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 I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett

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Chachouille
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MessageSujet: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 12:42

I’m glad I didn’t die before I met you,
par Clarinett

Bill referma son cahier de maths. Il était près de deux heures du matin, et la maison était complètement silencieuse.
Il éteignit la lumière de son bureau, et passa son sweat au-dessus de sa tête. Il entendit un peu Lisa chouiner dans la chambre d’à côté, et s’arrêta, immobile quelques instants. Quand il fut certain que sa petite sœur ne se remettrait pas à pleurer, il enleva son jean, et se glissa sous les couvertures.
Dès que ses yeux se furent habitués à l’obscurité, il remarqua que les volets n’étaient pas fermés ; il voyait nettement les différents posters chiffonnés de Jaded Fly, placardés sur tous ses murs.
Il sourit doucement en pensant au concert qui approchait, avant de fermer les yeux et de s’endormir tout de suite.

*

« T’as réussi toi ? » demanda Lorelei, en cherchant son paquet de cigarettes au fond de son sac.
« Mouais, je ne sais pas trop. J’avais bien révisé pourtant, mais y a des trucs qui m’ont échappé à la fin » grimaça Bill, en allumant sa cigarette, une Pink Elephant.
Ils venait tout juste de sortir d’un contrôle de maths de deux heures, et Bill avait failli s’endormir sur sa feuille.
« Enfin, on verra bien ! » sourit la jeune fille. Ses longs cheveux blonds ondulaient un peu, et ça faisait comme un soleil autour de son visage. Elle avait de grands yeux bleus soulignés de noir, un bleu océan dans la nuit. Un peu comme si elle était toujours cette sirène qui perdait les marins.

« Salut les enfants ! » chantonna une jeune fille rousse en s’approchant d’eux. « Comment que vous allez bien ? ». Elle claqua deux bises sur les joues de ses amis.
« Silke toujours de bonne humeur » rit Bill.
« En même temps, quand on a pas fait le contrôle de maths ! » sourit malicieusement Lorelei.
« Roh, ça va, on dirait ma mère » bouda Silke. « De toute façon, l’année prochaine, je fais plus de maths alors… » dit-elle en haussant des épaules. « Dis, quelqu’un a pas une cigarette ? » demanda-t-elle, en battant des cils.
Bill lui en tendit alors une. « J’avais bien prévu que t’aurais pas de quoi tenir ! » sourit-il.
« T’es trop gentil toi, tu sais ? » sourit Lorelei.
« Mais c’est pour ça qu’on t’aime ! » s’exclama Silke en l’embrassant sur la joue.

Il sourit, et tira sur sa cigarette en regardant ses amies qui se chamaillaient à propos laquelle d’entre elles aimait le plus Bill. C’est Silke qui gagna, quand elle pinça la taille de son amie, en plaquant une main sur sa bouche. Quand Lorelei put se libérer de son amie, elle avait les cheveux tout ébouriffés.
« Regarde- moi ça, j’ai les cheveux dans tous les sens, juste comme toi ! » râla-t-elle, en désignant les cheveux de Silke. Ils étaient courts, bouclés, roux flamboyants, et la jeune fille ne les coiffait que deux fois dans l’année.
« Mes cheveux ils sont très bien ! » s’exclama-t-elle en croisant les bras. « Et puis, d’abord- » La sonnerie qui annonçait la reprise des cours sonna, et personne n’essaya d’écouter ce que disait la jeune fille.

Ils rentrèrent dans le lycée, et attendirent quelques minutes pour rentrer dans la salle de SVT. Bill allait fermer la porte derrière lui quand soudain, une main se posa sur son poignet.
« Putain, attendez-moi ! »
Silke fronça les sourcils « Moi, au moins, j’arrive pas en retard ! »
Andreas lui tira la langue, et dégagea d’un coup de tête sa mèche blonde qui lui tombait devant les yeux.
« Mon réveil a pas sonné, ma mère m’a pas réveillé. » grommela-t-il en s’installant à côté de Bill. « Et en plus, j’ai raté mon bus ! »
« Mon pauvre Andreas ! » ricana Silke derrière eux.
« Roh, mais tais-toi ! Espèce de carotte va ! »
Bill et Andreas se retournèrent d’un seul mouvement pour voir Silke la bouche ouverte, et Lorelei, très fière de lui avoir bouclé le bec –pour une fois.
« Je vous dérange peut-être ? » leur demanda soudainement la prof.
Les deux garçons se retournèrent et s’empressèrent d’ouvrir leur livre à la page indiquée, tout en réprimant un fou rire.

*

Lorelei avait posé sa tête sur le ventre d’Andreas quand Bill et Silke revinrent du Macdo à côté du parc. Il faisait beau en ce début de mois d’avril, et ils avaient profité de leurs quatre heures de pause déjeuner pour lézarder au soleil.
Ils déposèrent les sachets de restauration rapide food sur la pelouse, Lorelei se fit éjecter du ventre de Andreas, et ils mangèrent leur hamburger en se chamaillant les uns les autres.

« Vous imaginez pas comment je suis pressée d’être l’année prochaine, et plus jamais avoir à réviser des maths, ou de l’svt ou je sais pas quoi nécessitant une calculette ! » soupira Andreas en posant son cahier de chimie sur la pelouse.
« Oh yeah ! Section littéraire mon pote ! » s’exclama Silke. Elle commença une –stupide- danse de la joie, avant que Bill ne l’attrape par le poignet pour l’arrêter.
En effet, ils n’étaient qu’en seconde, et le programme scientifique était très lourd. Et ils étaient tous plus ou moins réfractaires à ces disciplines –même si Lorelei s’en sortait très bien.
Andreas se laissa tomber en arrière en baillant, suivi de près par Bill. Et tandis que Silke dépeçait une marguerite de ses pétales, Lorelei releva la tête, et regarda ses amis en souriant.
Andreas chantonnait doucement, les yeux fermés, et son teeshirt blanc reflétait le soleil. Au contraire, Bill, de noir vêtu, ne bougeait pas d’un poil. Ses yeux fermés et maquillés faisaient comme deux taches sombres sur son visage, et son teeshirt noir à tête de mort rouge se soulevait uniquement au rythme de sa respiration.
Et elle se dit que si ces deux garçons n’étaient pas ses amis (et surtout pas gay), elle aurait flashé depuis longtemps sur eux. Elle entreprit alors de les départager. Lequel choisirait-elle ? Andreas était un peu trop extraverti, un peu trop bruyant, tandis que Bill était posé, calmé, réfléchi et très doux. Mais son corps était comparable à une allumette ; c’était un très grand garçon qui ne savait pas toujours quoi faire de ses bras, alors que de là où elle était, elle pouvait très bien voir les pectoraux d’Andreas sous son teeshirt.
Elle secoua la tête en souriant ; elle n’aurait jamais pu faire un choix si elle avait dû, elle aurait pris les deux, pardi !

« Oh, putain, putain, putain, Loreleil, regarde, y a Lies qui vient d’arriver ! » s’exclama soudain Silke en gloussant.
Andreas ouvrit alors un œil tandis que Bill se redressa. Le soleil l’éblouissait, alors il chercha une paire de lunettes de soleil dans son sac.
En effet, Lies venait d’arriver avec tout son groupe d’ami. C’était un grand type en Terminale, qui portait terriblement bien la barbe de trois jours, qui s’habillait toujours avec des fringues géniales, et ses cheveux un peu trop longs tombaient devant ses yeux bleu clair.
Et toutes les filles étaient béates devant lui.
Il faisait partie de ces mecs que tout le monde connaissait. Il n’y avait pas d’histoire de réputation comme dans tous ces lycées américains, mais il n’empêche que tout le monde le connaissait, savait qui il était.
Et tout le monde connaissait ses amis.
Les quatre adolescents regardaient les types passer lentement devant eux pour aller s’asseoir un peu plus loin sous un arbre. Lies étendit ses longues jambes, et s’appuya sur ses coudes –ce qui valut un terrible gloussement de la part de Silke et Lorelei- tandis que Georg remettait ses cheveux en place tout en s’asseyant en tailleur, et que Tom, jeta son sac dans l’herbe avant de s’allonger la tête dessus. Ils regardèrent Tom et Lies exploser de rire tandis que Georg les fixait avec un joli sourire.

« Sérieusement, si vous continuez tous les trois comme ça à les regarder, on va se faire cramer ! » ricana Andreas.
« Ose seulement nous dire que tu ne trouves pas Lies trop canon » demanda Silke en fronçant des sourcils.
« Hé, montre pas les crocs ! J’ai rien dit sur eux, juste que vous êtes pas du tout discrets, et putain, Lies nous regarde ! » lança-t-il d’un ton affolé. Il se redressa, passa sa main dans ses cheveux, et explosa de rire.
Bill le regarda en haussant un sourcil. « Tu nous fais quoi à rire tout seul là ? »
« Je fais comme si je rigolais à une de tes blagues, pour qu’on soit genre cool, ou je sais pas. » chuchota Andreas rapidement.
Lorelei hocha la tête l’air de dire « Mais oui bien sûr », et rangea son cahier de SVT dans son sac.
« Bon, vous voulez pas qu’on parle d’autre chose, parce que là, on craint à baver comme des midinettes devant ce mec. Bill, ferme la bouche. »
Celui-ci sursauta, et sourit en regardant ses amis rire. Ces trois mecs étaient juste tellement charismatiques ! Il s’alluma une cigarette en entendant Tom rire plus loin.

« D’ailleurs, vous voulez y aller à quelle heure au concert de Jaded Fly ? Parce que c’est dans deux semaines quand même ! » demanda Bill.
« Sérieux ? Oh putain, c’est passé tellement vite depuis qu’on a acheté les places. » dit Silke.
Ils avaient tous acheté une place pour le prochain concert à Hambourg du groupe allemand le plus connu dans le monde entier. Un jour, il y a presque deux ans, Bill était tombé sur une vidéo de quatre mecs qui chantaient un mélange de hard-rock, de folk, et de heavy métal. Et quand il était arrivé le premier jour du lycée avec un teeshirt du groupe, ils s’étaient fait ses amis tout de suite. C’était un groupe qui avait un très, très bon niveau. Mais ils étaient constamment critiqués par la presse, et par l’opinion public en général ; soit on était fan de ce groupe, soit on le détestait. Alors un mec qui ose porter un teeshirt de ce groupe, ça ne courait pas les rues. (Un garçon maquillé comme Bill ne courait pas les rues non plus, mais ça c’est autre chose.)
Au mois de septembre, ils s’étaient donc tous rendus à Hambourg pour le dernier concert de leur tournée européenne. Là, ils étaient revenu de leur tournée américaine, et ils démarraient leur premier concert dans leur ville natale, à Berlin.
« Bah je sais pas… J’aimerais bien avoir un premier rang j’avoue, pour cette première date », grimaça Andreas.
Lorelei hocha la tête. « Ouais, au moins une fois, ça serait cool. »
« Ça vous dit, on dort la veille là-bas ? » demanda Bill.
« Sérieux ? » s’exclama Silke en écarquillant les yeux.
« Bah on arrive, le 19 le matin, on dort sur place dans des tentes, et le concert le 20. Si on veut être bien placés… »
« Bill, mec, t’as eu la meilleure idée de tous le temps là ! » bondit Andreas. « J’ai des tentes chez moi. Et puis, oh oui, ça va être trop bien ! »
« J’ai trop envie, j’avoue. » dit Silke. « Mais j’suis pas sûre mon père sera d’accord ; sécher deux jours de cours, et dormir dehors, ça va pas leur plaire… »
« J’en ai parlé à ma mère hier, et elle est d’accord. Ton père peut toujours appeler ma mère, et puis s’organiser tous les deux. Et toi Lorelei ? »
« Hein ? Ah mais oui, moi y a pas de souci ! » sourit-elle.
« Je vous jure que si je peux pas y aller avec vous, je vous tue tous. » ronchonna Silke.
« Mais non ma belle, tu viens, y a pas moyen. » sourit Bill en prenant la jeune fille dans ses bras. « T’en parles à ton papa ce soir, tu lui dit d’appeler ma mère, et on va se retrouver dans deux semaines semaine, à manger des chamallows emmitouflés dans des sacs de couchages devant le Velodrom’, à être bien crades tous ensemble, à trop fumer, et à glousser en parlant de Shannon et Max, ok ? »
« Oh oui ! » hurla Andreas, et il se jeta sur eux pour faire un méga câlin collectif qui les fit rouler dans l’herbe.

*

« Georg, t’as toujours une tente Queshua de disponible ? » demanda Lies.
« Nan, elle a disparu entre temps dans ma cave. » ricana-t-il.
« Ouais bon. Vous croyez qu’on rentre tous dedans ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Au pire, on sera serrés, ça nous réchauffera » répondit Tom, un sourire malicieux lui soulevant le coin gauche des lèvres.
« Oh toi et tes remarques salaces ! On est pas tous bi mec ! » grimaça Georg.
« Fais ta chochotte, on va s’éclater ! » sourit Tom en sortant sa guitare de son étui. « Allez, un p’tit From Outer Space pour se mettre dans l’ambiance ? »
À ce moment-là, ils entendirent quelqu’un hurler à côté d’eux. Une espèce de masse et de jambes roulait sur l’herbe en riant et hurlant. Finalement, quand chacun retrouva son membre, Tom vit le jeune garçon devant qui il était passé tout à l’heure. Il était dans son lycée, et en seconde. Il ne connaissait pas son prénom, mais tout le monde savait qu’il était gay, et il était beau comme un dieu. Non, mieux ; il était l’incarnation de la pureté, le symbole de l’innocence, mais il avait ce regard charbonneux qui incitait aux pires débauches. Il était jeune et enfantin de la même manière qu’il était sensuel et décadent. Tom le vit passer une main dans ses cheveux pour les remettre en place, et il tira la langue à une petite rousse. Il avait la langue piercée bon dieu.
« Eh Tom, les extraterrestres t’ont kidnappé ? » ricana Lies en lui donnant un coup de coude. « Reviens nous from outer space hein !? »
« Hahaha. Vous voulez que je joue ou bien ? »
« Allez beau gosse, vas-y ! » chantonna Georg.

Et sous le soleil, une douce mélodie s’envola.

*

« Mon père a dit oui ! » cria Silke quand elle arriva devant la grille du lycée.
« Oh yeah ! » dit Andreas. « Putain, j’suis juste trop pressé quoi ! »
Bill ricana ; « Tu fais à peine gay quand tu parles comme ça. »
« Moi au moins, j’assume. » sourit Andreas, en plaçant une main sur sa hanche.
Bill marmonna quelque chose d’incompréhensible et tira sur sa cigarette.

Il savait qu’il était gay depuis cette fête l’année dernière où il avait embrassé un garçon pendant toute la soirée. Depuis, la seule idée d’embrasser une fille le rebutait complètement.
Mais le fait que tout le monde le voit avec un garçon était quelque chose qu’il n’envisageait pas. Tout le monde le savait ; c’était un peu écrit sur sa tête, ses manières, son maquillage. Il pensait que porter des jeans taille basse, et des teeshirts noirs comme tous les garçons « normaux » suffirait à cacher son homosexualité, mais ses longs cheveux noirs et sa bouche glossée hurlaient le contraire.
Quand il était en soirée, il se faisait draguer par des mecs, ses amis essayaient de le caser avec un gentil garçon, mais à chaque fois il faisait en sorte pour que le mec s’en aille, parce qu’il n’assumait pas du tout.
Jamais personne ne lui avait fait de réflexion ; on avait essayé, comme Karl ou Ben, mais ce n’était pas très bien vu dans ce lycée d’être homophobes.
C’était juste qu’il n’assumait pas ; il ne voulait pas être étiqueté comme le mec gay du bahut qui se maquille. Alors il faisait tout pour se faire oublier, et faisait de sa vie sentimentale un grand gouffre vide.
Parfois, il avait mal au cœur rien que de penser qu’il était seul. Quand il se regardait dans la glace, il ne se trouvait pas complètement repoussant, et sûrement qu’il pourrait trouver facilement un garçon qui serait gentil, mystérieux, et tendre à la fois. Un artiste tourmenté qui l’emmènerait à l’autre bout de la terre rien qu’en lui parlant dans le creux de l’oreille. Bien sûr qu’il pourrait rencontrer ce type de garçons.
Mais ça hurlait dans sa tête, tard dans la nuit. « Je ne veux pas être gay. » Ou peut-être que le vrai problème, c’est qu’il ne voulait pas avoir mal. « Je ne veux pas être blessé par un garçon » chuchotait la voix dans sa tête.
Alors il restait seul le samedi soir, à jouer avec ses petits frères, et à penser qu’il pourrait être avec un amoureux à ce même moment. C’est plus facile de se faire du mal plutôt que de laisser quelqu’un nous blesser.

*

« Bill ! »
« Ouaiiiiiis »
« Viens s’il te plait ! »
Bill descendit les escaliers en trombe et rentrant dans la cuisine. Sa mère, Simone, donnait le sein à Lisa, la petite dernière de 10mois, et Alex était en train d’hurler à côté d’elle.
« Tu peux t’occuper d’Alex s’il te plait mon chéri. Il est tombé de son vélo dans l’allée »
Bill s’accroupit pour se mettre face à son petit frère de 8 ans et demi.
« Bah alors, on est tombé ? Viens là, on va mettre un pansement d’accord. » sourit Bill en tendant la main à Alex.
Le petit garçon s’essuya les yeux –les mêmes que Bill- et acquiesça. Son grand frère l’emmena dans la salle de bains au rez-de-chaussée et le fit asseoir sur un petit tabouret.
« Où est-ce que tu t’ai fait mal ? Dis moi. »
Le petit garçon hoqueta en parlant « Sur-sur le genou. Ça-ça saiigne. »
« Alors on va mettre du Mercurochrome et- »
« Nan, je veux pas, ça pique ! » pleurnicha Alex.
« Mais non » sourit Bill. « Ça fait pas mal du tout, et si on en met, y’aura plein de petites bêtes dans ton genou ! »
En faisant une grimace, Alex tendit sa jambe et laissa son grand frère le soigner. Bill passa un coton sur la blessure, et colla un pansement avec des dinosaures imprimés dessus.
« Là, comme ça. Maintenant, ça saigne plus, et t’es prêt à remonter sur ton vélo ! »
« Non. » répondit Alex en croisant les bras sur son petit torse. « Il me faut un bisou magique, tu fais toujours un bisou magique d’habitude ! »
« T’as raison » rit Bill. « Un bisou magique pour Alex » Et il embrassa son front. « Allez, retourne dehors ! »
« Tu viens ? » demanda Alex, en relevant les yeux vers son grand frère. « Parce que Lucas il veut que je le pousse sur la balançoire, mais moi j’ai pas envie. Et puis même que Caro elle veut pas jouer avec nous. »
« Allez, on y va ! » dit Bill en poussant légèrement Alex dans le dos pour le faire avancer.

Il sortit de la maison, et Lucas, 5 ans, sauta de sa balançoire immobile pour se jeter dans les genoux de Bill.
« Tu me pousses sur la balançoire s’il te plait ! »
« Allons-y ! Alex, tu fais attention sur ton vélo d’accord ? »
« Oui ! »
Lucas attrapa la main de son frère et le traîna vers la balançoire en lui demandant de le pousser le plus haut possible, pour qu’il puisse toucher les oiseaux.
Et tandis que Bill le poussait –pas trop haut quand même-, il se dit qu’avoir cinq ans c’était tellement simple. Pas d’histoires de garçons, pas de contrôles, pas de concert à organiser. Il sourit rien qu’en pensant que dans moins de dix jours, il serait devant le Velodrom’.

Alors que Lucas hurlait de rire d’aller aussi haut, Caro, 14 ans, passait la porte de cuisine, et se dirigea vers eux. Elle sourit à ses frères, et s’assit sur une balançoire.
« Comment tu vas ? On t’a pas vu de la journée. »
« J’ai un contrôle de maths demain, et y a plein de trucs j’y arrive pas. Ça me soule, alors là, je fais une pause. » soupira la jeune fille. Elle avait de longs cheveux châtains, comme sa mère, et elle ressemblait tellement à Bill. Un jour, leur père avait pris une photo où ils étaient tous les deux morts de rire. Leur mère l’avait faite développée et elle trônait dans un cadre sur le buffet de la salle à manger. À chaque fois que des gens passaient devant, il ne pouvait s’empêcher de remarquer combien ils se ressemblaient.
« Tu veux que je t’aide ? »
« Bah, j’avoue que ça serait pas de refus. Mais t’as pas des devoirs à faire toi ? »
« Eh non, même que j’ai pas cours demain, tous mes profs sont absents ! » sourit Bill.
« Han, j’te deteste. » râla Caro.
« Moi aussi je t’aime ! » ricana Bill.

« Biiiiiiiiiill, arrête de me pousser, je vais tout vomir ! » hurla Lucas alors que ses pieds touchaient presque les feuilles de l’arbre en face de lui.
Bill rattrapa les cordes de la balançoire et arrête tout en douceur Lucas.
« Ça va ? » s’inquiéta-t-il.
« Oui. Caro, il est quelle heure ? » demanda-t-il.
« Euh… 16h30. »
« C’est l’heure de goûter ! » s’écria le petit garçon en sautant de la balançoire.
Bill regarda Caro, et ils explosèrent de rire. L’horloge biologique des enfants était bien réglée.
« Alex, on va goûter, tu viens. » cria Caro en se dirigeant vers la terrasse suivi de Bill et Alex qui tenait fermement la main de son frère.
« Caro, tu me descends ton cahier de maths ? On peut faire ça maintenant, si tu veux. »
La jeune fille acquiesça et disparut par la porte de la cuisine, suivie de près par Alex, Bill et Lucas.

« Alors, les gosses, un chocolat chaud et une pomme ? »
« Ouiii » sourirent les deux enfants. « Tu mets du miel sur la pomme ? »
« À ton avis ? » sourit Bill.
Lucas fronça les sourcils parce qu’il n’avait pas compris, et Alex montait ouvrait déjà la porte du frigo pour sortir le lait.

Dix minutes plus tard, ils étaient tous installés sur les chaises longues en teck, sur la terrasse, un bol de chocolat chaud entre leurs doigts, et une coupelle de pommes coupés en quartier et recouverts de miel à côté d’eux. Caro passa la porte, remarqua que les garçons avaient pris toutes les chaises.
« Et moi, je mets où ? » demanda-t-elle en souriant.
« Là ! » hurla Lucas en montrant sa chaise.
Caro s’installa sur la chaise, et Lucas se colla immédiatement à elle. Elle ébouriffa ses cheveux, et tendit son cahier de maths à Bill.
« Tiens, c’est là. Je comprends rien à Thalès et ses foutues conneries. »
« Han ! Maman, Caro elle dit des gros mots ! » hurla Alex.
Caro lui tira la langue tandis que sa mère apparaissait à la porte, portant Lisa dans ses bras, suivit de près par Gordon, leur père.
« Pas de chamailleries ici. » sourit Simone.
« Alors, les gosses comment ça va ? » dit Gordon en s’avançant.
« Papa ! » s’écria Lucas. En se levant précipitamment pour foncer dans les bras de son père, il oublia son bol de chocolat brûlant qui se renversa sur la cuisse de Bill.

« Aie ! Putain ! » hurla Bill en se levant précipitamment.
« Mon cahier de maths ! » hurla Caro en même temps. Des gouttelettes de lait étaient tombées au milieu de ses formules mathématiques. « Lucas, t’aurais pas pu faire attention ? »
Le pauvre petit garçon s’arrêta en plein élan, et regarda le lait éparpillé un peu partout de ses grands yeux marron. Il se tordit les mains quand il vit Caro, très fâchée, et Bill qui tentait d’éponger tant bien que mal son jean avec un morceau d’essuie tout.
« Je suis déssolé, je voulais pas… Z’ai pas fait exprès. » Ses yeux commencèrent à se remplir de larmes ; son père s’accroupit à sa hauteur et lui chuchota : « Va leur faire un bisou et excuse toi, ils ne sont pas vraiment en colère tu sais. »
Lucas s’exécuta, la tête basse. Caro lui fit un gros bisou et lui ébouriffa les cheveux en le surnommant « petit diable » ce qui le fit bien rire le petit garçon.

Puis quand il se retourna, il vit que Bill avait disparu. Il hurla son prénom, attendit que Bill hurle à son tour, et courût jusque dans la salle de bains pour voir son grand frère mettant de la pommade sur sa cuisse rouge.
« Je suis déssolé tu sais Bill, je voulais pas, je m’excuse beaucoup… » chuchota-t-il, les yeus baissés vers ses pieds.
« Tu vas pas te mettre à pleurer quand même, c’est moi qu’a mal là ! » rit Bill. « Allez viens là, fais moi un bisou magique, ça ira mieux après, je te jure ! »
« T’es pas fâché ? » demanda Lucas en levant les yeux vers son grand frère.
« Mais non, c’est pas grave, il faudra juste faire attention la prochaine fois ! »
Le petit garçon hocha la tête et claqua ses lèvres contre la joue de son frère. « T’as p’us mal maintenant ! » sourit-il de toutes ses dents.
« Non, j’ai plus mal ! » sourit Bill, en se levant. Il allait vers sa chambre pour enfiler un autre pantalon quand soudain, son petit frère l’appela. Il se retourna, et Lucas le regardait avec ses grands yeux marron humides, les mains liées derrière le dos, et un sourire de travers malicieux : « Tu me referas un chocolat chaud quand tu reviendras s’iiiiiiil te plaiiiiiiiiit ? »

*

Le téléphone sonna, et Bill se redressa en sursaut. Son réveil indiqua qu’il était à peine 10 heures du matin, et bordel, on était dimanche. Il tendit la main mollement vers son portable qui vibrait sur la table de nuit et décrocha :
« Qui que ce soit, je vous déteste » grommela-t-il en enfonçant sa tête dans l’oreiller.
Une voix hurla alors dans le combiné : « Demaiiiiiiin, bordeeeeeeel de meeeeeeerde » et la personne raccrocha.
« Je déteste Silke. » grogna Bill.

Il se leva, alluma une cigarette et appela Andreas.
« Yo, Silke t’as appellé aussi ? »
« Ouais. Je déteste cette fille » grogna le blond, à l’autre bout du fil.
« Pire. Bon, tu me rappelles ce soir pour faire l’inventaire ? »
« Ouep, pas de soucis. D’ailleurs, je prends un duvet ou pas ? Ils ont dit qu’il ferait beau demain, et le duvet c’est chiant et- »
« Prends un plaid, et on en parle plus ! » rit Bill. « Bon à tout à l’heure, rendors toi bien » sourit-il, en écrasant sa cigarette sur le rebord de sa fenêtre.
« Ouais, c’est ça, dodo » marmonna Andreas avant de raccrocher.
Bill sourit, en secouant la tête. Ses amis étaient vraiment, totalement fous. Mais heureusement, sinon, il n’irait pas devant le Vélodrom’ à partir de demain matin, 5h02, heure du premier métro.
Il leva le nez vers les posters de son groupe préféré, et sourit en claquant des mains. Un peu plus, et il sautillait sur place de hâte.
Il allait passer deux jours avec ses meilleurs amis à dormir les uns sur les autres, à raconter des conneries, à trop fumer, et à stresser, pour enfin voir leur groupe préféré.
Il retomba en arrière sur son lit, en poussant un soupir de satisfaction face aux journées qui l’attendaient, et il lança sa chaîne hi-fi grâce à sa télécommande. Il ferma les yeux en chantonnant les paroles de Parisian Memories et tout en se laissant bercer par la mélodie, il s’endormit.

*

« C’est bon, tu as toutes tes affaires bébé ? »
« Maman, m’appelle pas bébé » ronchonna Bill en enfilant sa veste en cuir.
« Tu veux que je t’appelles comment ? Tu restes toujours mon grand bébé de 15 ans ! » sourit-elle en l’entraînant dans ses bras. « T’as pensé à prendre un thermos pour ce matin ? Avec du café ? » demanda-t-elle doucement.
« Oui, Maman », soupira Bill. « J’ai absolument tout pris, ne t’inquiète pas. Et de toute façon, le père de Silke vient demain matin pour reprendre nos affaires, et si on a besoin, il pourra nous ramener quelque chose, ne t’inquiète pas. »
« C’est vrai, c’est vrai, je m’inquiète trop », sourit-elle, en passant la main dans ses cheveux pas coiffés. Elle resserra les pans de sa robe de chambre, et ses yeux fatigués étaient plissés quand elle le regarda.
« Tu n’oublie pas de m’appeler régulièrement hein ? »
« Promis ! » Il sourit à sa mère, sa maman tellement géniale qui le laissait dormir en plein Berlin, pour aller voir son groupe préféré. Il ne pût s’empêcher de lâcher sa besace qu’il venait d’enfiler pour se jeter dans ses bras. « Merci » murmura-t-il au creux de son cou.
« Allez, allez, lâche ta pauvre maman, tes amis doivent t’attendre ! » dit-elle, en le poussant doucement vers la porte. « Amuse toi bien surtout ! »
Bill remit son sac –qu’il avait eu du mal à fermer- sur son épaule, et après un dernier signe de main à sa mère, ferma la porte.
Il faisait froid en ce début de matinée d’avril; il était quatre heures du matin, et ils devaient se retrouver à la station de métro Frohnau, au Nord de Berlin, et il y avait environ une demi-heure de transports jusqu’au Vélodrom’, situé à l’Est de la ville.
Bill remit correctement son sac sur son épaule, et enfonça la capuche de son hoodie sur sa tête ; il faisait vraiment très froid ce matin, et malgré l’excitation du prochain concert, ses yeux non maquillés se fermaient déjà tout seul. Il enfonça alors ses écouteurs dans les oreilles, et enclencha le son au maximum ; Turn Around se déclencha alors, et les puissants riffs le réveillèrent, un peu.

Il arriva enfin devant la station de métro ; il n’y avait personne. Un employé le salua tandis qu’il releva les grilles de la station, et un SDF rentra alors se réchauffer dans le tunnel.
Bill sortit une cigarette et s’accouda à la barrière ; ses amis devaient se dépêcher s’ils ne voulaient pas rater le premier métro.
Tout d’un coup, Lorelei apparut, un bonnet enfoncé sur la tête, en dessous de la capuche de son sweat. Elle lui sourit doucement, et sans un mot s’alluma une cigarette.
Andreas fit bientôt son apparition lui aussi ; il portait la tente qui allait les abriter, et il sautillait joyeusement sur l’asphalte en chantonnant.
« Alors, les gens, j’espère que vous allez bien ! » sourit-il en prenant une pause de star.
Il était suivi de près par Silke, qui traînait les pieds. Elle avait le visage emmitouflé dans une énorme écharpe multicolore, et son visage n’en paraissait que plus pâle. Elle adressa un signe de main à ses amis, et descendit les marches qui menaient vers le métro.
Lorelei et Bill écrasèrent leurs cigarettes, et la suivirent sans un mot non plus, en laissant Andreas, l’air abasourdi.
« Mais, mais… Attendez-moi les zombiiiiiiies ! » s’écria-t-il en dévalant les escaliers.

*

Une demi-heure plus tard, ils arrivèrent devant la grande salle. Silke s’était endormie sur l’épaule de Bill pendant le trajet, et il avait dû la prendre par la main pour s’assurer qu’elle ne s’écroulerait pas entre les différentes correspondances. Pendant ce temps-là, Andreas avait babillé joyeusement, en sautillant sur son siège pendant que Lorelei et Bill, qui se partageaient une paire d’écouteurs, regardaient le tunnel par la vitre.
Et quand enfin, ils arrivèrent devant le Velodrom’, caché par le brouillard, Andreas se tut devant l’imposante bâtisse.

« La file d’attente commence là-bas » désigna Lorelei, en montrant des barrières derrière lesquelles se dessinaient déjà deux tentes.
Ils marchèrent doucement, et après avoir gratifier le vigile groggy d’un signe de la tête, Silke se laissa tomber à terre, tandis que les deux garçons se chargeaient de déplier la tente un peu plus loin. Quand elle fut installée, sans un mot de plus, les deux filles s’installèrent dedans et s’endormirent immédiatement.
Bill s’assit en tailleur sur les dalles grises, et s’alluma une cigarette, tandis que Andreas sortait un thermos de café de son sac. Il tendit un verre en plastique fumant à Bill.
« À ces deux jours de folies » sourit-il, en levant son verre.
« À Jaded Fly » rétorqua Bill. Et ils firent tinter leurs verres.

*

Une heure plus tard, alors qu’Andreas somnolait –enfin !- contre la barrière, roulé en boule sur lui même, trois garçons arrivèrent derrière eux. Ils bavardaient joyeusement entre eux, malgré l’heure plus que matinale (quoique le soleil commençait à pointer son nez de l’autre côté du Velodrom’) et leurs nez enfouis dans leurs hoodies.
Bill releva brièvement la tête de son livre (On the Road de Jack Kerouac) pour voir d’où venait ces voix qui venaient troubler le silence du lieu, avant de revenir aux aventures de Sal Paradise et d’augmenter le son de son MP3. Les trois garçons déplièrent eux aussi la tente, et s’installèrent à l’extérieur, à quelques mètres de Bill.

Soudain, une voix se fit entendre plus forte que les autres.
« Tu crois qu’elle va nous dire quoi Reichert quand on va revenir à son cours, vendredi prochain, pour avoir nos notes d’Abitur blanc ? »
« M’en fous, j’espère surtout qu’elle m’aura pas trop saqué cette fois ! »
Il n’entendit pas le reste de la conversation, étouffée dans un rire, mais il releva la tête de surprise ; Mme. Reichert, sérieusement ? C’était sa prof principale !
Il enleva sa capuche qui lui tombait sur les yeux, et son cœur manqua un battement quand il reconnut les trois garçons les plus populaires du lycée ; Lies, Tom et Georg.
Il étouffa un cri, s’empressa de secouer Andreas comme un prunier pour lui chuchoter :
« Merde, merde, merde, Andreas, réveille-toi, bordel, putain. »
« Hum, quoi » grogna ce dernier. « C’est déjà l’heure du concert ? » demanda-t-il d’un ton groggy.
« T’es con. Nan, mais écoute-moi, y a Tom, et tout ça, juste à côté de nous, là, la tente, regardes. »
Andreas releva la tête, en ébouriffant ses cheveux, et ses yeux s’écarquillèrent quand il aperçut les dreads blondes de Tom.
« Han merde, c’est pas possible ! » cria-t-il.
Les trois garçons à côté sursautèrent, et tournèrent la tête vers eux. Andreas rougit de s’être fait remarquer, et regarda Bill, en continuant de s’écrier ; « Me dis pas que t’as oublié le chocolat blanc ! » Il se leva, et secoua le doigt, comme une mère qui gronde son enfant. « Bill, tu te rends compte, comment, mais dis-moi comment on va survivre sans chocolat blanc ! Tu sais que moi-même, je suis incapable de faire quoique ce soit sans ! »
Après la surprise –bon dieu, pourquoi Andreas faisait-il un monologue tragique sur le chocolat blanc ? -, Bill ne pût s’empêcher de rire, faisant perdre toute crédibilité à son ami.
C’est d’ailleurs ce moment-là que choisirent les deux jeunes filles pour ouvrir la tente et sortir leurs têtes en braillant.
« Mais Andreas, ta gueule, t’aimes même pas ça le chocolat blanc, il te prend quoi là, il est que six heures du mat’ ! »

Andreas se figea alors, et les fusilla du regard. Un silence s’installa entre eux quatre, tous surpris, avant que trois rires ne résonnent à quelques mètres d’eux. Ils tournèrent tous les quatre la tête, d’un même mouvement, pour voir Tom, Lies, et Georg rirent aux éclats.
Les deux jeunes filles écarquillèrent les yeux, et leurs joues se mirent à rougir.
« Euh… Je suis désolée qu’on vous ait dérangés » essaya de dire Lorelei aux trois garçons. « Il est un peu… » dit-elle en pointant du doigt Andreas « un peu… exubérant parfois… » sourit-elle d’un air gêné.
« Y a pas de mal ! » sourit Georg en hochant la tête. « C’était drôle ! »
Ils se sourirent tous les sept, avant que soudain, Tom fronça les sourcils.
« Mais euh… Vous êtes pas au lycée Goethe dans le quartier de Fronhau ? » demanda-t-il.
Bill sourit en se grattant la tête, d’un air gêné.
« Bah si… Vous aussi, je suppose ? » demanda-t-il à son tour. Il ne supposait rien, il en était sûr, mais il n’allait pas avouer qu’il savait très qui ils étaient, et qu’en plus, il trouvait Tom plus que beau ?
« Oui ! » sourit Lies, faisant rougir les filles. « Le monde est petit, pas vrai ? » dit-il en faisant un clin d’œil à Tom.
Ce dernier hocha la tête en souriant et avala une grande rasade de jus d’orange à même la bouteille.

Pendant ce temps-là, les deux filles étaient sorties tant bien que mal de la tente, et ils s’étaient tous assis les uns contre les autres, un verre de café brûlant dans chaque main.
« Vous voulez du café ? » demanda Andreas aux trois garçons, en balbutiant un peu – ce qui n’était pas du tout habituel.
« Bah, proposé comme ça, avec plaisir ! » sourit Lies. Les deux filles gloussèrent, et Bill remit la capuche de son hoodie sur sa tête quand les trois plus beaux mecs du bahut s’approchèrent d’eux pour finir le thermos de café ; pas question qu’ils le voient rougir. Et au moins comme ça, caché des yeux des autres –ou du moins ce qu’il croyait- on ne risquait pas de lui adresser la parole.

« Alors, vous avez quel âge ? » demanda Georg.
« 15 pour moi et Bill » répondit Lorelei, « et 16 pour Silke et Andreas. Oh et je m’appelle Lorelei. »
« Très bien, alors les présentations sont faites en plus de ça ! » sourit Lies. « Alors, Tom, Georg et moi-même Lies, respectivement 17, 17 et 18 ans. »

La discussion s’installa alors très facilement entre les sept jeunes, à propos du lycée (Quelle section l’année prochaine ? Et vous, des études de quoi après ?), de Jaded Fly (Depuis quand ? Combien de concert ? Ton préféré ?) et d’autres choses futiles et nécessaires. (Tu détestes vraiment le chocolat blanc ? Nan, sérieusement, Obama est trop génial !)
Et bientôt, sans qu’ils ne s’en rendirent compte, il faisait complètement jour, et il y avait déjà un peu d’agitation vers les tentes de devant.
« Bon, c’est pas tout ça, mais ça mérite de faire un tour vers les toilettes du bar d’à côté ! » lança Tom. « Quelqu’un m’accompagne ? »
Bill se leva pour l’accompagna et grimaça « Mal partout » murmura-t-il. Il empoigna son sac, et suivi de loin par Silke et Lorelei, ils se dirigèrent vers le Café du Velodrom’, qui ouvrait dès six heures du matin et fermait à minuit.

Bill resserra son écharpe autour de son cou, et se frotta les mains l’une contre l’autre. Il n’osait rien dire dire à Tom, qui marchait tranquillement à côté de lui, sa bouteille de jus d’orange presque vide à la main.
Bill rangea ses mains dans les poches de sa veste en cuir, et se mordit la lèvre. Il était quand même en train d’aller aux toilettes avec le gars sur lequel il fantasmait depuis un bout de temps, et pourtant il n’avait rien à lui dire, et il n’osait même pas relever les yeux vers lui.

« Au fait, ça fait longtemps que t’habites à Berlin, enfin à Frohnau ? » demanda soudainement Tom.
Bill sursauta et releva les yeux vers le dreadeux en rougissant ; « Euh, ben, je… »
« Oui ? » sourit Tom. Il trouvait ce gamin touchant à rougir pour un rien, à bégayer dès qu’il lui adressait la parole, alors qu’il paraissait si sûr de lui, si fier.
« Ben ouais, mes parents habitaient dans le centre avant, mais ouais, j’habites depuis toujours à Frohnau… » réussit-il à dire. « Et toi ? » osa-t-il demander, timidement.
« Ouais, depuis toujours aussi. J’te demandais ça, pour savoir si on avait pas été dans la même école primaire, tu me dis quelque chose… »
« Ah bon ? » sourit Bill.
Ils étaient arrivés au café, et Tom ouvrit la porte et laissa Bill passer devant lui, tout en continuant à réfléchir.
« T’étais pas à l’école Thomas Mann par hasard ? » s’exclama soudainement Tom.
« Mais si ! » sourit Bill. « J’avais Carolina comme maîtresse au cours moyen… » sourit Bill en se rappelant ces souvenirs.
« J’l’ai eu aussi ! Le monde est petit dis-moi, à croire qu’on était destinés à se rencontrer aujourd’hui. » dit Tom, en faisant un clin d’œil à Bill, qui s’empêcha de glousser en remontant son écharpe sur son menton.

Ils rentrèrent dans les toilettes, et Bill s’attarda sur son reflet dans le miroir. Il enleva la capuche de son hoodie, passa sa main dans ses longs cheveux pour les remettre en place, et dénoua son écharpe. Il soupira en retraçant les cernes qu’il avait sous les yeux, et s’empressa de chercher sa trousse de maquillage.
Il se repoudra rapidement le visage, avant de fouiller dans sa pochette pour trouver le crayon qu’il allait mettre aujourd’hui. Quand il releva la tête, ses yeux rencontrèrent le regard amusé de Tom dans le miroir.
« Quoi ? » sourit-il, en étalant son crayon.
« Rien. Ça fait juste bizarre de te voir te maquiller, j’t’avais jamais vu sans avant. » Il s’assit sur le rebord du lavabo, tout à côté de Bill, et il le fixa pendant que ce dernier tentait tant bien que mal de se maquiller proprement, sans trembler. « D’ailleurs, t’es beau avec ou sans. » dit Tom doucement. Ça sonnait comme un secret ; ses yeux noirs fixaient Bill sérieusement, sincèrement, et en même temps, son sourire malicieux ne faisait aucun doute sur le fait qu’il était bien en train de le draguer.
Bill lui sourit dans le miroir, et laissa échapper un merci, auquel Tom répondit par un léger hochement de tête, et sans un mot de plus, en essayant de ne pas lâcher son crayon noir, il continua à se maquiller avec attention, sous les yeux de Tom.
Puis, il sortit son tube de mascara (pas de fard à paupières aujourd’hui, et rien que du waterproof) et là, Tom le regarda avec stupéfaction.
« Mais, comment tu fais pour mettre ça ? Encore le crayon, ok, même si je sais pas comment tu fais pour pas te le foutre dans l’œil, mais là ! »
Bill rit, ce qui détendit l’atmosphère, qui était devenue un peu trop intime, et détailla son geste à Tom, qui le regarda très sérieusement.
« C’est vraiment pas compliqué tu sais, et puis, c’est une habitude après, quand tu t’en mets tous les jours… »
Il reposa le mascara sur la tablette du lavabo, et retira du bout des doigts les quelques traces noires sur ses paupières. Pendant ce temps là, Tom avait ouvert son tube de mascara, et regardait d’un air suspicieux la petite brosse.

Soudain, Georg débarqua dans les toilettes, et en riant, il dit ; « Une petite leçon de maquillage pour Tom ? Ça se passe bien ? » demanda-t-il à Bill, en lui lançant un regard complice.
Tom répondit à la place de Bill ; « Ça se passe très bien, bientôt, c’est moi qui vais devenir le maquilleur officiel de Bill, regardes ! »
Il s’approcha de Bill, qui ne pouvait reculer, adossé contre les lavabos, posa une main sur sa joue, et tendit qu’il appliquait le mascara sur les cils de Bill, il tira la langue.
Georg explosa de rire derrière eux, et Tom, sans bouger dit ; « Ta gueule, je me concentre là ! »
« Bah, c’est une grande première ! » répliqua son ami.
Pendant ce temps, Bill était figé devant Tom, les yeux plissés pour qu’il puisse lui remettre du mascara. La situation était carrément irréelle ; la main de Tom sur sa joue, ses grands yeux noirs plongés dans les siens, et ses lèvres à quelques centimètres des siennes.
Et puis tout d’un coup, Tom le lâcha, se recula, et comme un petit enfant qui vient de finir son dessin, il s’exclama « J’ai finiiiii ! »
Bill sourit pour se donner contenance, mais il sentait ses joues rougirent, et il fourra de manière désordonnée tout son maquillage dans son sac, pendant que Georg et Tom se battaient joyeusement.

Bill remit la capuche de son hoodie sur sa tête et sortit du café, suivit de près par Tom. Quand ils sortirent dans le froid matinal, Tom s’exclama ; « Ma bouteille de jus d’orange ! » en se frappant le front, et retourna aux toilettes en courant.
Bill sourit pour lui-même en s’allumant une cigarette ; Tom était juste… parfait. Il avait un côté enfantin, parfaitement ridicule, qui contrastait avec son visage, ses yeux, ses mains d’adultes, et son assurance, sa virilité, qui le faisait se sentir tout petit à côté.
« C’est bon, on peut y aller. » dit une voix à côté de lui, et Bill sursauta. Tom lui offrit un grand sourire, et secoua sa bouteille de jus d’orange vide à côté de lui.
Bill sourit à son tour, et alors qu’ils commencèrent à marcher vers le campement, il lui demanda : « Tu m’expliques pourquoi tu tiens tant à cette bouteille de jus d’orange vide ? »
« On se moque pas ! » répondit Tom, en prenant un air faussement outré. « C’est LA bouteille, c’est celle qui a fait tous les concerts à chaque fois, partout, et elle a vu Jaded Fly à chaque fois ! C’est LA bouteille, je peux pas l’oublier quelque part tu comprends ! »
Bill explosa de rire, et acquiesça ; « C’est mignon. »
« Je sais » sourit Tom de toutes ses dents. « Comme toi. » Bill sourit à son tour, et sentit, encore une fois, ses joues s’enflammer.
Mais heureusement, ils arrivaient au niveau des tentes, et il s’empressa de rejoindre ses amies dans la tente, après un dernier regard à Tom.

*

La journée se déroula doucement, entre les siestes de chacun, les éclats de rire, les batailles de Petit Lu, et l’excitation de revoir, enfin, leur groupe préféré.
Les nombreux fans arrivaient peu à peu, par vague, toutes les heures, avec les tentes Queshua, les sacs de couchage et des sacs entiers de nourriture.

D’ailleurs, il était dix-sept heures, le moment du goûter, et Bill se réveilla doucement de sa sieste. Il avait très peu dormi cette nuit, et l’attente dans le froid du matin (et les diverses émotions causées par Tom) l’avaient épuisé. Ainsi, après le déjeuner, il s’était endormi dans la tente, contre Silke, et l’heure sur son portable lui indiqua qu’il avait dormi quelque chose comme trois heures.
Il soupira, et se retourna sur le dos. Il regarda la petite étoile en plastique qu’Andreas avait accroché au plafond (comme dans la chanson Stars From The Roof) et sourit ; il n’aurait pas pu rêver mieux comme attente de concert.
Soudain, une masse à côté de lui bougea et un grognement s’échappa de l’enchevêtrement de sacs de couchage. Bill tourna la tête en levant un sourcil ; ce n’était pas Silke, elle était sortie de la tente il y a une heure.
Tout d’un coup, une main surgit du sac de couchage vert kaki, et un bâillement se fit entendre. Bill fronça les sourcils, quand il reconnut les dreads de Tom. Putain, mais qu’est-ce qu’il foutait dans sa tente ?

Tom se retourna, et se retrouva face à Bill. Il se frotta les yeux, et quand il rencontra les prunelles étonnées de Bill, il fronça lui aussi les sourcils de surprise, puis lui fit un petit sourire.
« Yo. » chuchota-t-il. « Je savais pas que tu dormais là. Mais Georg ronfle à côté, et puis Lies embrassait la petite blonde là, impossible de dormir, alors j’me suis permit de squatter. » s’excusa-t-il, en passant son coude sous sa tête.
Bill écarquilla les yeux ; « Quoi ! Lorelei a embrassé Lies ? Tu déconnes j’espère ? »
« Pas du tout ! » rit Tom. « Pourquoi, t’es jaloux ? » demanda-t-il. Son regard, encore embrumé, se posa sur Bill, qui le regardait aussi. Ce dernier se sentit complètement mis à nu par ces grands yeux marron.
Depuis ce matin, il était complètement, totalement déstabilisé par Tom, qui le taquinait sans cesse. Il lui faisait sans arrêt des petites remarques, signe qu’il pouvait bien éventuellement lui plaire. Mais est-ce que Tom se rendait vraiment compte de qui il était ? Bill se croyait capable de renvoyer une image différente de sa véritable essence, une image de quelqu’un de fier, d’assuré, de mystérieux, et pas l’image faiblarde d’un jeune garçon complètement pommé, qui ne savait pas quoi faire de sa sexualité. Est-ce que Tom savait que s’il rougissait, ce n’était pas seulement parce qu’il était flatté, mais parce qu’il ne savait vraiment pas où se mettre ? Et puis, est-ce qu’il plaisait vraiment à Tom après tout, ou est-ce que celui-ci n’agissait pas comme dans un jeu, pour le plaisir, sans rien de sérieux en tête ?

Tom vit les sourcils de Bill se froncer, et son visage se défaire.
« Non, je suis pas jaloux » répondit-il en murmurant. Et sans attendre, il sortit de la tente, laissant Tom pantois ; qu’avait-il fait ?

*

Tom était sorti de la tente quelques minutes après Bill, en espérant le trouver pour lui demander des explications, mais il n’était pas entre les deux tentes, là où ils s’étaient tous les sept étalés.
En fait, ce qui était deux campements bien délimités s’était retrouvé, en moins de vingt quatre heures, en un grand campement de fortune où les duvets, les paquets de chips, de bonbons, les chaussures bariolées, et quatre adolescents eux-mêmes, gisaient, amorphes en ce moment.

« Hey, bien dormi Tom ? » lança Lies, sans lâcher la main de Lorelei. Celle-ci avait le nez enfoui dans le cou du grand brun, et peut-être qu’elle dormait. Silke était roulé en boule entre les jambes de Georg qui était adossé aux barrières, et ils mâchouillaient tous les deux des M&M’s en se partageant un MP3. Et Andreas, comme à son habitude était étendu de tout son long entre les quatre adolescents, ses longs membres autour de lui comme une étoile de mer.

« Hum, ouais, ça fait du bien. » répondit Tom en se grattant la tête, et en regardant autour de lui. Il cherchait Bill, mais il ne le trouvait pas près du campement. Et la nuit qui commençait à tomber.
Georg lui lança un M&M’s sur la tête, et Tom se retourna alors, les yeux noirs : « Je te jure, entre tes ronflements, et ça, je vais te tuer un jour, sérieusement ! »
Les quatre adolescents, (même Andreas, qui en fait paraissait mort) rigolèrent, et Silke dit : « De mauvaise humeur Tomichou ? »
Tom sourit à son tour, devant l’hilarité de ses amis, et il se laissa tomber non loin de d’Andreas, manquant de l’écraser à l’occasion, ce qui provoqua un hurlement outré de sa part -que personne n’écouta.

« Au fait, vous savez où est passé Bill ? Je l’ai entendu sortir de la tente y a quelques minutes… » demanda Tom, de la manière la plus innocente possible. Il ne voulait pas laisser voir qu’il s’inquiéter vraiment pour le gamin, tout seul, dans un quartier pas terrible de Berlin, et puis aussi, de l’avoir blesser.
« Il est parti acheter des cafés à la station service. » lui sourit Lorelei en s’allumant une cigarette. Elle en tendit une à Tom, qui hocha la tête. Il alluma sa clope pensivement, tandis que les discussions reprenaient entre les quatre autres adolescents.

Quelques minutes après, Bill revint, les bras chargés de sept cafés. Ils tenaient en équilibre entre ses bras, et il soupira de soulagement quand Andreas s’en empara pour les distribuer.
Le brun s’assit alors à côté de Silke et Georg, en face de Tom, et il évita son regard.
Ça lui été déjà arrivé plusieurs fois, ces remises en questions aussi soudaines qu’inattendues, à propos d’autres garçons, et d’une future, possible, éventuelle, relation amoureuse. Mais à chaque fois, c’était avec des garçons qui finalement, n’en valaient pas la peine, et il y avait toujours un de ses amis pour le prendre par la main, alors qu’il tentait de s’enfuir d’une fête, ou d’un café.
Ici, il ne pouvait même pas fuir Tom, et puis… il valait la peine non ? Il ne voulait pas déranger un de ses amis à propos d’une bêtise comme ça. Mais si finalement, ce n’était pas une bêtise ?
Bill ne savait pas quoi penser. Il soupira, s’adossa aussi confortablement possible contre les barrières, et remonta une des couvertures étalées par terre sur ses genoux.

« Bon, les gens ! » s’exclama Andreas, toujours en étoile de mer par terre, « Dans vingt-quatre heures, nous serons dans le Velodrom’, à attendre encore un peu que le concert commence. »
Les sept adolescents sourirent à ce moment qu’ils attendait tous depuis un bon moment déjà.
« Vous pensez qu’ils joueront The Highways ? Comme au dernier concert ? » demanda Lorelei. « C’est ma chanson préférée… » murmura-t-elle pensivement. Et Lies se pencha sur elle pour l’embrasser.
Bill sourit derrière la vapeur qui s’échapper de son café en regardant le tout nouveau couple. Et quand il détourna le regard, ses yeux rencontrèrent ceux de Tom. Ils étaient noirs, comme s’ils tentaient de le percer totalement, de comprendre. Bill baissa la tête ; il savait qu’il avait fait n’importe quoi en sortant de la tente comme ça. Il devait s’expliquer.

*

Les adolescents avaient dîné assez tôt (mais ils étaient fatigués, et il faut dire que à part manger, que faire en attendant ?) et ils étaient tous assis en cercle autour de deux petits bougies que Silke avait pensé à emmener.
« C’est le ceeeeercle magiiiiique ! » s’exclama-t-elle en bougeant les bras dans tous les sens.
La lumière des photophores faisait briller ses longs cheveux roux, et se reflétait aussi dans ses grands yeux verts.
« C’est le ceeeeercle magique de Jaded Fly ‘ concert’s waiting ! » répéta-t-elle en riant.
Andreas lui donna une petite tape dans la tête et lui tendit un carré de chocolat ; « Tiens mange ça, au lieu de dire des bêtises ! »
Silke se précipita sur le morceau de chocolat, qu’elle engloutit d’un coup.
« Elle a besoin de sa dose quotidienne. » dit Andreas d’un ton grave, ce qui lui valut un coup de coude de Bill.
« Tais-toi un peu aussi, tu racontes, et tu fais que de la merde ! C’est pas sympa de nous afficher comme ça ! » dit le brun en souriant.
« Oh je crois qu’on a déjà tout vu ! » rit Georg.
« Heureusement que non ! » sourit Lorelei. « Ya encore plein de trucs que vous savez pas sur nous ! » Lies lui sourit à son tour, et d’un air espiègle, il lui demanda : « Ah, parce que je sais pas tout du toi ? »
Lorelei secoua ses boucles blondes pour dire que non.
C’est alors que Tom qui était affalé sur plusieurs duvets se releva sur ses coudes et s’exclama :
« Vu qu’on sait rien les uns des autres, quoi de mieux qu’un action ou vérité ? » Il sourit et regarda Bill. Depuis l’épisode de la tente, ils ne s’étaient pas parlés, si ce n’est pour se passer la bouteille de coca.
Bill le fuyait indéniablement, et il n’osait pas le prendre à part pour lui parler et lui demander s’il avait fait quelque chose de mal ou non.
Bill se mordit la lèvre et hocha la tête en regardant Tom tandis que tous les autres s’exclamaient déjà.
« Ok, qui commence alors ? » demanda Lies.
« La plus jeune ! » s’exclama Georg.
« Putain fait chier. » ronchonna Silke. Elle était née le 4 décembre 1992, et elle était toujours la plus jeune, le « bébé » comme se plaisait à l’appeler Andreas.
« Ok ! » sourit Tom. « Alors, action ou vérité ? »
« Vérité, la flemme de bouger. » dit-elle en enroulant son écharpe multicolore autour de son cou.
« Alors… On va commencer gentiment hein ? » sourit malicieusement Tom. « Humm… Est-ce que quelqu’un ici, dans cette assemblée, te plait ? »
« Doucement ? Tom, t’es dur là ! » rit Lies.
Ils virent alors Silke rougir et lancer un regard noir à Tom. « Hum, oui. » grommela-t-elle. Andreas, ouvrit de grands yeux à côté d’elle : « Sérieux, putain, mais tu m’as rien dit, c’est qui, mais diiis moi ! » demanda-t-il à Silke qui se cachait le visage entre les mains en bougonnant. Et personne ne vit le clin d’œil que fit Tom à Georg.

« Bon allez jolie-Silke, c’est à ton tour. » dit Bill, en posant sa main sur son dos.
« Huuum… Andreas ? »
« Action » s’exclama-t-il, en se mettant debout.
« Dis moi » demanda Georg à Lorelei, assise à côté de lui, « il a pas un bouton off celui-là ? »
« Nan, et crois-moi, on a tout essayé. »
« Andreas… Tu dois faire 3 fois le tour du Velodrom’ en courant ! » déclara Silke.
Tout le monde applaudit à ce gage superbement bien trouvé, et malgré sa mine dépitée, Andreas partit en trottinant.
« Bon en attendant, qui c’est qui reprend la main ? » demanda Tom.
Ses yeux se tournaient toujours, inlassablement vers Bill, qui encore une fois détourna le regard.
« Bill ? » L’interpellé sursauta, et regarda Tom, les yeux confus. « Tu prends la main ? »
« Ah, euh… oui. » bafouilla-t-il. « Alors euh. Lies, action ou vérité ? »
« Vérité. » sourit-il, en s’allumant une cigarette.
« Hum… Ça fait quoi d’être le mec le plus populaire de tout le lycée ? »
Lies écarquilla les yeux : « Euh… Déjà je savais pas que j’étais LE plus populaire ! » dit-il. « Et euh… disons que j’y fais pas trop attention… Ah si, c’est super chiant, parce que tu sais pas comment, tout le monde arrive à savoir ce que tu fais quand t’es pas au lycée. » conclut il.
« Pauvre chou, ça a l’air tellement dur ! » rit Silke.
Lies lui tira la langue : « Tu ne comprends pas ma situation ! » dit-il d’un air faussement outré. « Bon, Georg ? »
« Vérité aussi, je veux pas me retrouver à faire je sais pas quoi comme ce pauvre Andreas. Ah tiens, le voilà ! » sourit-il.
Andreas passa en courant près d’eux, et il répondit aux signes de main de ses amis par un doigt d’honneur.
« Charmant ! » rit Lorelei.
« Bon, alors Georg. Tu préfères les rousses, les blondes, les brunes, les violettes ou je ne sais quoi ? »
Georg lança un regard autour de lui, et ses yeux verts s’arrêtèrent sur Silke ; « Les rousses bien sûr ! » La concernée rougit encore une fois en l’espace de dix minutes, et Bill se dit qu’ils feraient décidément un beau couple ; il devait en toucher quelques mots à Silke tout à l’heure.

« Bon alors, à moi ! » sourit Georg, en lançant un clin d’œil à Silke, qui lui sourit, malgré ses joues roses. « Bill ! Action ou vérité ? »
« Vérité. » dit-il doucement. Il s’alluma une cigarette pour se donner contenance ; il n’aimait pas tellement ce jeu, et encore moins répondre à des questions personnelles devant des inconnus, mais il valait mieux ça que de se retrouver à faire le poirier torse nu en chantant YMCA des Village People –comme ça lui été arrivé, à la dernière soirée bien arrosée auquel ils avaient participé.
« T’es pas drôle, j’avais un super gage à te faire faire ! » ronchonna Georg. « Bon alors, je dois réfléchir maintenant… » Il leva les yeux vers Tom, tandis qu’un trafic de chips s’instaurait entre les différents adolescents, et qu’Andreas, silencieux, se glissa par-dessus les barrières et s’installa sans que personne ne le vit (ou du moins, sans que personne ne fit une seule remarque sur son retour prématuré) entre eux.
« Je sais ! » s’exclama Georg, faisant sursauter tout le monde. « Bill, est-ce que tu es gay, ou au moins bi ? Et si oui, est-ce que tu es intéressé par quelqu’un en ce moment ? »
Bill resta immobile, sa clope se consumant lentement au bout de ses doigts. Ses trois amis s’étaient retournés d’un seul coup vers le brun ; qu’allait-il dire ? C’était le sujet sur lequel il paniquait tard le soir, dans son lit, c’était le sujet que personne n’abordait par peur de sa réaction. Et Georg, de manière innocente, avait peut-être lancé une bombe.
Georg, surpris par le soudain silence, regarda autour de lui sans comprendre, et avec Lies, ils haussèrent les épaules dans un signe d’incompréhension. Tom fixait quant à lui Bill ; et si tout s’expliquait maintenant ?
Bill écrasa sa cigarette contre les barrières, et d’une voix sourde répondit à la question de Georg, en regardant dans le vide, droit devant lui.
« Ouais, je suis gay. Et oui, je suis intéressé par quelqu’un. »
« Han et- » La phrase de Lies fut interrompu par Lorelei qui lui donna une tape sur la main pour le faire taire.
Bill se ralluma une cigarette dans le silence ; personne n’osait lui dire que c’était à son tour de jouer, et personne n’osait, de toute façon, briser ce silence gênant.
C’est à ce moment là que le téléphone de Bill se mit à sonner. C’était sa mère. Il se leva rapidement après un dernier regard à ses amis, et trouva une excuse pour fuir le silence embarrassant que ses déclarations avaient posé.

« Allo Maman ? »
« Mon chéri ? Comment tu vas ? »
« Ça va, ça va. » dit Bill, en soufflant la fumée de sa cigarette. Enfin du moins, pourquoi n’irait-il pas bien ? « Et vous, tout va bien à la maison ? » demanda-t-il. Il s’assit sur un plot en béton, qui faisait face à la rocade, la salle de concert une vingtaine de mètres derrière lui.
« Bah écoute, oui ça va. Tu manques beaucoup à Lucas, Caro a ramené un 18 en maths grâce à toi, et p’is bah… »
« Oh c’est génial pour Caro ! Tu me la passeras après ? »
« Bien sûr. Sinon, tu as bien mangé aujourd’hui ? »
« Oui, maman. » sourit Bill.
« Et tu t’es reposé j’espère aussi ? Parce que- »
« Oui, maman, ne t’inquiètes pas. »
« Mais dis-moi, est-ce qu’il y a d’autres personnes avec vous ? Vous n’êtes pas que tous les quatre à camper ? »
« Non, maman, ne t’inquiète pas ! » rit Bill. « Tout se passe très bien, on doit être déjà une bonne centaine, mais je suis bien placé tu sais, on doit être dans les dix premiers ; on l’aura notre premier rang ! »
« C’est ce qui compte, je suis contente pour toi mon chéri. Mais bon, tu fais attention, hein ? »
« Oui, maman, ne t’inquiète pas ! Bon, est-ce que tu peux me passer Caro ? »
« Oui, d’accord. Je te reprends après hein ? »
« Oui. » souffla Bill en souriant. Sa mère, aussi cool qu’elle pouvait être, était quand même très protectrice.
« Yo, Billou ! Comment tu vas ? »
« Mais bien, et toi frangine ? Alors, un petit 18 en maths ? On dit merci à qui ? »
« Merci Bill » ronchonna Caro.
« Ne montre aucune gratitude pour ton grand et merveilleux frère surtout ! » rit Bill, en jetant sa cigarette.
« Ouais, ouais. »
« Bah, j’t’aime bien quand même frangine. »
« Ouais, moi aussi va ! » l’entendit-il rire à l’autre bout du fil. « Bon, les gamins dorment, mais tu leur manques, ils te rappelleront demain midi ok ? »
« Pas de souci ! » répondit Bill.
« Bon, je te repasse maman ? À plus Billou, et amuse-toi bien hein ! » dit Caro.
« Mon chéri ? » demanda sa mère.
« Oui ? »
« Tu m’appelles demain matin ? »
« Ouais, oua- » La voix de Bill s’étrangla quand il vit Tom lui sourire et s’asseoir sur un plot en béton à un mètre de lui. Le dreadeux alluma une cigarette et regarda devant lui en souriant.
« Ça va Bill, tu n’as pas pris froid quand même ? Tu sais que tu peux rentrer dès que tu veux à la maison et- »
« Maman, arrête, tout se passe bien, ça va. » souffla Bill. « Stresse pas. Je t’appelle demain ? »
« Oui. Bon, je te laisse. Bisous, je t’aime fort. »
« Moi aussi, bonne nuit. »

Bill raccrocha, et soupira en rangeant son téléphone dans la poche de sa veste. Tom ne bougea pas, et Bill le regarda quelques secondes, avant de fouiller dans ses poches pour trouver son paquet de cigarettes. Quand il se ralluma sa quatrième cigarette en moins d’une demi-heure, Tom murmura :
« Je suis désolé. »
« De quoi ? » demanda Bill, d’un air sincèrement surpris.
« Bah. T’es intéressé par quelqu’un, et j’te fais du rentre dedans, sachant que t’as déjà pas l’air… euh… très à l’aise avec ta sexualité. Je voulais pas te bousculer. »
Bill resta muet suite à la déclaration de Tom. Il foutait tout en l’air en s’enfuyant ; il n’assumait rien, jamais. Il fuyait tout ; à la moindre difficulté, il disparaissait, parce que c’était plus simple. Ainsi, il fuyait les garçons, fuyait les conflits, fuyait ses amis parfois ; il se fuyait lui-même.
« Je suppose que c’est plus facile de ne pas assumer son… homosexualité, et de laisser l’ambiguïté planer, plutôt que d’affirmer clairement ses choix. Je crois que… j’ai un peu de mal avec ça. »
Tom le regardait maintenant. Bill enfonça sa main gauche dans la poche de son blouson, et tira sur sa cigarette.
« T’as pas à t’excuser tu sais. » Les doigts de sa main gauche trituraient un pauvre élastique dans sa poche. « C’est pas de ta faute et… »
Il ne finit pas sa phrase ; comment dire que la personne qui l’intéressait était celle qui le regardait intensément à ce moment même ?
« Bref, on oublie tout ça ? » sourit Tom en se levant, pour se mettre face à Bill. Il lui tendit la main, que Bill accepta en souriant.
« On oublie, y a pas de morts ! » répondit-il en se redressant face à Tom.

Oui, on oublie, on arrête de fuir, et on recommence, j’ai trop de choses à te dire Tom.

*
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Chachouille
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 12:46

Ils revinrent lentement au campement, en discutant joyeusement de tout et de rien, et en s’envoyant quelques coups de coude ça et là.
Quand ils eurent traversé tout le parvis, et qu’ils arrivèrent devant les barrières éclairées, Lorelei était assise à califourchon sur Lies, et Silke embrassait passionnément Georg.
« Bah dis donc, vous êtes allé vite ! » sourit Bill.
Silke lui tira la langue, et se blottit contre le torse de Georg, tandis que Lorelei leur lança un regard malicieux avant de traîner Lies dans la tente.
« Bon, on a une tente en moins maintenant ! » rit Tom, en s’installant autour des bougies, presque éteintes. « Je rentre plus là-dedans moi ! » dit-il en désignant du doigt la tente dans laquelle le couple venait de rentrer, et de laquelle des rires s’échappaient.
« Ouais, d’ailleurs, on va aller dormir aussi » chuchota Silke en se dirigeant vers l’autre tente, suivi par Georg.
Bill et Tom se regardèrent, les yeux écarquillés.
« Tu veux dire qu’on dort dehors là ? » cria Bill.
« Mais non, mais non. » répondit Silke. « On se relaiera, et puis, Andreas s’est fait des ‘potes’ à côté, et ils pourront peut-être vous prêter une tente. Tenez, j’vous donne vos duvets et des couvertures, ça ira les mecs. »
Et les deux nouveaux amoureux disparurent dans la tente, laissant les deux garçons complètement abasourdis.

« Ils déconnent ? » chuchota Bill.
« Faut croire que non. » répondit Tom sur le même ton.
« Bon au moins, ils nous ont laissés toute la bouffe, les boissons, et leurs clopes. »
« Tu crois qu’il est parti où Andreas ? » demanda Tom en se tortillant pour rentrer dans un duvet.
« Je préfère même pas savoir en fait, il est capable de se fourrer dans des trucs bizarres. » répondit Bill, en rentrant également dans un duvet.
« On va se les peler. » chuchota Tom en donnant une couverture à Bill, avant d’en prendre une lui aussi.
« Et on a même pas de café. » pleurnicha Bill.
« Ça va être long. » dit Tom avec un sourire d’excuse.
« Ouais. » répondit Bill d’un air résigné. « Bon, ta chanson préférée des Rollings Stones ? » demanda-t-il en se roulant une cigarette avec le tabac de Silke.
Tom répondit tout de suite, et ils passèrent plus d’une heure à chercher quelles étaient leurs chansons préférés de tel ou tel groupe.

« J’adore jouer à ce jeu avec ma sœur en bagnole. » sourit Bill en se roulant une autre cigarette.
« T’as des frères et sœurs ? » demanda Tom. Il tirait la langue en essayant de se rouler une cigarette. Bill lui prit le tabac des mains et le roula à sa place.
« Tu sais pas rouler des bédos toi. Et j’ai deux sœurs ; une de quatorze ans, et une autre de 10mois. Et deux petits frères aussi. Tiens ta cigarette. »
« Ça c’est de la grande famille ! Et la drogue c’est mal, mais merci. »
Un silence s’installa entre les deux garçons.
Les bougies s’étaient éteintes depuis une dizaine de minutes, et ils étaient plongés dans le noir. Ils avaient construit, au fur et à mesure un espèce de nid de duvets et de couvertures, et ils étaient presque lovés l’un contre l’autre.
« Il est quelle heure ? » demanda Bill.
Tom tendit sa cigarette à Bill, qui la tint tandis que Tom cherchait son portable dans la poche avant de son sweat.
« 00h16. » répondit-il. Il reprit sa cigarette, et cracha la fumée au-dessus de leurs têtes, quasiment recouvertes par des duvets et des couvertures.
Bill laissa alors tomber sa tête sur l’épaule de Tom.
« J’commence à fatiguer quand même, malgré la sieste qu’on a fait. »
Tom remit correctement les couvertures sur le dos de Bill, comme une mère qui borde son enfant le soir.
« Il fait froid en plus. » chuchota-t-il pensivement en écrasant sa cigarette. « T’as pas le numéro d’Andreas, pour qu’on voit si on peut pas squatter une tente quelque part, parce que moi, en ce qui me concerne, je rentre pas dans ces deux tentes là ! » continua-t-il en indiquant du doigt les deux tentes dans lesquelles il s’était passé (ou il se passait encore) des choses pas très catholiques.
« Moi non plus. » chuchota Bill en souriant. Il se cala un peu plus près contre Tom, qui sortit son portable de sa poche. Il composa le numéro que Bill récita mollement, les yeux fermés, le visage enfoui dans l’épaule de Tom.
« Andreas ? »
« Ouaiiiiiiiis, c’est quiiiiiiiii » s’écria ce dernier à l’autre bout du fil.
« Euh, c’est Tom en fait. J’suis avec Bill, on a pas de tentes, on a nous as dit que t’avais des potes qui pouvaient nous en prêter une… »
« Mais carrément ! Je suis un peu derrière vous, je vous fais signe avec une lampe torche là ! »
Les deux garçons relevèrent la tête et virent en effet un puissant faisceau lumineux bouger au-dessus d’eux.
« Ok, on arrive. Merci. »
Andreas hurla quelque chose, mais Tom raccrocha avant d’avoir compris ce que lui disait le blond platine. Et de toute façon, ils l’entendaient de là où ils étaient.
« Allez Bill, faut qu’on bouge, on va être au chaud, pour dormir. »
Bill marmonna quelque chose ; il somnolait déjà contre l’épaule de Tom et se leva difficilement, suivi par Tom. Ils récupèrent les duvets et les couvertures, et se dirigèrent vers l’arrière de la file.
Ils retrouvèrent enfin Andreas, assis par terre au milieu d’un groupe de filles aux cheveux multicolores, qui racontait des histoires d’horreurs en buvant un chocolat chaud et en fumant une clope. Il était capable de s’incruster partout celui-là !
« Han les mecs ! » s’écria-t-il en voyant Tom arriver, suivi de près par Bill, qui dormait presque debout. « Les filles, je vous présente mes amis ; Bill et Tom ! »
Les cinq jeunes filles présentes gloussèrent, et leur adressèrent des sourires qu’ils rendirent. Si elles pouvaient leur prêter une tente, ils pouvaient bien être un minimum poli quand même.
L’une d’elles avec des mèches bleues dans ses cheveux blonds se leva, et leur désigna une tente orange, un peu plus loin, dans laquelle ils pouvaient dormir. Ils remercièrent chaleureusement les filles, et se dépêchèrent de rentrer dans la tente.

« Han putain, enfin. Je crois que je déteste tout le monde là ; on s’est fait jarter grave de nos tentes quand même ! » ronchonna Bill. Il étala soigneusement les couvertures par terre pour faire comme un petit matelas, et il disposa les deux duvets l’un à côté de l’autre tout en continuant à ronchonner.
Tom le regardait faire tout en enlevant ses chaussures à l’entrée. Il sourit en voyant l’état survolté de Bill, tout à l’heure complètement endormi.
Puis il ferma l’entrée de la tente, et il s’avança à quatre pattes vers son duvet. Une certaine angoisse remonta le long de sa gorge ; et si Bill réagissait comme cet après-midi ? Tant pis s’il ne se passait rien de concret entre eux, Bill était quelqu’un de génial, et il voulait le garder comme ami.
Il rentra dans son duvet, et il regarda Bill enlever sa veste en cuir. Il était très couvert, et il avait un peu de mal à enlever son blouson. Il tira sur sa manche, et son pull se souleva un peu, laissant voir un bout de son ventre.
« T’es tatoué ? » s’étonna Tom, sans réfléchir.
Bill baissa les yeux vers son aine et sourit à Tom. « Ouais, c’est encore tout neuf ça. » chuchota-t-il.
Il rentra lui aussi dans son duvet et se tourna vers Tom. Seule sa tête dépassait de l’ouverture du sac de couchage.
« Et t’as d’autres trucs comme ça ? » demanda le dreadeux, en se tournant vers Bill, une coude sous la tête.
« Un piercing à la langue, un à l’arcade. J’ai les oreilles percées aussi, j’ai au moins deux trous à chaque oreille, mais je crois qu’ils se sont rebouchés, ça fait longtemps que je ne mets plus de boucles d’oreilles. Oh, et j’ai un autre tatouage dans le cou. »
« Sérieux ! C’est quoi ? » demanda Tom.
« C’est un peu compliqué à expliquer. J’te montrerais demain, ok ? »
« Bien sûr. »

Leurs yeux s’étaient habitués à l’obscurité, et ils pouvaient voir chacun distinctement leurs visages dans le noir. Ils se fixaient tous les deux, un petit sourire aux lèvres.
« Bon, tu crois pas qu’il est temps de dormir quand même ? » murmura Bill. Ses paupières papillonnaient, il allait s’endormir dans quelques secondes.
« Ouais. Bonne nuit. » chuchota Tom, en fermant les yeux lui aussi.

Quelques minutes plus tard, le dreadeux était presque endormi quand il entendit le froissement des duvets, signe que Bill bougeait à côté de lui. Et puis, quelques secondes plus tard, il sentit un corps chaud se lover contre lui, et une respiration chaude cogner contre son cou.
Il sourit et s’endormit.

*

« Tu crois qu’ils ont fait des trucs cette nuit ? »
« Ta gueule, c’est vous quatre qui avaient pas arrêtés cette nuit, ma tente pue le sexe maintenant ! »
« Roh, mais ta gueule toi ! »
« Nan sérieusement, vous croyez qu’il s’est passé quelque chose ? »
« Bah je sais pas. »
« Bon, on était pas sensé les réveiller là ? »
« Si. Mais franchement moi j’y vais pas ; réveiller Bill, c’est du suicide. »
« J’avoue, moi j’y vais pas. Allez-y les mecs, peut-être qu’il vous arrivera rien à vous. »
« Arrête, tu me fais peur là ! »

La tente orange se mit à trembler de l’intérieur, et les cinq adolescents s’immobilisèrent.
« Vos gueules pour voir ? » dit une voix à l’intérieur.
« Euh… on vous laisse vos cafés devant la tête, avec des paquets de cigarettes. On est au campement, à toute à l’heure » dit précipitamment Andreas, avant de partir, suivi par les quatre autres.

Tom referma les yeux, et tenta de ne pas hurler. Il avait toujours eu le sommeil léger ; il faisait bien jour, et la lumière orangé dans la tente l’avait réveillé déjà plus tôt. Mais là, avec les ragots de ses amis, il ne pouvait définitivement pas se rendormir.
Tant pis, il poussa un soupir, et ouvrit les yeux.
Bill était roulé en boule, comme un petit chat contre lui. Il avait ramené ses poings fermés sous son menton, et une mèche de cheveux lui barrait le visage. Tom sourit à cette vue, et se laissa retomber sur le dos, en baillant. Ce qui fit un peu bouger Bill qui se tortilla et geignit. Tom se frotta les yeux et tourna la tête vers lui. Apparemment, réveiller le brun n’était pas une mince affaire.

Il passa doucement sa main sur le dos du brun, en espérant que ça suffirait à le réveiller. Bill bougea un peu, mais les caresses du blond avait plutôt tendance à le rendormir.
Tom se redressa alors en position assise et regarda Bill dormir. On aurait dit un petit enfant comme ça. Et il se dit qu’il devait ressemblait à ses petits frères.
Il soupira, et ouvrit la porte de la tente pour laisser rentrer de l’air frais, et attraper les cafés.
« Hum… caféééé. » entendit-il, soudain, derrière lui.
Il ricana ; alors comme ça l’odeur du café réveillait Bill. Il s’assit correctement, les jambes encore empêtrées dans son duvet, et commença à boire son café.
« Bill, le petit déjeuner est servi. » dit-il doucement.
La tête de Bill disparut dans le sac de couchage et Tom rit en plongeant ses lèvres dans le gobelet en plastique fumant.
« Je veux encore dormir. » ronchonna Bill. Enfin, la masse de cheveux noirs qui dépassait du duvet violet.
« Tu feras une sieste si tu veux. »
Bill grommela quelque chose, et se retourna enfin, le coude sur les yeux.
« Tu sais quelle heure il est au moins ? » demanda-t-il.
« Humm… 8h54. »
Bill souffla, signe qu’il était trop tôt. Mais qu’importe. Il s’assit difficilement, se passa la main dans les cheveux et s’empara du gobelet de café que lui tendait Tom.

Sans un mot, ils burent leurs cafés, les yeux rivés devant eux. Un quart d’heure plus tard, ils étaient déjà un peu plus réveillés, assez pour sortir de la tente, remercier les cinq filles de leur avoir prêtés, et se diriger vers leur campement initial, la clope au bec.
« Ah, vous êtes enfin debout ! » s’exclama Andreas. Il se leva, et ouvrit les bras. Bill lui fit alors un sourire moqueur, et balança sans ménagement tous les duvets et couvertures sur les cinq adolescents. Andreas tituba, et manqua de tomber sur Silke.
« Simple vengeance pour nous avoir laissé tous seuls dehors. » sourit-il en attrapant son sac. Tom leur sourit également, sans un mot, prit son sac aussi, et ils se dirigèrent ensemble vers le café, laissant leurs amis, complètement abasourdis.

*

Après une toilette sommaire aux toilettes, Bill tenta de se remaquiller, toujours observé de près par Tom, qui était cette fois-ci adossé au mur derrière lui. Cette scène avait comme un goût de déjà-vu.
Bill lui tira la langue dans le miroir, et Tom rit.
« Au fait, faut que tu me montres ton tatouage dans la nuque. » demanda Tom, alors que Bill finalisait son maquillage.
« Ah ouais, c’est vrai. » Il dénoua son écharpe, et releva ses cheveux. Tom s’approcha de lui, et en toute innocence, il passa un doigt sur sa nuque pour redessiner le tatouage.
« Ça représente quoi ? » demanda-t-il.
Bill avait frissonné sous le toucher de Tom, et balbutia ; « Hum, c’est euh…ça représente l’harmonie, l’équilibre. La perfection quoi. »
« Et ça fait pas trop mal un tatouage à cet endroit ? » demanda Tom alors qu’il sortait du café.
« Pas plus que sur le bas du ventre ; là, ça fait vraiment mal ! » rit Bill.
«J’imagine. »

Ils revinrent tranquillement au campement, où personne ne leur fit aucune remarque sur les duvets balancés.
Ils notèrent tous que la file d’attente s’était rallongée dans la nuit et elle grandissait un peu plus toutes les minutes. Et heureusement qu’ils faisaient partie des 50 premiers arrivés, et qu’ils étaient dans les starting blocs, les tentes derrière avaient été défaites depuis cinq heures du matin par les fans.
« Sérieux les gens, on est trop bien placés ! » gloussa Andreas.
Ils discutèrent donc du concert à venir, et l’effervescence se faisait sentir. Ça faisait longtemps qu’ils attendaient cette nouvelle tournée.

Et alors que tout le monde était plongé dans une vive discussion sur le nouveau piercing du chanteur, Silke prit à part Bill. Ils passèrent par-dessus les barrières, et alors qu’elle s’allumait une cigarette, elle demanda ;
« C’est Tom qui t’intéresses hein ? »
Bill évita alors le regard de son amie, et recracha la fumée de sa cigarette.
« Humm, ouais. C’est si évident que ça ? »
« Je sais pas. » sourit-elle. « Moi, j’le sais, parce que j’te connais depuis un bail, mais… »
« Mais… je sais pas comment faire, enfin… »
« Je crois que tu lui plais, sincèrement. » le coupa-t-elle. « Hier, il te faisait du rentre dedans pas très subtil, et j’me suis demandé si il te taquinait simplement, ou si tu lui plaisais vraiment. »
« Ouais, je sais… »
« Mais là, il te bouffe du regard, il fait super gaffe à toi, et au moindre de tes gestes, il te fixe. »
« Tu penses vraiment que… » demanda Bill, en relevant la tête vers Silke, les yeux pleins d’espoir.
« J’en suis sûre, j’ai demandé à Georg, il m’a tout avoué. Tom est dingue de toi. Et p’is, tu sais, lui c’est un mec bien, vraiment. » sourit-elle.
Bill souriait niaisement.
« Mais, mais… Je fais comment pour lui montrer qu’il me plait aussi, à moi ? » demanda-t-il soudainement, l’air alarmé.
« Déjà t’arrêtes de faire ta vierge effarouchée à rougir à chaque fois qu’il te regarde »
« Mais, c’est pas vrai ! » s’exclama le brun.
« Mais oui, mais oui » soupira Silke. « Et ensuite, tu tentes les contacts physiques, tu tentes de l’isoler, je sais pas moi ! Mais par pitié, arrête d’éviter son regard, sinon, vous allez jamais y arriver, ok ? »
« Mouais… » répondit Bill, en fronçant les sourcils ; il réfléchissait déjà.

Quand ils revinrent vers le campement, ils se rendirent compte qu’il était déjà 12h. Ils rangèrent doucement les tentes, les duvets, les couvertures ; le père de Silke devait passer dans une heure, et le frère de Lies pareil.
Ils sortirent ensuite les sandwichs, et on sait plus comment, une bataille de mie de pains commença entre les adolescents, qui hurlaient et riaient.
Leurs voisins de tentes leur balancèrent des chips ou des boulettes de pain eux aussi pour les calmer, mais la riposte était dure, et finalement, la bataille de nourriture gagna les 30 premiers fans de la file d’attente.
Des chips, des bout de sandwich (c’est-à-dire tomates, poulets, salades, oeuf), des bouts de gâteaux volaient dans tous les sens, dans une ambiance bon enfant, sous le regard médusé des vigiles qui n’avaient jamais vu ça.
Bill se cacha derrière Tom en riant, et ils tentèrent de s’éloigner en reculant.
« Putain, Bill, on a plus de munitions » cria Tom.
« Si,si, j’ai encore un paquet de sablés dans ma poche ! On va les avoir, je te dis ! » cria à son tour Bill.
Et puis, ils se regardèrent, et explosèrent de rire ; respectivement 15 et 17 ans, et agissant comme s’ils en avaient quatre.
« Allez, à l’attaque ! » hurla Tom en se redressant.
« Attends moi, t’as pris tous les sablés ! » cria Bill derrière lui, l’air complètement désespéré.
Tom recula alors, mit une poigné de sablé effrité dans la main droite de Bill, attrapa sa main gauche, et ils se mirent à courir tous les deux en hurlant.
« Vous allez tous mourir ! »

*

Deux heures après, après avoir subi les réprimandes des vigiles (si on peut dire ça, ils étaient morts de rire), après que leurs affaires aient été récupérées, après quelques coups de fils aux parents, de grandes barrières avaient installées pour que les cent premiers ne subissent pas les mouvements de foule des 13 000 personnes derrière eux.
Ainsi, ils étaient tous assis par terre, avec l’interdiction de bouger, ne serait-ce que pour aller aux toilettes. Le périmètre était entièrement délimité, pour éviter tout débordements ; les vigiles devaient gérer en tout quelque chose comme 25 000 fans, tout placements confondus.
Les portes ouvraient dans deux heures, et tout devait être prêt pour que le concert se passe dans les meilleures conditions possibles.

Les cinq adolescents étaient donc assis par terre contre les barrières ; ils fumaient tous clopes sur clopes, et grignotaient un peu n’importe quoi.
Ce n’était pas eux qui montaient sur scène ce soir, mais ils avaient quand même le trac ; cela faisait bien plus d’un an qu’ils n’avaient pas revu leur idoles, et l’excitation se faisait ressentir.
Et pour ne rien arranger, Bill se rongeait les ongles.
« Arrêtes » chuchota Tom, en lui enlevant la main de la bouche.
Bill lui tira la langue, et remit les doigts à la bouche.
« Mais arrête. » sourit Tom. « En plus, j’suis sûre que tu le fais jamais. »
« Hein ? Comment tu sais ça ? » demanda Bill, éberlué.
« Vu tes ongles parfaitement vernis H24, ça m’étonnerait que tu les abîmes. »
Bill sourit, et sans qu’il s’en aperçoive, il remonta sa main à sa bouche.
« T’es chiant hein ? » lui dit Tom.
Il lui arracha les mains de la bouche, et les emprisonna entre les siennes.
« Mais, mais ! Et si je veux fumer ou manger ? » pleurnicha-t-il.
« On verra. Si t’es sage. » répondit Tom, avec un grand sourire narquois.
« Boulet, va. »
« Moui, je sais. »
Bill soupira, et regarda d’un air boudeur ses bras tendus, et ses mains entre celles de Tom ; déjà que le sol était dur, c’était pas du tout confortable.
Il se rapprocha alors de Tom, et posa sa tête sur son épaule.
« Squatteur, va. »
« C’est toi qu’a commencé. »
« Mais oui. »
N’empêche, ils avaient beau faire comme s’ils avaient quatre ans, ils étaient bien contents de la situation.

*

« Dîtes les gens, après le concert euh… » C’était la première fois qu’Andreas hésitait à dire quelque chose. « On sera toujours amis ? » dit-il en regardant ses amis de toujours, et les trois garçons géniaux qu’ils venaient de rencontrer.
Chacun se regarda, et Andreas insista « On va pas s’ignorer hein ? Juste parce que c’était pendant deux jours et tout, et… »
Lies regarda la petite blonde qui était affalé entre ses jambes ; « Tu vois Andreas, je pense que Georg et Tom penseront la même chose que moi, mais je crois pouvoir dire que vous êtes la plus belle rencontre qu’on ait faîtes depuis le début du lycée. »
Les deux autres acquiescèrent, et les quatre autres ados ne purent que confirmer en hochant la tête vigoureusement.
« Oh, c’est trop bien ! » gloussa Andreas. « Bon, on a pas de champagne, mais euh… » Il regarda chaque personne présente, « on a tous une clope à la main. Alors levons tous notre cigarette à…
« À notre amitié » sourit Tom.
« À cette jolie rencontre. » dit Lorelei.
« À de nouvelles amours. » rougit Silke.
« Et à Jaded Fly, surtout. » dit Georg.
Et ils avalèrent tous une bouffée de tabac, en se regardant silencieusement.
C’était la plus belle, et la plus sincère promesse d’amitié qu’on aurait pu faire.

*

L’excitation commençait à monter derrière eux, et ils pouvaient déjà entendre des groupes de fans chanter Remember me, le tube planétaire de Jaded Fly.
Les vigiles discutaient entre eux, signe que dans moins d’une heure, les portes s’ouvriraient, et ils allaient courir le plus vite possible pour se jeter contre la barrière en fer.
« Bill ? » demanda Tom. Son visage devenait de plus en plus blafard au fur et à mesure que les minutes passaient. Il n’arrêtait pas de vérifier s’il avait bien sa place dans sa poche, et il se mordait les lèvres.
« Oui ? » sourit Bill.
« C’est… » L’effervescence des fans devenait de plus en plus bruyante derrière eux. « C’est qui le gars qui t’intéresse en ce moment ? » demanda-t-il, très sérieusement.
Georg avait laissé filtrer quelques informations, données par Silke qui les avaient repêchés auprès de Bill, et depuis midi, il ne savait pas comment amener le sujet sur le tapis.
« Hum… »
Bill était collé à Tom ; au fur et à mesure que le temps passait, l’espace se réduisait, et quelques minutes encore auparavant, il avait sa tête posée sur l’épaule du dreadeux.
« Je… »
Le regard de Tom le transperçait, alors qu’il regardait droit devant lui. Il s’était fait comme une promesse à lui-même ; ne surtout pas fuir, assumer jusqu’au bout qui il était, ce qu’il voulait, ce qu’il aimait. Qui lui plaisait.
« Je. C’est euh… toi. » dit-il, doucement, en tournant la tête vers Tom.

Soudain, un mouvement de foule les poussa vers l’avant, et ils se retrouvèrent debout en quelques secondes, soulevés par d’autres personnes. Ils étaient côte à côte, et Bill regardait Tom sans même savoir s’il avait entendu sa « pseudo » déclaration.
Tom lui sourit alors, et dans la foule, il lui prit la main.
« C’est cool, j’étais pas sûr tu vois, et ça aurait posé problème que je t’embrasse alors que j’étais même pas sûre de te plaire. »
Bill rougit, mais serra la main de Tom et se rapprocha encore plus de lui (si c’était possible dans la foule déjà compacte), et Tom posa doucement ses lèvres sur celles du brun. Le baiser se fit plus intense, et ils se laissaient bercer par la foule quand soudain plusieurs voix s’exclamèrent bruyamment à côté d’eux ; « Ah bah putain enfin ! »
Ils se séparèrent pour regarder leurs amis, hilares. Et ils détournèrent leurs regards, pour enfin s’embrasser une nouvelle fois. Enfin.

*

Les lumières s’éteignirent, la salle entière se mit à hurler, tout le monde fit un pas en avant.
Les flashs des appareils photos crépitaient déjà, et soudain, le rideau s’abaissa, et les trois musiciens apparurent sur scène. Les spots lumineux éclairèrent toute la salle, et les premières notes de musique s’envolèrent. La voix du chanteur se fit entendre, et il déboula soudainement sur scène en sautillant.
Les quatre membres d’un des groupes le plus connu dans le monde entier entonnèrent leur première chanson, et la salle vibra avec eux, chanta avec eux ; la communion était parfaite.
Au premier rang, au milieu de la fosse, deux jeunes garçons se regardèrent des étoiles pleins les yeux ; ce jour resterait gravé.
Ils se serrèrent la main, et chantèrent à plein poumons en regardant la scène ; This is the first day of my life, I’m glad I didn’t die before I met you, But now I don’t care I could go anywhere with you, And I’d probably be happy.

Demande de Junko
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 13:21

C'était bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeen! *_____________* Je sais que t'as galéré pour l'écrire mais ça en valait trop la peine, le résultat est super! :33 C'est un peu genre happy end pour tout le monde, chose que j'aime bof d'habitude, mais là ça m'a pas tellement dérangé. Tom est génial, je veux le même! ;_; Je les ai trouvé trop mignons en tout cas. Par contre ils fument trop! èé Mais ça a réveillé plein de souvenirs et ouais, j'ai vraiment aimé. Merci!
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Chachouille
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 13:25

Haaaaaaaaaaa I love you
Clari Clari Clari *___*
Le retard valait TELLEMENT le coup, sérieux!
J'ai plus qu'adoré :') C'était léger, drôle, attendrissant, doux, agréable.. TOUT QUOI :'D
Et le cadre de l'attente était super ^^
Et ouais, sérieux, ce que j'ai pu glousser! xD
Tes personnages sont trop attendrissants <3
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 15:04

J'ai adoré! Du début à la fin j'ai juste adoré.

Bill est super attachant je trouve et j'adore le passage avec sa
famille, son petit frère est juste troop chou. J'aime aussi beaucoup
ses amis, plus vrais que nature avec Andreas légèrement insupportable
sur les bords, mais géniale dans le fond, Silke un peu folle mais
attendrissante ( elle m'a fait pensé à toi) et lorelei qui est géniale
aussi =). Leur côté enfantin est trop attendrissant.
J'aime beaucoup le groupe de Tom aussi, déconneurs, gentils, attentionnés, attachant. Tout pour eux quoi xD.

J'ai adoré la scène où Bill se rend compte qu'ils sont juste à côté
d'eux dans la file de concert, et quand Andreas parle de chocolat blanc
je me suis tapée une énorme barre toute seule. Ce moment est excellent.

J"ai aussi aimé le passage dans la café, enfin dans les toilettes,
quand Bill et Tom y vont ensemble et que Tom le maquille fier de lui.
Je sais pas vraiment ce que je lui trouve de particulier, mais j'ai
juste aimé l'ambiance qui en ressortait.
Après tout l'enchainement des scènes m'a plu, j'ai aimé voir le
comportement de Tom face à Bill, se rentre dedans, mais avec le côté
protecteur de Tom. Le rapprochement et les scènes de tendresses, quand
ils sont collés l'un à l'autre m"ont trop touché, j'avais envie d'être
à leur place.
Bill est vraiment attendrissant et j'ai eut envie de lui faire des
câlins à de nombreux moments. Leur rapprochement semble tellement
naturel.
Et puis la scène dans la queue quand ils s'embrassent enfin. J'ai juste
trouvé Tom parfait! Et Bill encore juste gnyyh trop chou. Le baiser est
géniale et j'étais tellement contente que j'en ai tapé dans mes mains
xD.

En conclusion, j'ai juste trouvé cet OS géniale, il fait parti de mes préférés du jeu =).
Donc bravo Clari, t'as juste trop géré =)

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Sabrina
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 15:46

Diiiiiiiiiiih I love you J'ai adooooooré! *______*
Bill est trop adorable, trop attendrissant et trop attachant, je l'aime trop! Tom est trop chou aussi, je veux le même aussi! *-* Je les ai trouvé trop mignons tous les deux, et j'ai adoooré la façon dont Tom l'a dragué, avec des petites remarques trop adorables, la façon dont il s'inquiétait pour lui etc..., c'était trop chou. :3 *a trop gloussé* Tous les autres personnages ont tous quelque chose propre à eux aussi, ils sont tous génial et attachants. :3 Et puis ça a rappelé des souvenirs et tout... bravo Clara, merci à toi, c'était génial! *__* Il fait parti des mes préférés aussi! <3

Chachouille a écrit:
Le retard valait TELLEMENT le coup, sérieux!
J'ai plus qu'adoré :') C'était léger, drôle, attendrissant, doux, agréable.. TOUT QUOI :'D
Tout +1!
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Jess
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 16:03

tout comme chachouille!
vraiment cet os m'a plu et il était tellement agréable à lire, j'ai passé un bon moment, merci Wink
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Machin
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 21:03

J'ai vraiment aimé cet OS, la relation Bill/Tom est trop mignonne et Tom *___* *le bouffe*
L'ambiance aussi était super coul, c'était détendu, ça donnait envie de faire une attente de concert entre potes *-*
Bon le seul truc qui m'a déplu c'est qu'ils se mettent tous en couple entre eux, c'est trop idyllique pour moi xD
Mais merci *-*
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Youlia*
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 23:05

J'ai adoré putain! *____* Le retard vallait grave le coup *-*
Déjà la demande était top! Et tu l'as tellement bien gérée.
J'ai adoré comment tu as su créer l'univers de ce groupe avec des titres de chansons et tout *__* (et j'adore First day of my life de Bright Eyes *__*)
Et Bill est trop touchant et sa famille donne trop envie *___*
Et...et... j'ai trop aiméééé *__________*
Franchement, un grand bravo!
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Kill Sophy
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 23:25

C'était trop trop trop trop trop bien *-*
Je sais juste pas quoi dire d'autre, juste que j'adore ton style d'écriture, et je pense que je serai toujours fan de tout ce que tu écris, vraiment <3
Parce que oui ; c'est doux, léger, attendrissant, drôle, et puis fiuuuh quoi...
J'ai juste adoré, et en plus j'ai pas arrêté de glousser pendant toute ma lecture (je devais juste avoir l'air ridicule mais soit XD), so c'est la preuve que j'ai vraiment aimé *-*
Merci :'D
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Vile Créature
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Mar 20 Juil - 23:57

P'taaaaaaain, comment j'ai trop adoré cet OS, mais vraiment! Je peux que plussoyer tout le monde, là! Et comme la dit les autres, ce retard valait bien le coup! L'OS était super bien écris, l'ambiance était génial, les personnages super attachants, ça me donne trop envie d'avoir une bande de copains comme ça! On retrouve l'ambiance de l'attente avant un concert et plein de souvenirs remontent, c'est super. T'en as pas trop fait, la relation de Bill et Tom était juste super bien, ils se sont pas embrassé direct ou alors baisé alors qu'ils se ""connaissent"" depuis deux jours quoi, et le fait qu'ils s'embrassent dans la file d'attente comme ça, et qu'ensuite dans la foule, en plein concert, ils se regardent des étoiles dans les yeux! C'était trop mignon. J'ai trop adoré la dernière phrase! (celle en anglais je l'ai pas lu, m'en veux pas XD), mais vraiment c'était super. Ce genre d'histoire je trouve que ça te va trop bien, et que cette demande était trop faîtes pour toi! Ils arrêtent pas de fumer XD Et ils sont trop décontracter, je t'imagine vraiment bien dans cette ambiance cool pendant l'attente de concert! D'ailleurs t'étais comme ça quand on était à Bercy XD Bref, je sais pas quoi dire d'autres mais voilà, j'te dis un grand bravo, c'est vraiment réussi, j'ai pas arrêté de glousser aussi mdrrr, mais c'est trop normal vu comment Bill est trop chou, et Tom aussi attentionné *-* Puis j'adore aussi la famille de Bill (: Trop une petite famille modèle, un enfant model, bref j'ai adoré. Et putain je voulais tellement pas que ça se finisse ! ;_____;


Eeeeeet voilà XD *va pas plus s'étaler, va finir par se répéter encore plus*
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Clarinett
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Jeu 22 Juil - 12:57

Waaaah :O
Euh... merci *-*
C'est moi qu'arrêtait pas de glousser là :'O

Nan, vraiment, merci **
Parce que j'ai rendu cet OS a quatre heures du matin, et j'ai écrit les deux tiers en même pas 24h, et j'avais peur que ça se sente ._. Pour moi, cet OS est baclé, trop long, pas assez clair, alors j'suis contente que ça vous ai plu :'D

Et je suis désolée qu'ils fument tout le temps, ça fait 15jours que j'ai pas touché une seule cigarette, alors ça revient inconsciemment XD
Et ouais, Lorelei, c'est un peu moi : ) (elle est même née le même jour que moi nn')

Bref, merciiiiiii, encore une fois :'D
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Ven 23 Juil - 1:58

Ouai c'était rigolo ils fument vraiment tout le temps. ^^ Mais c'était vraiment un OS génial !! Je me suis régalée. Ma scène préférée c'était quand ils se rendent comptent qu'ils sont à côté de Tom, Georg et Lies. Andreas qui pète un câble avec son chocolat blanc, j'étais franchement morte de rire. J'ai aussi aimée quand ils s'embrassent à la fin dans la foule. C'est bien car tu n'as pas précipité les choses, comme disait je sais plus qui, pas de baise et de j'te saute dessus le premier soir. Ils se sont rapprochés naturellement et tout. Enfin, tous les personnages étaient trop attendrissant enfaite, sans exception ^^. Bref, encore un superbe OS !!
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Sam 24 Juil - 3:54

Oh mon Dieu j'suis trop fan c'était parfait !! Merci Clari !

_________________
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May
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Sam 24 Juil - 12:35

Booon bon, comme je savais pas trop sur quel forum tu te connectes le plus Clarinett (et que j'crois bien que c'est celui-ci x)) bah j'copie colle mon avis déjà donné sur Sun (so sorry si tu lis deux fois la même chose xD) parce que je tiens vraiment à ce que tu saches tout ça. C'est ecrit plus bas mais je le répète parce que WOAW ! Bravo et merci d'avoir écrit une histoire pareille, ça n'aurait pas pu être mieux écrit !




Juste la première chose qui me vient en tête c'est: Wow !
J'ai adoré du début jusqu'à la fin. J'ai dévoré cet OS et je me suis régalée.
Y'a un truc là dedans, je sais pas ce que c'est mais c'est bon. Ca rend cet écrit magique et ça retire la banalité qu'on pourrait trouver à l'idée.
Ce que tu as fais, c'est juste remarquable, j'ai rien trouvé à repprocher, rien du tout du tout. J'étais juste à fond dedans, à fond dans tes personnages. Les filles sont drôles (Silke, gott, achevez là ! XD), Andreas est O_O dingue, une vraie pile électrique. On ne peut que adorer Lies et Georg et... Tom est genre adorable, pas nian nian pour autant mais genre cool et terriblement attirant (je compte plus le nombre de regard "noir" qu'il y a eut, et j'ai cru mourir de chaud à chaque fois). Même Bill que j'apprecie rarement est génial. Cool et timide à la fois, caracteriel et presque introverti parfois.
En plus toute cette jolie histoire dans le contexte de concert, de camping, de partage.
La promesse d'amité c'est clair, on aurait pas pu faire plus belle et plus sincere.
Puis cette fin, juste comme il faut, pas de surplus, on ne reste pas sur sa fin non plus.
C'est dosé, equilibré, beau. Ca donne envie, ca fait rêvé, j'en ai les yeux qui brillent.
Juste bravo Clarinett !
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Jeu 29 Juil - 15:53

Chachouille a écrit:
Haaaaaaaaaaa I love you
Clari Clari Clari *___*
Le retard valait TELLEMENT le coup, sérieux!
J'ai plus qu'adoré :') C'était léger, drôle, attendrissant, doux, agréable.. TOUT QUOI :'D
Et le cadre de l'attente était super ^^
Et ouais, sérieux, ce que j'ai pu glousser! xD
Tes personnages sont trop attendrissants <3
Trop trop pareil que Chouille!
Et je voulais trop pas que cet OS finisse je l'ai adoré, c'était génial Clari *o*


Dernière édition par April. le Jeu 29 Juil - 19:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Jeu 29 Juil - 19:39

Bill ou l'accroc à la nicotine !
J'aaaaaaaaaaaaaime, j'aime et je re-aime. Les personnages sont vraiment excellent. Andréas est une pile électrique, il me fait tellement pensé à un ami. Puis bon Tom, je le veux *o* Enfin je serai heureuse d'avoir cette petite bande d'amis là Very Happy
J'ai rigolé toute seul aussi surtout avec l'histoire du chocolat blanc xD

MERCI !!
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Dim 1 Aoû - 21:24

C'est mon idée Very Happy <3

J'adore, j'adore, j'adore !

C'était vraiment drôle et léger ! J'ai beaucoup aimé le personnage de Bill, il était attendrissant et attachant ! Et j'ai tout aimé en fait ._. C'était trop attendrissant son comportement envers Tom. Je suis vraiment contente Very Happy Et merci <3
Et puis Tom ... *_* ... LE comportement trop attirant quoi *s'enaitoujourspasremise*

Ce que tu as écris est vraiment trop bien !! J'avais vraiment pas imaginé l'histoire comme ça, et c'est ça qu'est bon !
Encore merci pour cette merveille. * Repars sur son petit nuage en sifflotant *
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Lun 2 Aoû - 3:01

Aaaw putain c'était trop bien ! Ca m'a trop pris toute la journée pour le lire parce que je suis genre, incapable de rester concentré sur une fic, mais ca valait le coup. Tom est trop attendrissant (comme dirait salou moi aussi je veux un Tooom qui m'aime) et tous les persos ils sont trop gentils comme toi et ca se sent trop dans la fic *o* Et Geo il a tout débloqué, c'est le meilleur \o/ Et le groupe c'est pas 30 sds to mars version clarinett ? LOL. Enfin ya des vannes dans l'os qui sont franchement marrantes. Andreas il est trop con comme d'habitude mais c'est comme ça qu'on l'aime mouhahah. D'ailleurs c'est le seul qui finit tout seul le pauvre. (Je proteste èé) En tout cas ça sent le vécu niveau attente ^^ Pis j'ai bien aimé le choix des prénoms aussi ^^ Bref voila c'est tout, j'ai trop adoré, c'était pas trop guimauve et j'ai trop envoyé tout le monde se faire paitre sur msn au moment de la pseudo déclaration \o/ (Et si c'est toi la petite blonde tu vas vite en besogne dis donc ôô)
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   Ven 13 Aoû - 21:08

Citation :
J'ai vraiment aimé cet OS, la relation Bill/Tom est trop mignonne et Tom *___* *le bouffe*
L'ambiance aussi était super coul, c'était détendu, ça donnait envie de faire une attente de concert entre potes *-*
Bon le seul truc qui m'a déplu c'est qu'ils se mettent tous en couple entre eux, c'est trop idyllique pour moi xD
Mais merci *-*

Je plussoie touuuuuuut :'o
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MessageSujet: Re: I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett   

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I’m glad I didn’t die before I met you, de Clarinett
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