regard de groupe en groupe pour enfin trouver ce qu’il lui fallait : une bonne compagnie pour une nuit bien sympa. Parce que Tom aimait bien l’amour pour une nuit –bien qu’il ait aimé pour plus. C’était souvent sympa (parfois fort décevant également), sans prise de tête et ça maintenait sa libido en place. Pour le coup son attention se projeta sur une jeune blonde pas loin qui discutait vivement avec ses copines.

« Oh, on dirait que Kaulitz a trouvé de quoi s’occuper ! » chantonna Gustav en rigola joyeusement face au sourire malicieux qui venait de s’afficher sur le visage de Tom ;

« Exact mon garçon, et je vais aller voir ça de plus près. »

Il n’attendit aucune réponse particulière alors qu’il se levait, slalomant tranquillement entre les tables avant de s’arrêter devant celle des filles ;

« Quel sacré numéro celui-là ! » dit le petit blond qu’était Gustav alors que Bill restait silencieux face à la scène.

En lui, c’était… bizarre. Un peu comme une tempête, ça le rendait presque malade parce qu’alors que Tom semblait baratiner quelques paroles, la blonde se mit à sourire sans retenue, se décalant sur la banquette pour lui laisser la place où il s’installa.

« Il est fort avec les filles, c’est dingue l’effet qu’il produit.

- Pour… », l’androgyne sembla sortir de sa torpeur. « Pourquoi, pas avec les gars ?
- Oh, si aussi… Mais il fait ça avec plus de sérieux. Surement parce qu’il les préfère, j’imagine qu’il les prend moins pour de la chaire fraiche. » fit Gus. « Parce que vu comment il la regarde, la pauvre gazelle va se faire dévorer par Tom. » rigola-t-il en suite.

Et Bill grimaça ostensiblement, son ventre se noua et il cru vraiment se rendre malade lorsque Tom passa un bras derrière la jeune femme. Enfin, bien sur il avait entendu par les garçons que Tom avait du succès –il n’en doutait pas une seconde puisque lui-même ne pouvait s’empêcher de fantasmer sur lui- mais le voir ainsi, draguant ouvertement quelqu’un (« une fille en plus ! Eurk ! » pensa-t-il.)… c’était… déstabilisant.

Comme si quelque chose en lui ne voulait pas le concevoir, et rageusement, fatalement surement, il se mit à penser que la blonde ne le méritait pas. Tom était son colocataire, son fantasme à lui.

Juste à ce moment là, dans sa tête, les choses dérapèrent.

« Et toi sinon, t’es en relation ?

- Euh… non » répondit Bill, évasivement.

« Coups d’un soir ?

- Ouais, si on veut.

- T’as pas quelqu’un en vue ? » demanda Gustav sans se rendre compte de ce qu’il venait de provoquer.

La question arriva aux oreilles de Bill, faisant naître un léger sourire au coin de ses lèvres alors que plus loin Tom semblait encore plus beau et resplendissant à ses yeux. Oui, Tom était son fantasme, et quoi qu’il se passât avec la blonde, Bill l’aurait.

« Oui… » sourit-t-il en regardant à nouveau Gustav. « On peut dire ça. »

Dès cet instant, alors que le regard enflammé de Bill se projetait sur son colocataire, ce dernier bien trop occupé dans sa séance drague ne remarqua pas compte de l’effet qu’il lui faisait, ni dans quelle situation il se mettait... involontairement.
[…]
« Han bordel, vas-y ! Putain plus fort ! » criait Bill alors que la main entière de son amant aller et venait dans ses fesses, le plongeant entre plaisir et douleur déchirante.

C’était si bon et si spécial, l’androgyne n’avait même plus l’impression d’avoir un trou du cul, non ça allait au-delà. Tout avait été dilaté par la force, il ne pouvait même pas contracter son sphincter, il sentait juste la paume de Tom frotter sa prostate, ses doigts frapper son coccyx et ses chaires déchirées lui bruler les fesses. C’était terrible !

« T’aime ça salope ?! » cracha Tom, s’activant avec plus d’ardeur alors qu’il sentait une crampe naître dans sa main bizarrement serrée. « T’aime putain de ça ! Parce que t’es une catin !

- Oui ! » gueula le brun à gorge déployée ! « Oui bordel !

- T’es qu’une pute ! »

Et alors qu’il semblait perdre tout ses organes tant la brulure était forte, temps ses muscles étaient relâchés, il jouit puissamment, éclaboussant d’un blanc crémeux le visage bronzé de l’étudiant.

« Délicieux ! » couina plaisamment Tom alors que sa langue lapait le contour de ses lèvres, offrant à Bill sa dernière vision fantasmagorique avant que le néant ne l’envahisse.

Quelques secondes plus tard ses yeux papillonnaient, s’ouvrant douloureusement dans la lumière tamisée de sa chambre. Un arrière goût de déception empreint sa gorge sèche mais un sourire vicieux apparut sur son visage perlant de sueur, il avait jouit, il sentait son foutre partout dans l’avant de son boxer, l’humidifiant et le collant au tissu. C’était si bon de rêver de Tom, c’était si jouissif tous ces scénarios, il n’avait qu’une hâte : passer à l’action.

« En attendant, faiiiiiim ! » geint-t-il pour lui-même, se redressant langoureusement.

Il sortie de son lit, étendant ses muscles et, une main grattant son arrière train, il se dirigea dans la cuisine.

« Gott ! » jura-t-il intérieurement en arrivant derrière le plan de travail américain.

Devant lui, son si bon fantasme uniquement vêtu d’un petit boxer bleu. Tom sifflotait sur l’air de Jay-Z passant à la TV allumé derrière Bill, se trémoussant alors qu’il semblait remplir son bol de café et de lait, semblait-il.

« Bordel, j’vais te serrer… » siffla tout bas l’androgyne, s’approchant félinement alors que Tom ne détournait pas.

Doucement mais surement il arriva à sa hauteur, le regard fixé sur son fessier si bien moulé et son sexe poisseux lui rappela sa nuit et toutes ses envies. Proche, son souffle presque saccadé vint taper contre l’épaule droite du jeune homme, dénudée de tresses vu que celles-ci était impeccablement attachés contre sa nuque.

Surpris, Tom sursauta en lâchant subitement sa cuillère dans le bol, éclaboussant le plan de l’évier et se recula en un petit cri peu virile ;

« Bonjour ! » sourit directement Bill, l’air penaud alors que Tom le regardait de ses yeux noisettes exorbités.

« Sa…Salut ! » souffla Tom, se calmant. « Putain, tu m’as fais peur Bill !

- Sérieusement ?! » s’étonna ce dernier, l’air faussement étonné. « Je pensais pourtant m’être fait entendre ! » rigola-t-il doucement, toujours proche du tressé.

Celui-ci secoua doucement la tête, soupirant et se décala légèrement, regagnant son espace vitale et se décida à sourire ;

« Bien, hum… c’est pas grave. Juste, j’ai du en foutre partout… » gloussa-t-il en se retournant vers son bol, en effet, de grosses gouttes marrons se trouvait par-ci par-là, tout autour.

Bill sourit, regardant à nouveau son cul alors que dans sa tête la réplique claquait ; « c’est moi qui t’en ai foutu partout cette nuit ! ». Finalement il s’éloigna, rejoignant le frigo pour en tirer la bouteille de jus d’orange.

« Passé une bonne nuit ? » entendit-il Tom.

« Excellente, et toi ?

- Same. »

Ils se sourirent amicalement et s’installèrent sur le canapé, avec un bol de céréales chacun pour les deux. Bill changea la chaine et couina en tombant sur une autres, diffusant un épisode de Death Note ;

« Tssss, groupie ! » siffla Tom, taquin.

Bill se contenta de lever les yeux au ciel, il n’était pas une groupie. Il appréciait juste voir L à l’écran. C’était pour lui le personnage d’anime le plus sexy. Le tressé rigola encore, légèrement, trop effrayé à l’idée de couvrir les dialogues des personnages.

C’était comme ça, tous les dimanche matins, ils finissaient généralement la matinée devant ces épisodes en mode loques : [g]ON[/g]. Généralement ils faisaient la fête la veille et ce moment de glandouille intense était fort appréciable après leurs samedi soir.

« Tiens, j’y pense, il est parti depuis longtemps l’autre ? » demanda évasivement Bill, parlant du garçon avec lequel Tom était rentré dans la nuit.

Il les avait entendu un bon moment en pleines galipettes et les gémissements rauques de Tom l’avait agréablement endormi. Ca aussi il en prenait l’habitude, fille ou garçon il s’en foutait, juste les bruits jouissifs de Tom –qu’il connaissait quasiment par cœur pour les avoir entendu et réentendu- l’importaient. Il n’aimait pas savoir son colocataire en corps à corps avec d’autres, leur faisant ce qu’il désirait tant mais il faisait avec, attendant son heure et se contentant des cris du garçon.

« Il est pas resté, je l’ai viré au petit matin… » répondit l’étudiant.

« Oh. C’est bien. »

Le silence se fit à nouveau et ils finirent de regarder les épisodes en toute tranquillité. Bientôt ils remirent la chaine des clips, Bill parti prendre sa douche et Tom s’occupa du repas. Une heure plus tard ils étaient attablés discutant de tout et de rien.

Tom rigolait encore, Bill avait ce don sur lui. Il l’appréciait énormément, parce que Bill était quelqu’un de bien, parce que le charme avait opéré sur lui comme pour n’importe qui, il adorait Bill et il n’aurait pas rêvé d’un meilleur colocataire.

L’après-midi ils se séparèrent, Bill installé devant son PC dans la chambre à écrire une nouvelle pour le lendemain tandis que Tom travaillait dans le bureau, planchant sur ses patrons et le projet à rendre pour mardi.
[…]
Le lendemain ils se retrouvèrent à l’heure du déjeuné, Bill s’était levé plus tard pour une fois, et avait prit plus de temps au journal avec le père de Tom alors ce dernier avait prit les devants pour le repas. Bien que par fatigue il s’était contenté de leur commander thaï ;

« Bonjouuuur ! » claironna la voix de l’androgyne lorsqu’il entra dans l’appartement, retrouvant Tom en plein feuillage d’un manuel de cours.

« Hey du ! » sourit Tom en relevant la tête avant de refermer son bouquin. Il se leva du canapé et vint faire une bise à l’androgyne. « T’as l’air de bien bonne humeur dis-donc !

- Oui, c’est vrai ! » sourit malicieusement Bill en suivant le tressé dans la cuisine. « Oh thaï ! » piailla-t-il de manière aigue. « Génial ! »

L’étudiant sourit, satisfait que ça convienne à son ami et ils éventrèrent les emballages de leur repas ;

« Que se passe-t-il de beau pour que tu sois aussi souriant ?! » demanda Tom alors qu’ils s’asseyaient autour de la table.

« Oh ton père m’a proposé d’écrire deux nouvelles pour la semaine, un rendu le lundi, un autre le jeudi. Les lecteurs m’adorent réellement apparemment ! » pailla Bill, heureux. « Puis j’ai reçu le flash que j’avais commandé, il est extra, faudra que je te montre ce qu’il fait ! Et puis… »

Bill marqua une pause, son sourire s’affinant alors qu’il repensait au rêve qu’il avait cette nuit, Tom avait prit… « cher »…

« Ca fait trois mois qu’on vit ensembles » souffla-t-il alors que Tom manquait de s’étouffer avec deux grains de riz, les yeux s’ouvrant en grand.

« Vraiment ?! » s’étonna-t-il. « Tu… t’as compté ?! »

C’était un peu bizarre quand même, bien ils étaient colocataires, mais ce n’était pas vraiment un anniversaire à fêter ou quoi que ce soit.

« Oui ! » s’extasia Bill, trop plongé dans ses pensées perverses pour remarquer la mine interrogatrice de Tom.

Et bien que tout cela soit étrange, Tom ne l’en teint pas rigueur, mettant ça sur le compte de sa personnalité ; Bill était parfois bizarre, surprenant surtout, mais adorable et cela le fit sourire à nouveau.

« Alors fêtons ça ! » s’extasia-t-il.

« Vraiment ?! Mais non ce n’est pas la peine… » rigola l’androgyne. « Ce n’était qu’une remarque.

- J’insiste, aller, ce soir, je t’invite au resto ! »

Bill ouvrit alors ses yeux en grand ; est-ce que Tom l’invitait réellement au restaurant ?! Comme un petit ami l’aurait fait ?! Rapidement l’idée fit son chemin dans sa tête et il sourit, imaginant déjà son pied contre le pénis chaud de Tom, à travers son jean, sous la table du restaurant.

« Oh, c’est… cool… » se contenta-t-il de souffler, heureux et impatient.

Tom lui sourit avant de finir son repas rapidement alors qu’il devait repartir à l’école sous peu.
Lorsqu’il déserta l’appartement, Bill se dépêcha de courir dans sa chambre préparer ses habits de la soirée, histoire de ne pas perdre de temps en rentrant du café.

« Oh Tom… » souffla-t-il comme un bien heureux ; les choses se faisaient, bientôt Bill l’aurait dans son lit et…

Son sexe se gonfla, des images… encore des images…

Pauvre Tom, il ne se rendait compte de rien.
[…]
Voilà, il était bientôt vingt heures et Bill courait dans tous les sens, de sa chambre à sa salle de ban alors que Tom attendait dans le canapé pénard. L’androgyne voulait absolument être parfait, bien que Tom lui appartienne déjà (le tressé en était mordu pensait-il, il ne s’en était juste pas encore rendu compte) il voulait être certains qu’il ne regarde que lui…

« Bordel mais où est-elle passée ? » siffla-t-il pour lui-même, une santiag chaussée alors que l’autre manquait à l’appel.

Sourcils froncés il se mit à arpenter la pièce des yeux en vain, finalement il se mit à quatre pattes au sol, sondant le dessous du lit pour apercevoir l’impertinente chaussure au fond ;
« Mais qu’est-ce que tu fous là ?! » grogna-t-il en tendant son bras pour tenter de l’attraper, il était déjà assez en retard pour se permettre de jouer à cache-cache puis trappe-trappe avec une satanée chaussure.

« Beuh… j’m’inquiétais de pas te voir arriver ! » baragouina une voix derrière lui.

En fait le tressé était arrivé au moment où Bill se mettait en position pour trouver sa chaussure. Il savait que Bill avait tendance à prendre du temps pour se préparer, mais habituellement il le voyait faire des allers dans le salon pour repasser telle chemise ou il l’entendait jurer de leur petit « véranda » pour un jean pas sec ou une paire de chaussure manquant à l’appelle. Là rien, silence complet à part des bruits sourds alors, curieux et aux limites de l’inquiétude il s’était levé pour venir jeter un coup d’œil. Œil qui était semble-t-il, bien tombé : à peine la porte avait été poussée, le fessier joliment moulé de son colocataire s’agitait sous son nez. Il ne pouvait nier que cela soit agréable à voir : Bill était un mec vraiment beau, naturellement qui plus est.

« Ah ! » cria Bill sous la surprise, se tapant la tête contre le bas du lit. « Merde, aïe ! »

Il couina aussitôt retombant sur le côté, sa main appuyée contre sa tête, Tom lui avait réellement fait peur.

« Mince ! » s’écria Tom en le rejoignant rapidement au sol pour lui soutenir la tête par son menton. « Ca va Bill ?! » s’inquiéta-t-il en scrutant le haut du front de l’androgyne. « Je suis désolé, je ne voulais pas te faire peur, j’croyais que tu m’avais entendu. »

Le brun se contenta de geindre encore en fronçant les sourcils ; ça lui faisait mal, Tom n’avait pas besoins d’appuyer ainsi sur son front ;

« Mais qu’est-ce que tu foutais à quatre pattes comme ça ? »

Automatiquement, la réponse sangla dans la tête du photographe ; « bah je t’attendais pourquoi ?! » mais au lieu de ça il répondit simplement la vérité.

« Oh d’accord, attends je vais t’aider à te lever, tu devrais peut-être poser des glaçons sur ta tête. » s’inquiéta-t-il en les relevant tous les deux. « Faudrait pas que t’es une bosse, tu t’es pas raté. »

Bill n’écoutait pas réellement, il se laissait juste faire sous les gestes de Tom qui le scrutait… si près…

« Vas-y, je vais m’occuper de ta chaussure Bill. »

Il le tourna pour le diriger vers la porte et se détourna pour s’occuper de la fameuse santiag. Comme Bill quelques minutes plus tôt il s’abaissa sur le sol et se mit à quatre pattes pour repérer la chaussure. L’androgyne derrière s’était retourné au niveau de l’encadrement de porte et observant sans gêne le cul de son colocataire. Bordel il était juste là, offert à lui ; il lui suffirait de baisser son jean et venir se placer derrière Tom pour lui baisser ses fringues aussi et…

« Le pénétrer… » souffla-t-il sans faire attention, heureusement assez doucement pour que Tom n’y prête pas attention.

Pourtant il se retint de faire quoi que ce soit et sorti de la pièce, de toute façon il aurait Tom tôt ou tard… n’est-ce pas ?!
[…]

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MessageSujet: Re: Le sexe c'est mal, de May   Ven 6 Aoû - 11:42


Finalement Tom avait récupéré la santiag sans problème et l’avait amené dans la cuisine où l’androgyne tenait un torchons remplit de trois glaçons contre son front. Puis Bill était parti finir de se préparer et ils étaient partis quinze minute plus tard pour le centre ville où ils s’étaient attablés dans un petit restaurant italien ; cosi et sympa.

Ils avaient passé une bonne soirée, Bill plongé dans ses fantasmes sans pour autant se détourner des paroles de Tom qui buvait sans limite. Tom de son côté passait aussi un bon moment, c’était la première fois qu’il se retrouvait ainsi, dehors et uniquement accompagné du brun. D’habitude ils n’étaient jamais seuls en ville, et sortir du contexte de l’appartement pour se retrouver avec Bill était sympa. Il appréciait réellement l’androgyne, autant pour sa beauté que pour sa personnalité. Doucement mais surement il commençait même à l’apprécier un peu plus que le simple colocataire et ami qu’il était. Bill était en soi quelqu’un de véritablement attachant ; un mec bien, gentil, pas bête et naturel malgré les artifices qu’il revêtait.

Puis ils étaient rentrés, Tom avait insisté pour payer l’addition. Une fois de retour aux bercailles ils avaient bu un petit digestif tout en continuant à discuter puis Tom avait senti la fatigue venir et s’était décidé à partir dormir, après tout il ne fallait pas oublier qu’il avait cours demain. D’ailleurs c’était jour de rendu et le tressé était content de lui, il avait heureusement prit de l’avance sur son travail et avait réussit à le finir dimanche, ce qui lui évité l’habituelle nuit blanche du lundi, avant ses heures de TD le lendemain matin.

Bill de son côté avait docilement suivit le chemin des chambres et était parti se démaquiller avant de se déshabiller pour se coucher. Pourtant, une heure après le coucher, ses yeux restaient obstinément ouverts alors que sa tête était remplie d’images de la soirée et de scénario tous aussi particuliers les uns que les autres. Il était définitivement mordu du tressé, il le voulait tellement. Il ne désirait qu’une chose, le faire sien, se sentir à l’étroit dans l’étau de ses chairs mais aussi le sentir en lui. Sentir le mal, le désir, le plaisir et la douleur. C’était pire que jamais tant l’envie était présente, sans même se toucher il bandait. Son sexe était tendu à l’extrême, lui faisant carrément mal et les hésitations étaient présentent. Comme beaucoup de soirs depuis un moment il se leva et prit le chemin de la chambre de Tom dont il ouvrit silencieusement la porte. C’était une habitude qu’il avait prise, se lever pour aller observer l’étudiant. En temps normal il restait près de la porte, ne voulant pas prendre de risques, mais là il fallait qu’il s’approche. Il sentait que Tom serait bientôt à lui, pour de bon, et peut être qu’avec un petit coup de pouce ce serait encore plus rapide. Non ?!

L’idée lui avait germé quelques jours plus tôt mais là… là il devait essayer, ça ne pouvait que marcher.

Alors doucement, il s’approcha du lit du jeune homme et l’observa avec attention : il dormait profondément, la respiration quasi imperceptible. Tout son corps émergeait de sous la couette épaisse, cachant uniquement le bas de ses cuisses et le reste alors que Bill avait tout simplement son boxer en ligne de mire. Il était, juste en dessous du bout de tissu : son sexe.

« Bordel… » pensa Bill, sentant son sexe encore plus tendu dans son boxer, il ne pensait pas ça possible.

Alors soufflant un bon coup, il baissa le sien et teint son sexe en main alors que son autre se baissait sur le sol. Il s’y agenouilla et approcha sa main libre du lit, la glissant doucement le long du torse nu et bien sculpté du torse halé de son tressé. Aucun n’appuis, il ne voulait pas le réveiller. Puis la main coquine vint sur le bas ventre, retraçant du bout des ongles la fine ligne de poils blonds qui descendait et disparaissait un peu avant la démarcation du boxer. Doucement mais surement, encore, elle vint frôler le sexe endormit.

Ses yeux brillaient dans la lumière doucement que la ville apportait dans la chambre, à travers les rideaux peu épais.

Tom était juste là, pour lui ; jetant un œil au visage endormit pour vérifier qu’il ne l’avait toujours pas dérangé il posa sa paume sur le forme cylindrique du pénis au repos et démarra un doux mouvement à travers le tissu. C’était si bon, le toucher (ou presque), se sentir si proche… il rapprocha sa bouche de la tête du jeune homme avec les prémices d’une respiration saccadée ;

« T’aime que je te touche Tomi… » susurra-t-il, le sourire aux lèvres. « Ma main sur ton sexe, tu adore… »

C’était une technique un peu particulière mais il espérait qu’elle marcha : parler au tressé dans son sommeil pour que l’idée d’un corps à corps entre eux s’inculque plus rapidement ;

« Tu sais que je rêve de toi tout le temps, ton corps hante mes pensées. »

Sa main faisait bien son travail, palpant comme il faut bosse qui naissait avec sureté.

« Ton sexe en moi aussi, ma bite dans ta bouche, mon sperme entre tes lèvres… t’en a envie, je le sais… » gémit-il en tirant un peu plus sur le bout de son pénis.

Il se sentait si bien avec lui, il le désirait depuis tant de temps. Sa voix était suave et un peu éraillée, entrecoupé de plaintes de plaisir.

« Je te prendrais comme il faut, à sec, avec tant de dureté que tu perdrais pied. Ca te ferait tellement de bien… tellement de mal… » souffla-t-il encore alors que l’objet de ses désirs bougeait dans le fin petit tissu, s’érigeant comme il le désirait.

Lui se sentait à bout, son sexe était tellement tendu… il soupira de bien être quand enfin la délivrance arriva après de nouvelles paroles. Tom, dans son sommeil, avec prit une moue de contentement alors que son sexe était presque à son apogée avec les simples gestes de Bill. Ce dernier tendit sa main salie de sperme vers le lit et ouvrit très doucement le boxer de Tom pour lui appliquer sa semence. Comme pour lui laisser un petit souvenir à son fantasme. Quelque peu sadique, il repartit, laissant Tom dans un état extrême, lui promettant de revenir. Lui promettant de l’avoir. Puis il s’était couché, vidé et repus, heureux de son acte.

Le lendemain matin, quand Tom s’éveilla il ne comprit pas la sensation de gêne qu’il ressentit, puis après avoir machinalement jeté un œil à son boxer, il comprit.

« Wow… » fit-il en haussant les sourcils, il n’avait pas l’impression d’avoir rêvé de cul ; pourtant, il semblait bien que oui.
[…]
Et les jours s’étaient écoulaient comme toutes les nuits où désormais, Bill se levait pour rejoindre son Tom. Chaque nuit, une heure ou deux après le coucher du tressé il se levait pour le rejoindre, nu. Il le touchait, de partout, le caressant avec une envie retenue, il ne voulait pas le réveiller, mais il ne pouvait s’empêcher de le tripoter au maximum. En même temps il se branlait, bien, avec langueur, gémissant à l’oreille du garçon tout en lui susurrant les milles et un fantasmes qui lui traversaient l’esprit. Y’avait eu cette fois où Tom s’était réveillé, le mot « maitre » à la bouche alors que la veille Bill lui avait fait partager son envie de sadomasochisme, de ces rôles de chien et maître qu’ils pourraient jouer. Puis cette autre fois où il s’était questionné sur la définition de golden shower. Où après quelques recherches sur internet il avait comprit ce que c’était sans comprendre pourquoi ça lui était venu à l’esprit. Bill n’avait pu s’en empêcher, il l’avait vu tellement de fois en film que l’envie de pisser dans la bouche ouverte et le visage offert de Tom lui était rapidement montée à l’esprit.

Parallèlement leurs journées passaient et se ressemblaient, parfois Tom emmenait Bill au restaurant, parce qu’il avait adoré la première fois qu’ils l’avaient fait. Parce que le temps passant, il appréciait de plus en plus l’androgyne, il aimait l’entendre chantonnait le dimanche après-midi lorsqu’il faisait le ménage. Parce qu’il devenait accro à son rire lorsqu’ils partageaient de bon moment. Parce qu’il aimait l’image du brun en boxer les samedi matins dans la cuisine. Et plus les semaines s’écoulaient, plus l’androgyne semblait ravi, heureux et Tom ne l’avait pas vu énervé une seule fois. Il ne comprenait pas d’où venait toute cette gaieté, mais il n’avait pas besoin d’explication : voir le brun heureux lui suffisait.

Ce soir ils étaient à nouveau en ville, tous les deux, pour leur deux mois de colocation. Au programme, restaurant et cinéma. Bill et Tom étaient sur leur trente-et-un, voulant secrètement plaire un peu plus à l’autre.

Ils venaient de sortir du restaurant, cette fois-ci Bill avait insisté pour payer et Tom avait difficilement accepté, contrecarrant en jurant de payer le cinéma.

« On va voir quoi ?! » le questionna Bill lorsqu’ils arrivèrent dans le duplex de Pathé.

Tom observa rapidement les films à l’affiche puis s’en détournant ;

« Celui que tu veux, ils m’intéressent tous. » lui sourit-il. « Sauf Twilight s’il te plait, épargnes juste moi ça ! »

Ils rigolèrent en cœur ;

« Ne t’inquiètes pas, il n’était pas dans ma liste. » le rassura Bill. « Mais tu sais, les bouquins sont cools, hein !

- Je te crois mais j’ai beau aimé les mecs, une heure et demi à me taper machin Pattinson dans la tronche, sans façon.

- Bon bah… Une vérité qui dérange ça te va ?! » proposa Bill en regardant lui aussi les affiches.

« Ca me va, la bande annonce est sympa si je me souviens bien. Puis la fille est sexy, c’est celle qu’est dans Grey’s Anatomy ! » sourit-il bêtement, faisait rouler les yeux de Bill au ciel.

« J’aime pas les blonds. » répondit Bill du tac au tac en mimant le fait de se faire vomir.

Tom haussa simplement les épaules ;

« J’aime bien les blondes, c’est les filles qui ont le plus de chien. Par contre en mec, je préfère de loin les bruns… » souffla-t-il de manière audible, lançant un regard en coin à Bill qui rougit faiblement ;

« Oh… »

En silence ils s’avancèrent aux caisses et prirent leurs billets pour la séance de vingt-trois heures.

Après quoi ils se faufilèrent dans la file d’entrée en attendant l’ouverture des portes de leur salle. Ils ne parlaient toujours pas, Tom scrutait ses pieds avec attention, un peu gêné de ce qu’il avait dit et de la maigre réaction de Bill. Ce dernier était pourtant secrètement ravi, mettant ça sur le compte de ses visites nocturnes ; finalement son bourrage de crâne avait fonctionné, pensait-il. Son regard était jeté sur les personnes présentes, les observant sans grandes convictions. Puis son regard se stoppa sur une petite brune plus loin, tournée vers eux et accompagné de deux copines. Elle mangeait littéralement l’étudiant du regard alors que ses amies chuchotaient et pouffaient entre elles ;

« Oh, je crois que t’as une touche. » rigola-t-il légèrement, pas content pour un sous.

Tom releva la tête, radar en tête ;

« Avec qui ?!

- Là, la petite brune, derrière nous, accompagnées des deux asperges là. Elle te boufferait presque. »

Tom la repéra et elle rougit automatiquement en détournant le regard, elle s’était royalement fait griller.

« Bof… » soupira le tressé, l’air blasé : elle avait beau être brune, elle n’arrivait pas à la cheville de Bill. « Sans intérêt. »

Un nouveau silence s’installa avant que Bill ne le brise, curieux.

« Mais dis donc, ça fait longtemps que je t’ai pas vu fricoter avec quelqu’un… » dit-il l’air de rien.

En fait, sans vraiment s’en rendre compte, ça faisait un mois que Tom n’avait pas branché qui que ce soit.

« Ah ?! » dit d’abord Tom. « Oh oui, peut-être.

- Comment ça se fait ?

- Euh… j’en sais rien, pas ressentit de besoins particulier j’imagine… » souffla-t-il et Bill se contenta d’acquiescer.

C’était surtout que Bill prenait de plus en plus de place dans son cœur, et son corps avait réagit en conséquence, ne cherchant plus de corps à corps avec autrui. Mais il ne pouvait vraisemblablement pas lui répondre ça ;

« Salle quatre ! Vous pouvez entrer ! » émit une voix plus loin et tout le monde se mit à bouger, entrant tour à tour dans la salle.

« On se met où ?

- Comme tu veux, juste pas trop prêt sinon ça m’explose les yeux. » répondit Tom. « Je crois que je vais devoir prendre rendez-vous chez l’ophtalmo

- Le fond ça te va ?
- Oui, oui. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, ils se retrouvèrent installés à la dernière rangée. Bill sortit ses lunettes de vue et Tom lui demanda s’il voulait une boisson ou quoi que ce soit d’autre.

« Ca ira merci, avec tout le repas et le vin, je suis plaint. » rigola-t-il, tirant sur le gras inexistant de son ventre. « Je vais être tout gros si j’avale des cochonneries.

- Pffff, n’importe quoi ! T’avales déjà tout un tas de cochonneries sans prendre un gramme, ce n’est pas demain que ça va commencer. » siffla le tressé, levant les yeux au plafond.

« Dis pas ça ! Le corps c’est comme une éponge, tu presses, tu presses et à force de le gorger de conneries un jour la prise se relâche et boum ! Tu deviens tout gros.

- Ah ! Bien sur ! » rigola Tom. « Le jour où la prise se relâche, promets-moi de m’appeler, je demande à voir ! »

Bill soupira, feintant l’agacement tout en croisant les bras d’un air faussement décidé ;

« Oh ! Petit Billou boude, ça y est ?! » ricana Tom en se tournant totalement vers lui.

L’androgyne l’ignora royalement, détournant le regard ce qui tira un nouveau rire au tressé ;

« Mais bien sur, boude donc ! » siffla-t-il, tendant ses bras pour chatouiller le brun qui se mit à se tortiller dans son fauteuil ;

« Mais arrêtes ! » geint-il en se débattant mollement ; Tom le touchait ! « Tu me fais chier ! »

« Euh désolée, on peut s’assoir là ?! » demanda une voix féminine, coupant net l’agréable supplice de Bill.

Tom s’arrêta donc, se positionnant correctement et regarda la personne qui l’avait interpellé. Devant lui se trouvait la petite brune de la file, précédée de ses deux copines toujours en plein fou rire. Y’avait des places un partout dans la salle, pourtant il avait fallu qu’elle vienne là. Cela fit doucement rire Bill alors que Tom se contenta de sourire gentiment ;

« Oui, oui bien sur ! » dit-il d’une voix adorable.

Ce qui agaça le brun. La brune le remercia et s’installa à côté, suivie des autres. Piqué au vif, Bill s’arrêta automatiquement de bouder. Il se pencha comme il fallait et s’accrocha au bras du futur styliste ;

« En fait je veux bien un coca Tomi… » pailla-t-il, soufflant près du visage du garçon.

Ce dernier rougit de cette soudaine proximité et acquiesça docilement et se leva. Au dernier moment, Bill lui attrapa la main avec un petit sourire mignon au coin de la bouche ;

« Light s’il te plait… » rigola-t-il et Tom ne put empêcher ses yeux de briller ; il adorait ce rire là, cristallin, adorable, mignon.

« D’accord. »

Ils se sourirent une dernière fois et Bill se permit un regard hautain vers la brune d’à côté, d’un air de dire « il est à moi ! ». La fille encore prise en flagrant délit d’observation rougit, écarquillant manifestement les yeux et se détourna vers ses copines ;

« Bon ok… » souffla-t-elle, sans savoir que Bill l’entendait sans problème. « On s’assoit ailleurs.

- Bah alors, qu’est-ce qu’il t’arrive ?! » rigola peu discrètement la première copine.

« Déjà prit ?

- On te l’avait dit. Tu ne fais pas le poids. »

La brune couina et grogna de gêne ;

« Non, c’est juste que c’est nase le premier rang.

- Mais bien sur Brooke ! »

Malgré les moqueries de ses copines qui semblait prendre un malin plaisir à voir la dite Brooke se ridiculiser, elles se levèrent et s’installèrent sur la rangée du milieu, au fond. Bill ne put retenir un ricanement et un rictus mauvais s’afficha sur son visage ; voilà qui était fait.

Deux minutes plus tard Tom arriva pile à l’extinction des lumières pour la première vague de bande-annonce. Il remarqua immédiatement l’absence de ce qui aurait du être ses voisines ;

« Bah elles sont passées où les autres ?

- Plus loin, plus près de l’écran. » répondit simplement Bill en souriant à Tom dans la semi-obscurité. « Merci pour le coca.

- Pas de quoi. »

Tom s’installa correctement dans son fauteuil et ils se concentrèrent sur l’écran, Bill souriant toujours.
[…]
Les garçons venaient de rentrer de leur séance et arrivés dans l’appartement une tension était quelque peu palpable. Le film avait été sympa, ils avaient bien rit mais la scène de l’ascenseur où les deux protagonistes s’étaient sautés dessus après trop de retenue les avaient fait rougir, surtout Tom qui s’était rapproché de Bill un peu plus tôt. Il avait innocemment passé son bras derrière sa nuque et la main de Bill sur son genou s’était quelque peu resserrée sur lui à ce moment là. Il avait eu envie de l’embrasser mais la peur d’un rejet l’avait stoppé. Même en rentrant, monter à leur étage par le biais de l’ascenseur l’avait gêné. Bill lui n’avait eu qu’une envie dans la création d’Otis : lui sauter dessus pour une baise torride et la réalisation d’un fantasme de base.

Mais ils n’avaient rien fait, se contentant de garder une distance raisonnable en se regardant du coin de l’œil.

« Bon bah bonne nuit… » dit Tom alors qu’il venait de poser veste, clés de voiture et portefeuille sur le bar de la cuisine.

« Mmmh, bonne nuit. » lui sourit Bill. « Merci pour cette soirée, c’était génial. »

Tom ne put s’empêcher de rougir un peu, acquiesçant docilement ;

« Merci à toi, j’ai vraiment apprécié. »

Ils se sourirent une dernière fois, la gêne toujours présente chez le dreadeux et ce dernier disparu dans le couloir pour finir dans sa chambre. Laissant derrière lui un Bill plutôt satisfait qui s’affala lamentablement dans l’un des canapés.

« Parfait… » soupira-t-il, bien heureux.

Et il s’assoupit légèrement, attendant l’heure parfaite pour rejoindre la chambre de Tom et conclure cette soirée en… beauté.
[…]
Finalement, c’est sur les coups de trois heures que Bill se réveilla, toujours dans le canapé heureusement confortable. Il s’étira, la bouche pâteuse et se leva pour aller à la cuisine avaler un verre d’eau. Il était l’heure se passer aux choses sérieuses. Il jeta un œil à l’horloge digitale et s’étonna de s’être complètement endormi. Une fois son verre vide il rejoint sa chambre où il se déshabilla pour rester en boxer avant de rejoindre Tom, son Tom.

Il ouvrit silencieusement la porte et rejoignit le lit devant lequel il eut du mal à réprimer un ricanement ; le tressé était dans une position assez drôle. En étoile il était en travers du lit, la tête penchée sur le rebord alors que sa bouche était moyennement ouverte. C’était à peine si un filé de bave ne s’en échappait pas.

Mais bien que cela soit drôle, Bill fut quelque peu contrarié : le sexe de Tom était trop loin du bord. Il ne pouvait pas prendre appuie sur le lit et le toucher d’aussi loin était risqué pour lui et le peu d’équilibre dont il était doté.

« Bon… » soupira-t-il, faisant la moue.

Tant pis, il devrait se contenter de le regarder et c’est ce qu’il fit. Il descendit son vêtement et cracha dans sa main avant de commencer à se branler doucement, les yeux rivés sur le visage paisiblement endormi de son ami. Doucement mais surement son sexe s’érigea, alors que sa tête se remplissait encore d’images. Il adorait ça, ces moments avec Tom était puissant. Bien sur il manquait la participation de l’étudiant mais il pouvait s’en contenter. De toute façon ils se rapprochaient de plus en plus. Bill espéra tout de même que Tom soit bientôt son petit ami… Oh oui, après ils pourraient baiser comme il se doit. Ils seraient un couple et Bill se plierait en quatre pour réaliser leurs fantasmes. Parce que maintenant c’était les leurs. Il était certains que sa technique avait marché, Tom ne pourrait qu’aimer ce que Bill avait prévus pour eux. Toutes ces choses susurrées, toutes ces situations dans lesquelles il les avait projetées. Tom ne pouvait qu’adorer.

« Mmmmh… »

Ca y est, il se sentait bien. Son regard mi-clos posé sur l’objet de ses désirs, il se sentait vraiment bien. Il était là, juste à sa portée et… et cette idée fit lentement son petit bonhomme de chemin dans son esprit corrompue et, alternant son regard de Tom à son sexe il… agit.

« Huuuh… » réprima-t-il un peu alors que son pénis entrait en contact avec la tête de Tom, juste là.

Il s’était un peu baissé pour être à sa hauteur et bien que la position ne soit pas des plus agréables pour ses jambes il resta ainsi. Baissant la tête vers l’arrière alors que ses yeux se fermèrent pour de bon : il se mit à caresser doucement le visage de son gland. C’était tellement agréable, il se sentait maître du jeu, maître de tout. Il se branlait puis le caressait et plus ça aller plus il se sentait tendu.

« T’aime ça… » souffla-t-il autant pour lui que pour le subconscient de Tom. « T’aime ma bite… »

Et plus ça allait plus sa respiration se saccadait, plus il en oubliait d’être discret. Emporté dans cette nouvelle sensation, ce contact dont il n’aurait su rêvé en vrai, il tapota doucement son sexe sur son crane, contre les reliefs un peu rêches des tresses de Tom. Puis un peu plus fort, parce qu’il se sentait plus fort.

Et trop plongé dans son plaisir, il ne vit pas les jambes du garçon bouger, il ne vit pas ses sourcils se froncer alors que ses paupières tremblaient ; annonçant un réveil imminent.

« Mmmmh… » geint Bill, encore une fois, un peu plus fort et les yeux de Tom s’ouvrirent sans papillonnement.

Et tout se passa très vite pour l’un comme pour l’autre. Tom leva le regard et tomba nez à nez avec un pénis tendu et humide venant sur lui, Bill n’en remarqua rien.

« Non… Mais… AAAAAH ! » cria Tom se redressant tant bien que mal avant de rouler à l’extrémité du lit, les yeux exorbités.

Est-ce que Bill, son colocataire et le mec qu’il appréciait énormément était réellement entrain de tapoter son sexe contre lui pendant son sommeil ?! Il crut halluciner, ce n’était juste pas possible ! N’est-ce pas ?! Il rêvait et ça ne pouvait en être autrement. Pourtant la surprise non feinte sur le visage de l’androgyne alors qu’il restait pétrifié devant l’étudiant le ramena bien à la réalité : Bill se branlait effectivement contre lui en pleine nuit !

« Merde… merde… merde… merde… » pensait Bill, les jambes flageolantes.

Tom n’aurait jamais dut se réveiller ! En fait, Tom ne se réveillait jamais et là… non… merde ce n’était pas possible ! Et alors que la bouche de Tom s’ouvrait à nouveau pour gueuler, Bill se baissa vite pour remonter maladroitement son boxer et au contact de du tissu il ne put s’empêcher d’éjaculer alors que son sexe était à l’apogée de son plaisir.

« Haaan.. » grogna-t-il, penchant son corps vers l’avant sous le plaisir.

« Non mais… AAAAAAH ! Mais j’y crois pas ! » commença à s’agiter Tom, remontant énergiquement le drap sur lui alors qu’il se reculait pour se lever du lit, de l’autre côté. « Putain j’hallucine ! Dites-moi que j’hallucine merde ! »

Il n’y croyait pas, il ne voulait pas. Il ne comprenait juste pas pourquoi Bill faisait ça ! Des milliers de questions se bousculaient désormais en lui : pourquoi ?! Pourquoi Bill ?! Comment cela se faisait-il ?! Etait-ce la première fois ?! La deuxième ?! La sixième ?! La centième fois ?! Bill était-il dans son état normal ?!

« Je… merde ! Bill putain qu’est-ce que tu foutais !? »

Bien sur il savait ce que l’androgyne faisait mais… peut-être qu’en entendant sa réponse ça annulerait tout ou, au contraire, ça lui ferait prendre conscience de la situation. Mais l’absence de réponse du brun le mit encore plus en colère. Ce dernier était juste figé, le boxer collant, les lèvres tremblantes alors que son regard le fixait, vitreux.

« Bordel ! Bill réponds moi ! » gueula-t-il encore. « Dis-moi ce que tu foutais là ! Merde il… il est putain de trois heures et demi du matin ! » dit-il après avoir cherché et trouvé son réveil du regard. « REPONDS PUTAIN ! »

« Je… merde… j’suis déso-

- Ta gueule putain ! Je ne veux pas de « désolé » à la con ! » fit Tom, le visage défiguré par la colère. « Je veux une putain d’explication ! Qu’est-ce que ta… ta queue bordel ! », il hoqueta, oui sa putain de queue sur lui ! « Qu’est-ce qu’elle faisait contre moi !

- Je… merde… j’ai… je n’ai pas d’explications… » bafouilla Bill alors que les larmes commençaient à chuter de ses yeux.

« T’as pas d’explications ?! J’hallucine ! », Tom commençait à s’agiter, le drap noué autour de lui ses bras se balançaient dans tous les sens. « Tu te branlait sur moi en pleine nuit ! Et t’as aucune explication à cela ?! Tu te fous de moi ?! On ne fait pas ça bordel ! T’es dérangé ! T’es sérieusement malade dans ta tête, ce n’est pas possible ! »

Bill pleurait de plus en plus fort, hoquetant alors que sa gorge était complètement nouée et que sa respiration se coupait. Non, il ne voulait pas ça ! Tom n’aurait pas dut se réveiller ! Tout… tout ce qu’il avait fait se trouvait détruit en quelques secondes et il eut envie de mourir.

« PUTAIN ARRETES DE CHIALER ! C’est bon, dégages de là ! »

Mais Bill n’en fit rien, figé.

« DEGAGES J’AI DIS : PUTAIN ! » et Tom s’avança, passant du côté de Bill il le choppa violemment par le bras et le tira à la porte encore ouverte par laquelle il le balança.

Et l’androgyne ne fit pas attention, se ramassant au sol en hurlant ; sa hanche venait de frapper le sol sans ménagement.

« Quand t’auras une explication à me fournir tu reviendras me parler, en attendant je veux plus te voir bordel ! » furent les derniers mots de Tom avant qu’il ne claque en fracas sa porte et Bill pleura de plus belle, hurlant presque dans ses sanglots.

Non, non… tout cela ne pouvait pas être possible…

Il se traîna jusqu’à sa chambre, toujours au sol et monta à bout de force sur son lit où il continua à pleurer tout le restant de la nuit ; Il aimait Tom. Voilà son explication mais si cela semblait être une bonne raison dans sa tête, il ne voulait pas le lui dire. Il ne pouvait pas encore l’avouer, il ne voulait pas le perdre.
[…]
Ainsi le lendemain, lorsque Bill se leva Tom avait déjà déserté l’appartement et il pleura encore, sans cesse jusqu’à midi. Il avait préparé à manger : des tagliatelles avec des gambas flambées, le plat préféré de Tom. Pourtant ce dernier ne vint pas, créant de nouvelles larmes pour Bill qui se rendit pleinement compte de la situation. Il toucha à peine à son assiette et je ta le restant dans l’évier. Après quoi, il mit le reste du plat dans un Tupperware et écrivit un post-it à Tom en lui indiquant sa place dans le frigo. Le mardi soir, Tom rentrait toujours avant Bill, il mangeait seul et lorsque Bill rentrait Tom sortait avec ses amis d’école : parce que le mardi il fêtait la fin du projet rendu, comme pour souffler avant de reprendre le nouveau travail.

Cette fois-ci, lorsque Bill rentra à vingt heures il ne trouva pas la présence de Tom qui semblait être déjà parti vu comment il sentait son parfum dans la pièce. Au lieu de quoi, il trouva son repas de midi jeté dans la poubelle. Encore une fois il pleura.

Et ce fut ainsi pendant un long moment. Jamais Bill ne croisait Tom ; si ce dernier n’était pas en ville alors il était enfermé dans sa chambre ou dans le bureau et s’arrangeait pour en sortir uniquement lorsque Bill était sous la douche, dans sa chambre où dans son labo photo. Ce manège dura plus de quinze jours durant lesquels l’androgyne se sentait bruler à petit feu. Ses nuits étaient sans sommeil et marquées de larmes, ses journées étaient longues et maussades. Il se sentait dépérir sans la réelle présence de Tom.

C’est pour cela qu’il se décida finalement à agir. Il n’en pouvait plus, il avait besoins de voir Tom, de sentir sa présence. Il voulait juste que tout redevienne comme avant… si possible. Ainsi un soir, après avoir entendu Tom rentrer de l’école il se décida à bouger. Il inspecta son reflet cadavérique et à peine maquillé dans son miroir et sorti de sa chambre pour aller toquer à celle de tressé, bien décidé à se faire pardonner ;

« Entre. » entendit-il raisonner après la minute qui suivit ses coups à la porte.

Doucement, il l’ouvrit et entra timidement dans la chambre avant d’avancer vers le tressé. Ce dernier rangeait son linge propre dans son armoire mais ne prit pas la peine de se retourner ;
« Qu’est-ce que tu veux ?

- Je… », Bill respira un grand coup et se lança. « Je viens pour m’excuser…

- Je t’ai déjà dis que je ne voulais pas d’excuses mais des explications. »

Bill hoqueta, la voix de Tom était si froide, il aurait espéré qu’elle eut changé après le temps passé.

« Je sais mais je tiens quand même à m’excuser, pour cette histoire mais… je… Tu sais, ce n’est pas facile à dire. » ; il soupira. « J’entends, la raison pour laquelle j’ai fais ça et je ne veux pas te perdre donc-

- Tu ne crois pas qu’il est un peu tard pour en avoir peur ?! » fit brutalement Tom en se retournant.

Bill baissa les yeux, entremêlant nerveusement ses doigts et Tom ne put pas ne pas remarquer l’aspect presque malade de Bill. Il était habillé d’un vieux marcel gris et d’un short en jean délavé et il lui semblait qu’il avait fortement perdu du poids. Ses bras et ses jambes étaient atrocement maigre et son cœur se pinça : il appréciait tellement Bill. Lui aussi cette situation le peinait, plus qu’il ne le montrait. Après tout, le gars qu’il aimait un peu plus chaque jour avait atrocement mal agis avec lui et il pouvait sentir son cœur briser palpiter difficilement dans sa poitrine.

« Je sais… mais… » ; l’androgyne releva la tête et s’approcha un peu plus du garçon. « Je… tu me plaisais tellement. Enfin tu me plais toujours et… j’ai pas su m’en empêcher. »

Ses mots étaient presque éraillés par le stresse et le cœur de Tom se gonfla un peu ; il lui plaisait ?! Voilà qui était génial : dommage que Bill soit allé lui toucher le visage à l’aide de sa queue hein !

« Vraiment ?! » cracha Tom sarcastiquement.
« Je… je t’aime Tom. Vraiment, depuis le début j’ai tous ces sentiments en moi et… je ne voulais pas me faire recaler. Parce que je me doutais bien que tu m’enverrais paitre, ou même que tu préférais partir.

- Du coup le seul moyen que t’as trouvé pour me faire comprendre tes sentiments c’est de venir me violer –ou presque- pendant mon sommeil. »

Bill ne sut quoi répondre à cela.

« Pfff aller, dégage de ma vue… » soupira Tom, triste, en se décalant pour rejoindre son bureau mais Bill le stoppa en s’accrochant à son bras et en le collant à lui pour une étreinte maladroite.

« Non Tom, je m’excuse réellement. Je… c’était le seul moyen à mes yeux d’être proche de toi. »

Il n’allait quand même pas lui dire que le but était surtout de lui faire un lavage de cerveau.
Tom réticent ne bougea pas pour autant de ses bras ; il aimait ce câlin, parce que malgré tout Bill lui manquait atrocement. Il pouvait toujours faire des efforts pour tenter d’oublier.

« Bill, l’attouchement sur une personne non consentante ce n’est pas bien. » soupira-t-il. « Tu aurais juste dus venir m’en parler.

- Je… sais, enfin… j’avais peur… » couina Bill, passant ses mains dans le dos de Tom sans s’en rendre compte.

Ils étaient si proche, c’était la première fois que ça arrivait… avec un Tom réveillé s’entend.

« Je tiens trop à toi ! » ; ses mains glissèrent encore aveuglément sur sa chute de reins et il se colla chaudement à lui.

Il n’y pouvait rien, c’était physique. Tom lui se sentit soudain prit au piège, il n’y avait rien de bien dans cette proximité. Tout du moins, il s’en rendit compte lorsque les mains androgynes se mirent à le caresser d’un peu partout, chutant trop bas sur ses fesses.

« Je veux juste que tu me pardonnes… » geint Bill, se sentant plus chaud, plus… tendu.

Son corps lui avait manqué, tellement… il ne se rendait pas compte de ses gestes. Pas réellement en tout cas.

« S’il te plait Tom…

- Bill ? Qu’est-ce que tu fais ? »

Le tressé venait de sentir une main serrer le haut de sa cuisse et le bassin de Bill se frotter à lui.

« Je… je n’y peux rien Tom… je t’aime… j’ai envie de…

Putain mais arrêtes ! » s’écria l’étudiant en repoussant violemment Bill. « Tu peux pas t’empêcher de me tripoter hein ?!»

Son regard se fit haineux, couvrant toute la peine dont il était empreint.

« T’es un grand malade en fait Bill. Tu ne m’aimes pas ! Bordel t’as juste envie de me serrer parce que t’es un putain de pervers. T’as un sérieux problème. Je n’en ai rien à foutre de tes excuses. »

Bill hoqueta, ses yeux s’humidifiant rapidement.

« J’y crois pas, tu reviens juste pour me toucher ! T’es un grand malade ouais, c’est clair ! T’approches plus de moi.

- Mais je t’aime… » pleura l’androgyne, plus que sincère.

« On agit pas ainsi quand on aime Bill. Une relation ça se débute pas par du cul ! Putain dégage ! »

Cette fois-ci l’androgyne sursauta sous le cri de Tom ;

« Dégages j’ai dis ! »

Cette fois-ci, Tom n’eut pas besoins de forcer le brun à partir. Ce dernier le regarda, les yeux rouges, la gorge sèche et sortit de la pièce, glissant presque imperceptiblement un « je t’aime » en refermant la porte derrière lui.

En fait, il se rendit compte que plus rien ne serait jamais comme avant, il avait merdé. Et bien.
[…]
Le temps passa, noël aussi puis la nouvelle année sans que nos deux jeunes hommes aient plus de contact que nécessaire. Il leur arrivait maintenant de se croiser, rarement mais jamais Tom ne regardait Bill et jamais Bill ne tentait un pas vers lui. Il avait comprit qu’il n’en avait plus le droit, Tom lui en voulait définitivement et jamais on n’aurait cru qu’ils se connaissaient s’ils ne vivaient pas sous le même toit.

Nous étions maintenant en janvier et ce soir Bill et Tom auraient dut fêter leur quatre mois de colocation. C’est pour cela que Tom avait prit soins de déserter l’appartement en ce samedi soir pour aller se distraire avec ses amis. C’est aussi pour cela que Bill venait de se prendre une bonne cuite à l’absinthe et qu’il était endormis dans le canapé. Dans une position inconfortable en déduit de vu Tom lorsqu’il entra dans le salon, sur les coups de deux heures du matin.

Bill s’était semble-t-il endormit devant un DVD puisque la TV affichait un écran noir mais éclairé, que l’androgyne tenait toujours faiblement la bouteille presque vide d’alcool et qu’une pochette vierge était éventrée sur la table basse.

« Bill… » soupira Tom en s’assaillant sur la table en l’observant.

Il n’arrivait toujours pas à croire ce qu’il leur était arrivé. Ni comment cela avait-t-il pu se produire. Et Bill lui manquait, vraiment, parce que lui aussi il s’était rendu compte de ses sentiments. Il savait qu’il l’appréciait mais ce froid, cette totale absence de contact lui avait pendu l’évidence au nez : il était amoureux de Bill. De ce mec qui l’avait touché pendant son sommeil.

Finalement il n’avait pas demandé combien de fois c’était arrivé, il ne voulait pas vraiment savoir. Par peur.

Il tourna la tête et attrapa la pochette vide. Il n’y avait aucune étiquette et cela l’intrigua sans plus.

« Bon… »

Il se releva et ce décida à tout éteindre et rapatrier Bill dans sa chambre. Il l’aimait, il ne pouvait pas le laisser là dans cet état. Il retourna à la TV et sorti le DVD de la PS3. Son regard tiqua sur le devant du CD. Il pouvait distinctement lire « Pénétrations intimes ». Ses yeux s’ouvrirent de surprises.

« Mais c’est quoi ce truc ?! » pensa-t-il.

Il rangea le CD dans sa pochette et regarda la porte ouverte du meuble de la TV. Il savait qu’il s’y trouvait des films, qu’il lui était arrivé de regarder avec l’androgyne mais là, toutes les pochettes étaient éparpillées au sol. Il regarda à l’intérieur du meuble et vit une double rangée de DVD qu’il n’avait jamais remarqué. En même temps il n’avait jamais vu le compartiment d’aussi près. Il avança sa main libre et en attrapa plusieurs. Ce qu’il vit lui fit un choc et aussitôt il attrapa tout ce qu’il pouvait trouver : une montagne de film pornos ! Une collection que même lui, adepte de quelques films, n’avait jamais voulu avoir. Maintenant il comprenait pourquoi Bill fermait ce compartiment avec une clé que seul lui avait.

La majorité des pochettes présentaient des films pour la plus part, hard. Des trucs surement atroce à subir pensa-t-il, bouche bée. Et alors il comprit, ou presque. Il se releva difficilement et tituba un peu. Ce qu’il leur était arrivé… ce que Bill avait fait. Ses agissements… Peut être qu’au fond, ce n’était pas forcément la faute de Bill. Peut être même qu’il était pardonnable. Sous cette pensée Tom s’affala dans le canapé libre, la pochette de DVD toujours en main ; mais d’où pouvait bien venir cet amour pour la pornographie ? C’est vrai quoi, lui, ado, avait regardé à plusieurs reprises ces vidéos interdites aux mineurs mais ils avaient toujours su faire la différence entre les films et la réalité. Oui ça lui était arrivé de coucher avec des filles d’une façon qui aurait pu s’apparenter à ces cours-métrages mais au-delà de ça il avait eut de sérieuses relations, des amours véritables.

Il semblait là que Bill ait la vision complètement erronée. Parce que oui, si pour Bill le porno c’était tout, alors forcément, ses actes, sa façon de faire –par amour même- ne pouvaient en aucun cas être saints.

Il reporta son regard sur l’homme endormi à côté… Forcément, Bill ne pouvait qu’être corrompu, une personne aussi parfaite que lui ne pouvait pas être ainsi d’elle-même.
Il souffla, demain, ils devraient avoir une discussion.

Il se releva, rangea parfaitement les DVD pornos dans le fond, puis les films normaux sur le devant. Il prit soin de refermer la petite porte et projeta son regard sur les environs. Aucune clé à l’horizon. Il la chercha avec minutie, en vain.

« Tant pis. »

Il retourna en suite son attention sur Bill. Il lui retira doucement la bouteille de la main et alla en jeter le fond dans l’évier avant d’en jeter le cadavre dans leur bac de verre. Il revint ensuite à l’androgyne et l’observa un instant. Mmh… maintenant il pourrait le pardonner, oui surement… lui apprendre peut-être, l’amour : le vrai.

Il se pencha et passa un bras sous sa nuque et sous ses genoux avant de le soulever comme une princesse. Ce n’était pas très compliqué, Bill était si maigre depuis quelques mois, c’était un jeu d’enfant de le porter. Il l’emmena alors dans sa chambre où il l’allongea sur le lit avant de luis retirer doucement ses vêtements, posant tee-shirt et jean sur une chaise, il entendit un tintement et regarda le sol : la clé !

Tout sourire il l’attrapa et la mit dans sa poche, voilà qui allait servir. Il retourna auprès d’un Bill toujours profondément endormi et il passa les draps sur son corps à demi-nu.

« Bonne nuit… » souffla-t-il pour l’androgyne avant de lui embrasse doucement le front.

Il ressortit et ferma la porte derrière lui. Il alla fermer le placard à DVD avec la clé, éteignit tout le salon avant d’aller se coucher, plus tranquille que d’habitude. Il faudrait juste qu’il discute avec Bill… c’était la meilleure solution pour régler le problème mais au moins, tout était plus clair dans sa tête.
[…]
« Putain mais elle est où ?! » pleurnicha Bill au bord de la crise.

Sa journée avait été pourrie ; d’abord il s’était réveillé avec un mal de crâne pas croyable, d’ailleurs il ne se souvenait pas de ce qu’il avait fait la veille ni de son coucher. Son seul souvenir était d’avoir ouvert la bouteille d’absinthe et de s’être tapé plusieurs bons films de sa collection. En suite il s’était levé si tard qu’il était arrivé en retard de deux heures au boulot ; nous étions samedi, il aurait dut commencer à neuf heures. En suite, le boulot justement l’avait d’abord épuisé puis agacé : à croire que toutes les cruches de la ville s’étaient donné le mot pour venir lui faire du rentre dedans. Ca ne se voyait pas assez qu’il était gay ?!

Du coup il venait de rentrer et n’avait qu’une envie : décompresser devant un DVD. Tom n’était pas la après tout, il n’était plus là depuis longtemps les samedis soir.

« Aaaaah… » cria-t-il, sur les nerfs.

Impossible de remettre la main sur sa clé et ça le foutait en rogne, il ne se souvenait même pas ce qu’il en avait fait la veille.

« Clé !!! » commença-t-il à chouiner. « Clé, t’es où ?! »

Il était vraiment à bout. Parce que ne n’était clairement pas dans ses habitudes de parler à un objet, promit.

« Ici ! » fit une voix, derrière lui.

Il sursauta, étouffant un cri de surprise avec sa main et se retourna. Tom. Tom était là, la clé à la main. Un choc dans les deux cas : sa clé était à la portée de quelqu’un d’autre, Tom s’adressait à lui, pour la première fois depuis longtemps.

« C’est elle que tu cherches hein. » sourit-il, contente de son effet.

Bill resta mué et statufié, il ne savait plus où se mettre. Et puis, Tom n’aurait jamais dut être là, on était samedi : jour de sortie.

« Bien… » fit Tom en s’approchant. « Il faut qu’on parle, tu t’en doutes. Assieds-toi. »

Il lui indiqua le canapé et l’invita à s’assoir près de lui.

« Soyons clairs : j’ai vu ce que contenait ce petit placard. J’entends là que j’ai vu tout ce qu’il contenait. » dit-il en insistant sur le « tout ».

Bill restait silencieux, n’osant pas vraiment le regarder ;

« Et je crois que j’ai compris. Je veux dire, je pense comprendre pourquoi tu as agis ainsi avec moi et je pense que je peux te pardonner sur tu m’expliques tout ça.

- Je… je n’ai rien à dire.

- Oh que si Bill ! Ce n’est pas normal d’avoir autant de films, ni que ces derniers soit aussi… spéciaux. » dit Tom, la voix plus dure et Bill soupira.

« Je ne vois pas où est le problème.

- Tu ne vois pas où est le problème ?! Le problème il est que ta vision des choses est totalement erronée. Et je comprends maintenant pourquoi tu dis m’aimer alors que tu agis comme le premier des pervers sexuels.

- Je ne suis pas un pervers sexuel ! » s’écria l’androgyne.

Il aimait juste les bonnes choses et il n’y avait aucun problème à cela. Tom rit : le dénie, bien sur.

« Non, mais je crois que ces vidéos t’ont totalement monté la tête ! Tu sais… » ; il prit une pause. « Il n’y a pas que le sexe dans la vie.

- Je sais ça ! » siffla l’androgyne.

Il avait l’impression d’être un gosse que l’on réprimande, et pour le coup ça ne lui plaisait pas. Tom pouvait le critiquer, mais pas ses vidéos, pas le sexe.

« Non, t’as pas l’air de savoir ! Je veux dire, l’amour, ce n’est pas le sexe. Enfin, ce n’est pas que du sexe. Ce n’est pas ce sexe là ! Bordel Bill, tu ne comptais pas m’aimer comme dans ces putains de pornos hein ?! C’est pour ça que t’es venu me faire ça hein ! Parce que tu crois qu’on n’est proche de quelqu’un uniquement par ce biais là hein ?! » dit Tom en haussant la voix : c’est ce qu’il avait comprit.

Et il avait tout juste.

« Tu devais aimer ça ! » geint Bill. « Tu aurais dus !

- Non mais… Bill, tu t’entends là ?! » ; il attrapa l’androgyne et le secoua par les épaules. « Ca ne marche pas comme ça bordel ! Bill ouvres les yeux merde ! Une relation n’est pas basée sur le cul quand y’a de l’amour Bill. Le… le sexe comme ça, c’est mal ! Je… je sais pas comment t’expliquer. Les films ne sont pas la réalité.

- Pourtant tout le monde ne veut que ça. Les gars n’en n’ont que pour les culs.

- C’est faux Bill. Moi je n’en ai pas que pour le cul.

- Ah oui ?! » siffla le photographe. « Et toutes ces filles que t’a ramené un samedi soir et que t’as gentiment sauté dans ta chambre, c’était pour leur dire je t’aime ?! »

Tom soupira, baissant la tête.

« Il est clair que je ne fais aucun remake de porno hard avec elles au moins. Bill il y a trois choses dans la vie ; le porno qui est fiction Bill, ça existe mais ce n’est pas l’essentiel. Puis le plaisir, les coups d’un soir où l’on s’aime pour une nuit. Parce que oui c’est de l’amour. On ne fait pas ça comme un boucher, justement on montre toute la passion et le désir qu’on puisse donner. Puis l’amour, le vrai Bill. Ca c’est la tendresse, c’est ce donner corps et âme à la personne élue pour. Ce n’est en aucun cas une baise brutale et tortionnaire. »

Bill ne dit rien, mais il détourna le regard. Tout ça le mettait mal à l’aise en fin de compte. Tom donnait tellement l’impression de savoir de quoi il parlait. Ces choses sur l’amour et la passion… la tendresse même, Bill ne connaissait pas.

« Bill regardes-moi. » dit Tom en attrapant le menton de l’androgyne.

Il le tourna vers lui et se rapprocha, tout près. « Si près. » pensèrent-il en cœur.

« La vérité est que je t’aime Bill… je t’aime réellement en fait. » souffla-t-il et l’androgyne écarquilla les yeux. « Je t’aime sincèrement, corps et âme mais jamais je n’ai imaginé nous mettre dans un scenario porno. Jamais je n’ai envisagé le fait de venir te toucher en pleine nuit. Pourtant ça n’enlève rien au désir que j’ai pour toi Bill. »

Il mordilla son piercing et Bill souffla plus fort, il aimait terriblement ce que lui disait Tom ;
« C’est vrai, t’es terriblement désirable et j’ai eu envie de te sauter dessus pleins de fois. Mais pour qu’on partage quelque chose de bon et fort. Pas de brute et dégueulasse. Et… » il marqua une pause durant laquelle il détourna le regard avant de l’encrer à nouveau dans celui de Bill. « Tu n’aurais pas agis comme tu l’as fais j’aurai peut-être agis. En fait je suis quasi certains que je l’aurais fais mais là…

- T’es sérieux ?! » souffla l’androgyne, de manière quasi imperceptible.

« Oui je suis sérieux Bill. Tu n’imagines pas à quel point tout ça m’a peiné. J’étais réellement déçu, perdu et chamboulé. Mais… je pense que je peux te pardonner. Je crois même que c’est déjà fait. Je veux juste comprendre d’où te vient cet amour de la pornographie… ça vient forcement de quelque chose. Je n’accepte pas de croire que tu sois de toi-même ainsi. »

Ils se regardèrent puis Bill baissa les yeux alors que le silence se faisait, et pas des plus agréable bien que d’un côté il permit aux deux de reprendre leurs émotions.

« Mon beau-père… » dit finalement l’androgyne, brisant le silence.

« Ton beau-père ?!

- Je… j’étais petit et puis je suis tombé sur une de ses vidéos. Tu sais, j’étais curieux et puis, ça semblait si réel. Puis une nuit aussi, je l’ai surpris dans la cuisine avec ma mère. Il la sautait sans ménagement et elle avait l’air d’aimer, elle gueulait comme cette fille dans le film alors… j’ai compris que c’était normal. Donc j’ai continué à regarder ses vidéos. Sa collection était si grande. La mienne n’est rien à côté. »

Bill se mordilla la lèvre. Ouais, tout ça paraissait si normal à ses yeux. N’était bon que ce qui était brutal.

« Puis y’a eut ce jour où il m’a prit à part et il m’a dit qu’un homme qui faisait bien les choses était un homme fort. Que bientôt je connaitrais les choses de grands, que je devais être virile. Que je devais toujours avoir la tête haute et il a rajouté qu’un homme qui sait culbuter une femme comme il faut en est un bon. »

Tom ouvrit grand les yeux : cet homme était réellement un grand malade oui ! Dire ça à un gosse ?! Pauvre Bill, ce n’était clairement plus ça faute. Il n’avait que subis les paroles d’un adulte. Mais aussi les images qu’il n’aurait jamais dut voir si tôt.

Pauvre Bill.

« Ton beau père est un gros con oui. Il a totalement tord. Je suis désolé que tu ais eut à subir sa connerie. Le porno, ce n’est pas la réalité. La douceur est celle de l’amour. L’amour est vrai Bill. » souffla Tom en s’approchant à nouveau.

Il passa une main sur la joue de son homologue et les rapprocha encore.

« Je t’aime Bill, j’aimerai tellement que les choses se fassent entre toi et moi. Mais tu ne dois pas penser à ses choses là. Ce ne sont que des conneries. Ce n’est pas la réalité. » répéta-t-il, frôlant les lèvres de Bill.

« Montre la moi…

- De quoi ?! » s’étonna Tom, soudain il eut l’impression d’avoir parlé dans le vide : Bill n’en n’avait que pour sa queue.

« La réalité… » souffla-t-il. « Je ne la connais pas, montres-moi. Prouves-moi qu’il n’y a pas que ça. »

Il indiqua la clé du doigt et fixa les lèvres charnues de Tom.

« Parce que je t’aime, et que si tu m’aimes alors montre moi l’amour, le vrai puisque tu dis que le miens est fa-. »

Mais Bill ne put terminer sa phrase puisque Tom venait de coller leurs bouches.

« Mmmh… » geignirent-ils en chœur.

Ils s’embrassaient… et c’était bon. Ils le voulaient depuis si longtemps ;

« Je vais t’apprendre Bill. Tu comprendras combien c’est bon et combien toutes ces cochonneries ne valent rien à côté. »

Et il fit basculer Bill sur le divan, l’embrassant à nouveau avec tout l’amour qu’il ressentait.
[…]
Leurs corps étaient entrelacés ; ils venaient de tomber maladroitement sur le matelas de Tom et ce dernier surplombait l’androgyne avec délectation. Ils venaient de passer plus d’une heure à se bécoter dans le salon et à discuter aussi. De tout ; de l’enfance de Bill, des relations quasi inexistantes de Tom –et alors ce dernier avait découvert contre toute attente que l’androgyne était vierge. Ils avaient parlé de la famille de Bill également, des relations de Tom aussi et des amours qu’il avait quelques fois connu.

« Non Bill… » siffla Tom en écartant ses bras de l’androgyne au dessus de sa tête ; « laisses-toi faire, en douceur. »

Le brun avait commencé à malaxer les fesses du tressé tout en appuyant leur bassin mais Tom voulait tout gérer. Cette fois-ci et pour la première fois Bill devrait tout ressentir : l’amour et la tendresse. Il n’était en aucun cas question de bestialité. Comme il lui avait expliqué, on pouvait baiser comme des bêtes et réalisé pleins de fantasme –dans la limite du normal évidement- mais pour cette première fois, ce ne devait pas être le cas. Il voulait mettre Bill en transe avec sensualité.

Il se pencha et embrassa avec douceur l’androgyne qui se laissa fondre dans sa bouche. Rien que le baiser était bon : tendre et passionné à la fois.

« Ne soyons pas brutaux. » souffla l’étudiant et dérivant sa bouche dans le coup diaphane à sa portée.

Il le lécha, le mordilla légèrement puis remonta au lobe d’oreille qu’il lapa subtilement et Bill couina sous ses attentions. C’était vraiment… « Bon ». Tom traina un moment sur cette partie avant de descendre du le haut du torse, à la limite du tee-shirt. Il le suçota encore et Bill couina de plus belle ;

« Mmmmh… voilà une zone sensible. » sourit le tressé en aspirant la peau sans tenter de la marquer pour autant.

Il lâcha les bras de son nouvel amant et descendit ses mains vers le bas pour soulever le haut de Bill qu’il lui retira sans cérémonie.

« Sens ça… »

Il colla sa bouche au téton droit et le téta avec délectation sous les fins gémissements de Bill. Tout était vraiment doux et Bill s’en étonna quelque peu. Jamais il n’aurait cru ressentir ça. Ce fut de même avec le téton gauche alors que les mains de Tom passaient dans son dos pour le caresser le long de la colonne vertébrale.

« Mmmh… » émit Bill et Tom sourit ; le dos était généralement une zone érogène et il fut satisfait de remarquer que c’était le cas pour Bill aussi.

Bill se cambra sensiblement et son amant eut autant plus d’espace pour prodiguer ses caresses ;

« Tu aimes ?

- Oui… » siffla l’androgyne en frissonnant rien qu’au ton voluptueux qu’avait usé Tom pour parler.

Ce dernier sourit et se redressa à califourchon sur le bassin de l’adulte. Il retira son propre tee-shirt puis les débarrassa tant bien que mal de leurs pantalons avant de venir se coller de tout son long à Bill qui en gémit. Ils étaient tous chauds, la peau de Tom était si douche. Les mains reprirent leur place et Tom commença à se frotter langoureusement au corps androgyne. Avec subtilité il fit rencontrer leur bassin, il maitrisait bien la chose apparemment.

« C’est si bon… » couina Bill alors que leurs boxers se frottaient encore avec délicatesse.

« Tant mieux » répondit Tom en l’embrassant à nouveau, à pleine bouche, avec plus de passion.

On aurait dit que leur corps dansaient, en chœur. C’était tellement sensuel, ils montaient toujours un peu plus haut dans l’excitation, le désir… le plaisir. Puis Tom délaissa sa bouche et descendit avec langueur sur son torse où il traça un chemin invisible et humide jusqu’à son nombril. Il y fit pénétrer sa langue et Bill couina encore. C’était si peu, mais si délicieux. Son ventre se contracta et Tom en sourit, les sensations étaient terriblement forte pour l’androgyne qui découvrait tout à chaque seconde et le tressé fut heureux d’en être la cause.

Il plaqua ses mains aux hanches osseuses de son compagnons et fit glisser son boxer que le brun retira ensuite par lui-même à l’aide de ses pieds.

« T’es beau… » souffla Tom près de son pénis érigé.

Bill était réellement bien fait et Tom n’attendit pas plus pour accrocher sa bouche au gland rougi.

« Han ! »

Bill cru perdre la tête, c’était… de plus en plus délicieux. Tom faisait les choses tellement bien. Bientôt il se sentit presque entièrement engloutit dans la cavité buccale de l’étudiant et se cambra violemment en gémissant. Tom montait et descendait sur lui, tranquillement, savourant lui aussi le plaisir d’avoir Bill en bouche. Pourtant bientôt il sentit deux mains s’accrocher à sa tête pour le faire bouger plus vite et il grogna en les retirant ;

« Non Bill. Pas comme ça.

- Mais… Tom… j’en peux plus ! » geint Bill en relevant la tête en en tombant nez à nez avec le regard noir de désir de l’étudiant.

« Je sais, mais laisses-toi aller. Profite juste. Il ne faut rien brusquer. » répondit Tom en déposant un baiser sur sa verge.

Il lia leurs mains, entrelaça leurs doigts et continua à embrasser Bill ainsi. Des dizaines de baisers papillons furent déposer sur le pénis avant qu’il ne recommence à le sucer, avec toujours autant de lenteur. Bill défaillait complètement, sa tête se tournant de gauche à droite. C’est trop bon, mais il fallait plus.

« Tom… fait quelque chose ! » geint-il, sanglotant presque alors qu’il était au bord de l’implosion.

« Ca vient Bill… »

Et il se décida à le sucer avec plus d’ardeur, creusant astucieusement les joues en montant et descendant sur le sexe humide et tendu à l’extrême. Puis il le délaissa, et remonta à la bouche rouge de Bill qu’il embrassa à nouveau, tendrement. Il se remit à genoux au dessus du brun et fit descendre lentement son boxer avant de le retirer complètement et de revenir s’appuyer contre lui.

« Haaan… » gémirent-t-ils à l’unisson.

Et ils se frottèrent langoureusement l’un à l’autre, Tom stoppant parfois le brun qui s’emballait de trop.

Parallèlement il descendit une main sur Bill et le branla un peu, avant d’aller caresser ses testicules –ce qui fit sangloter Bill de plus belle. Puis sa main descendit plus bas et un doigt vint appuyer contre l’anneau de chaire refermé.

« Tu veux ? » souffla-t-il dans le creux de l’oreille.

« Ouiii… » couina Bill avançant son bassin sans faire exprès.

Tom sourit et se pencha vers le côté, laissant la partie basse de l’anatomie de Bill pour ouvrir le tiroir de sa table de chevet. Il y prit son tube de lubrifiant et une capote de la même marque avant de revenir sur le brun. Il déposa l’emballage plastique sur l’oreiller à côté et ouvrit son tube pour faire glisser le liquide sur sa main.

« Refermes-le s’il te plait. » demanda-t-il à Bill qui s’exécuta avec fébrilité.

La main retourna entre ses cuisses et il sentit le produit froid s’étaler sur son cul alors que quelques doigts le malaxaient doucement.

« Han ! » émit-il bientôt en sentant un doigt s’infiltrer en lui.

C’était… étrange. Vraiment étrange. Mais pas désagréable pensa-t-il. Et ce fut d’autant plus le cas quand le doigt se mit à faire des allers-retours en lui avant de tournoyer un peu. Tom cherchait sa prostate et la tache ne fut pas compliqué puisque bientôt il trouva la petite bosse sur la paroi et Bill gémit de plus belle.

« Gott ! »

Tom s’appliquait à appuyer dessus, donnant une vision trouble à son amant, entrecoupée de flash blanc.

« C’est trop… » geint Bill en se cambra toujours plus.

Tout son dos formait un arc improbable alors que sa tête s’enfonçait toujours plus dans l’oreiller. Tom baissa la tête et lécha le bout du pénis de Bill qui trembla sans ménagement. Un deuxième doigt entra en lui, puis un troisième plusieurs minutes après. Il n’y avait rien de douloureux, c’était vraiment bien fait. Il sentait juste ces doigts entrer et sortir de lui, frotter toujours plus son point G principal et cette langue taquiner son gland comme on se délecte d’une sucette.

« Tooom. » gémit-il. « J’en peux plus. »

Le tressé arrêta alors ses activités et remonta sur le corps en sueur de Bill. Il essuya sa main sur le drap et embrassa son amant avec amour.

« Ca t’a plus ?! » demanda Tom en caressant son nez du siens.

« Oui… » soupira Bill en caressant sa joue. « Merci. »

Ils s’embrassèrent à nouveau, passionnément, recommençant à se frotter l’un à l’autre ;

« T’es prêt pour la suite ?

- Oui… »

Tout n’était que chuchotement et tendresse. Bill s’en souviendrait à jamais.

Tom lui mit le tube de lubrifiant dans la main et lui intima de le lui mettre et Bill s’exécuta. Il mit une bonne dose dans sa main et la frotta de l’autre, chauffant comme il fallait le produit. Puis Tom se redressa, encore à califourchon sur son androgyne et ce dernier amena ses mains au pénis érigé devant lui. Tom était battit comme il fallait et Bill fondit sous la vision : lui au dessus, ses muscles saillants à porté de mains, son torse bien taillé, son sexe plus gros qu’il n’aurait osé l’imaginé. C’était magnifique pour les yeux. Un vrai délice.

Il glissa finalement ses doigts lubrifiés le long du pénis sur lequel il se concentra à nouveau puis appuya plus franchement dessus, le branlant des deux mains avec minutie.

« Mmmmh… » fit Tom, basculant la tête vers l’arrière, les attentions de Bill sur lui était terriblement bonnes.

Et l’androgyne s’appliqua comme il fallait, s’obligeant à freiner l’ardeur dont il était empreint. Il avait comprit qu’il ne devrait rien brusqué comme Tom le voulait.

« C’est bien… » dit ce dernier avant de stopper Bill. « Mais évite de me faire jouir. » sourit-il.

Il se pencha et attrapa à tâtons le condom abandonné tout en embrassant encore tendrement son amant. Bientôt la capote fut mise en place et leurs corps aussi. Tom s’était glissé entre les jambes largement écartées de Bill, ses bras passaient sous ses genoux et ses mains s’étaient bien accrochées aux hanches de l’androgyne. Ils s’embrassèrent à nouveau et tout en s’infiltrant dans l’intimité de Bill, avec une douceur non refreinée, il lui dit encore une fois « Je t’aime ». Le chuchotant comme un doux secret à garder.

La pénétration n’était pas douloureuse pour Bill. Tom l’avait si bien préparé et malgré son amour maladif pour la violence et le plaisir douloureux, il apprécia le fait. C’était magique. Bientôt Tom arriva au fond, appuyant doucement contre le coccyx ;

« Je t’aime aussi… » susurra Bill, les yeux mi-clos en se redressant sur ses coudes.

Ils s’embrassèrent en surface puis se séparèrent lorsque Tom débuta le retour avant de commencer des va-et-vient bien rythmés, délicieux, langoureux. Bill fondait sous lui, ressentant toutes ces nouvelles choses : l’amour, la tendresse et le plaisir alors que le pénis en lui frotté contre sa prostate à chaque mouvement et que le gland de Tom taper subtilement son coccyx à chaque fois qu’il arrivait à la garde.

Pour la première fois de sa vie Bill faisait l’amour, pour la première fois de sa vie il s’abandonnait à un être par amour. Pour la première de sa vie il ressentait pleinement la douceur ; et il adorait ça. Il était quasi certains que cela valait mieux que quoi que ce soit de brutal. Et il avait raison.

Leurs corps n’étaient que plaisir, soupires et « je t’aime » chuchotés. Ils débutaient pleinement leur relation, de la plus belle manière qu’il soit. Ils ne faisaient qu’un pour la première fois. Pour la première d’une longue série d’ébats qui suivrait tout le long de leur relation. La relation d’une vie. L’amour véritable.

Ils s’aimaient vraiment, à jamais. Bill le sut, et se le promit lorsque plus tard, il vint à bout de son excitation, touchant les étoiles. Il le sut lorsque Tom vint aussi en lui, que leurs corps se collèrent pour ne plus jamais se séparer.

Tom aussi le savait, Bill était la personne qu’il lui fallait et il lui apprendrait l’amour aussi longtemps que sa vie le lui permettrait.

Jamais il n’aurait cru cela possible. Jamais il n’aurait pu trouver un meilleur colocataire. Et dans un baiser tendre, comme une promesse silencieuse, ils s’offrirent l’un à l’autre pour la plus longue cohabitation de leur vie.
« Je t’aime Tom.
- Je t’aime aussi Bill.
»

« Faire l'amour n'est pas ne faire qu'un, ni même deux, mais faire cent mille. »

Fin.

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MessageSujet: Re: Le sexe c'est mal, de May   Ven 6 Aoû - 11:45

Demande de Tulipe
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MessageSujet: Re: Le sexe c'est mal, de May   Dim 15 Aoû - 13:29

j'ai bien aimé cet os.
j'aime l'idée de la double facette de Bill: parfait/pervers.
Et Tom qui lui apprend l'amour, j'aime *-*
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MessageSujet: Re: Le sexe c'est mal, de May   

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Le sexe c'est mal, de May
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