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 [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance

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Sasha
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MessageSujet: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Ven 16 Oct - 17:12

Interdépendance‏




Les draps blancs, purs et immaculés telle la neige fraîchement tombée, remontent autour de son corps en un millier de plis semblables à ceux qui composent le cortex cérébral. Le corps est si malingre qu’à chacune de ses courbes il est possible de voir les os affluant juste sous la peau de parchemin, en une fusion parfaite mais effrayante. Son corps s’allonge en des membres étirés mais graciles, momifiés dans cet océan de literie, et il aurait bien pu s’arrêter de respirer sans même que cela ne se voit. Tout son être est nu, et il suffit de plonger assez profondément dans ce lit pour remarquer que sa peau de velours contient suffisamment d’hématomes, de marques capables d’extirper toute innocence et y laisser des séquelles éternelles –et il se dit que seuls les vers grouillant qui un jour feront de ses chairs le festin suprême, pourront enfin le libérer de ses meurtrissures corporelles.

Sur son crâne, des cheveux d’un châtain doré poussent, et continuent ensuite par le noir le plus profond ; les milliers de filaments constituant sa chevelure sont entortillés, enroulés sur eux-mêmes, pour élaborer des petites tresses qui débutent à même sa peau.



Tom se tourne, appuyant son flanc gauche contre le matelas douillet, et dans son sommeil, il entoure sa poitrine de ses bras décharnés, gémissant légèrement. Il veut retrouver sa chambre chez lui, car celle-ci le rend malade, et parfois, elle le fait crier, hurler, se débattre.



**

Tout avait commencé durant l’année 2007, dans un club où une after party s’organisait après la remise des Comet Award. La cérémonie finie, le groupe Tokio Hotel s’était vu décerné plusieurs prix. Le club, remplis de spectres de fumées diverses et de nuances alcoolisées qui baignaient chacun des corps de la pièce, était chargé de monde, et de célébrités. C’était une fête placée tout en haut de l’échelle sociale, c’était le monde de la bourgeoisie et du business, des menteurs et des manipulateurs. Tom, tenant une cigarette au bout de ses doigts tremblants, son regard perdu et voilé, ne se rappelait même plus la contenance de son verre qui menaçait de couler pour ruiner ses baskets flambants neuves. Il réussissait seulement à garder les yeux ouverts et à se mêler dans cette foule qui le bousculait et dont il ne reconnaissait aucun visage ; tout était flou, embrouillé, comme une écriture qu’on viendrait de gribouiller et qui devenait presque illisible. Son cœur battait fort, il avait la sensation de le sentir dans ses tempes, dans sa nuque, dans ses poignets, et dans ses jambes faibles, fines mais pas encore maigres. C’était l’alcool qui guidait son cœur et faisait tambouriner ses veines. Son t-shirt lui collait désagréablement à la peau, le démangeait dans cette chaleur suffocante, et il aurait voulu se gratter mais ses mains était occupées et il était trop soûl pour réfléchir à une solution possible. Ca puait ici, et il rêvait de sortir prendre l’air.



Le brouillard continua de l’envahir quelques temps, et c’est au moment où il avait presque perdu chaque notion –celle du temps, par exemple- qu’il sentit deux cercles chauds, fermes et doux se refermer autour de ses tendres poignets. Il couina légèrement, releva le visage et fit face à cet homme si imposant, au visage à la peau halée, humide de sueur, et dont l’haleine alcoolisée se répercutait contre son nez pour infiltrer ses sinus et le faire grimacer légèrement. Il tira sur ses bras dans l’intention de se libérer mais ne fut qu’attirer plus près de cette poitrine dure et large.



« Lache-moi, putain, » geint-il. Et pourtant, là enfin, il sentait comme si on venait de l’extirper du monde flou, que quelqu’un le tirait pour le remonter à la surface. « Bushido. »



L’homme sourit, s’inclina pour se pencher et effleurer l’oreille de Tom de sa bouche. « Hey, j’essaye de choper ton frangin depuis tout à l’heure, mais il est coriace, n’est-ce pas ? » Son sourire dévoila ses dents lorsqu’il recula pour le regarder fixement, et Tom sentit une colère se répandre dans ses veines. Ses poings se rétractèrent et il grogna d’un air féroce.



« T’as pas intérêt à le baiser ! » Sa voix chevrotante et bégayante ne fit que sourire Bushido, et il n’avait toujours pas lâché ses mains quand il commença à l’entrainer et à réellement l’extirper loin de ce capharnaüm. Tom prit une grande bouffée d’air et laissa ses poumons se délier, ses alvéoles s’emplir d’un oxygène plus pur et frais. Ils étaient arrivés dehors.



« Je vais pas le baiser, il se la joue prude et il a l’air sérieux ! » Bushido éclata de rire, d’un rire rauque et grave qui frappa les tympans du jeune guitariste, comme si c’était la meilleure blague de l’année. Il lâcha enfin Tom qui frotta ses poignets, et sortit une cigarette de sa veste. « En fait, je me disais, que ça devait pas être bien différent, vous êtes jumeaux. » La phrase était sortit tout naturellement, et Tom ne put la comprendre, ses neurones baignaient dans la liqueur. Il regarda la fumée blanche et épaisse s’échapper d’entre les dents de l’homme qui l’avait conduit ici, debout et hébété sur les graviers.



« Qu’est-ce que tu veux ? » demanda Tom, haussant ses épaules osseuses et croisant les bras lorsque sa peau frissonna et que l’air le rafraichit enfin.



« Tu prends quoi ? » le questionna à son tour Bushido, ses doigts épais et rêches retirant la cigarette de ses lèvres. « Tu prends quoi ? » répéta t-il sa question, car Tom le regardait sans bouger, ses sourcils plissés montrant qu’il essayait de comprendre. « Ok, laisse tomber. » Il ricana. « Ca te dit d’essayer un truc ? T’en as besoin si tu veux tenir dans ce monde. » La voix du rappeur semblait sérieuse, adulte, et Tom le crut lorsqu’il se mit à le suivre. Il était au cœur de l’âge des découvertes, poussé par l’alcool. Il faillit tomber plusieurs fois en se dirigeant vers le parking, il avait l’impression d’être plus déchiré que jamais. Bientôt, il fut attaché dans la voiture de Bushido et son regard se perdait par la fenêtre, sur cette ville lumineuse, tandis qu’il se laissait tirer dans la nuit sans pouvoir s’inquiéter de qui le rechercherait bientôt.



**

En se réveillant dans le lit blanc, Tom se souvient rapidement de cette soirée vieille de deux ans, du début de son cauchemar, de la connerie qu’il avait faite en se laissant manipuler par cet imposteur à l’apparence d’un sauveur, et qui n’avait été, en fait, que son bourreau.

Il se redresse, frotte ses yeux et ignore le creux de ses coudes, là où les taches violacées semblent toujours attirer son attention – elles surgissent dans son champ visuel et l’appellent. Aujourd’hui, il sent qu’il va un peu mieux, enfin, il espère comme chaque matin que ça va aller un peu mieux. Evidemment, la première chose à laquelle il pense ensuite et qui continue de l’obséder est absente, et le restera pour toujours. Il soupire, plante ses ongles rongés dans ses genoux et laisse tomber sa tête en avant, comme si son cou ne pouvait plus la tenir et qu’elle s’en trouvait démembrée. Il inspire une bouffée d’air à l’odeur médicale, l’expire, fait travailler ses poumons qui gonflent, se concentre sur son corps qui fonctionne, sur le mécanisme de ses membres internes. Mais ça ne marche qu’à peine, et immédiatement, il pose ses mains contre l’intérieur de ses coudes.



Tom essaye de bloquer son esprit pour tenter par tous les moyens d’ignorer l’appel fugace et attirant, la tentation, la douleur de ses veines qui palpitent et semblent hurler, jusque dans son crane. Il entend les voix qui résonnent contre ses parois crâniennes, il voit le liquide transparent couler derrière ses paupières closes, il le sent presque s’infiltrer en lui comme avant.

Et puis, il hurle, relève son visage aux profondes cernes de cadavre, penche la tête en arrière en lâchant un sanglot et griffe ses bras. La porte de la chambre d’hôpital claque, et c’est en pleurant sa propre perte qu’il se laisse maitriser entre des mains qu’il ne reconnaît pas. Car les seuls mains qui l’ont vraiment tenu ne le toucheront plus. Plus jamais.



**



La voiture s’arrêta sur le parking d’un hôtel assez huppé, mais où une des lettres de l’enseigne rendait l’âme et clignotait en grésillant, renvoyant un flash rouge désagréable sur le macadam où Tom avançait. Il se souvenait à peine de pourquoi il était arrivé là, et essayait de chercher dans le tiroir de ses souvenirs ce que Bushido avait dit pour qu’il le suive. Cela ne lui revenait pas, et il se concentrait sur ses pieds qu’il posait l’un devant l’autre, basculant son corps vers l’entrée lumineuse, comme une machine défectueuse.



« On va faire quoi ? » demanda t-il d’une voix encore un peu bégayante, tournant son visage vers le rappeur près de lui, plus grand.



« Je te l’ai dit, suis-moi. »



« Mais j’me souv-» Et il n’eut pas le temps de finir sa phrase que de nouveau son poignet fut enfermé dans la poigne de Bushido qui l’entraina vers l’intérieur éclairée et chaleureux. Relevant la tête lorsqu’il sentit la chaleur de l’hôtel, Tom aperçut une femme jeune à l’accueil, à l’apparence épuisée. Ils s’approchèrent et il put constater qu’elle portait un magnifique tailleur de haute couture, et pourtant, ses yeux fatigués lui donnaient un air triste et battu.

Elle tendit un trousseau de clefs à Bushido, ne paraissant même pas surprise de son invité, jeune, talentueux, et très beau, qu’il tenait fermement contre lui. Et puis, Tom se laissa entrainer de nouveau, curieux, tellement curieux. Surement un des plus grands défauts de l’adolescence.



« Lâche-moi, je suis pas PD, » grogna minablement Tom de sa bouche pâteuse, tanguant quand l’ascenseur se mit en marche, se rattrapant en tombant contre Bushido. Il haleta et essaya de reculer, pris entre ses griffes, et il ne savait pas qu’il était dors et déjà trop tard pour reculer.



« Moi non plus, Tom. »



**



Bill entre dans l’hôpital au même moment où une vague de senteurs portant les effluves de la maladie, des produits ménagers, et des médicaments, l’envahit ; cette odeur lui retourne l’estomac. Il porte des lunettes de soleil sombres et suffisamment larges pour dissimuler la moitié de son visage sous une capuche tout aussi noire. Ses pieds claquent sur le sol, alors qu’il est suivit d’un molosse faisant au moins deux fois sa corpulence. Bill s’engouffre dans l’ascenseur, et retire ses lunettes, dévoilant son visage bousillé. Presque autant que les bras de Tom. Ses yeux ne portent plus de maquillage depuis des jours, et ses paupières inférieures semblent tomber sur ses joues, comme des poches molles et presque grises. N’ayant plus tellement l’habitude de sourire, sa bouche a déclaré forfait pour donner à ses lèvres l’impression qu’elles pendent vers le bas à chacune de leurs extrémités ; Bill souriait à l’envers.



Il jette un regard dans le miroir du fond, grimace, et se retient de toutes ses forces de pleurer. Il doit être heureux, c’est sa première visite accordée à l’hôpital, mais pourtant, dans sa poitrine serrée, son cœur semble être pris dans un étau qui ne cesse de se refermer sur lui depuis deux ans ; deux années d’étouffement, qui aujourd’hui l’ont suffisamment torturé pour qu’il ai la sensation de ne même pas pouvoir respirer sans que cela ne le brule. Soupirant, il se demande si un jour, si un jour, le membre chaud et visqueux dans sa poitrine pourra se remettre à battre normalement. L’ascenseur s’ouvre, et des milliers de piquants d’appréhension l’harponnent, tous en même temps. Il se courbe presque de douleur.



**



Tom était dans un fauteuil confortable, moelleux, et les coussins de soie rouge qui l’entouraient auraient pu être doux s’ils ne lui donnaient pas la sensation d’étouffer. Bushido s’affairait devant lui, retirait sa veste en jean rêche noire, pour laisser apparaître un torse herculéen, mate, parfait, et couvert de tatouages et d’un simple marcel blanc et moulant. C’était tout à fait le style de Tom, enfin, le style que Tom aurait aimé avoir. Bushido était comme un exemple pour cet adolescent passionné de rap et de R’n’B qui jouait de la guitare dans un groupe de pop/rock. L’univers du rappeur semblait côtoyer d’avantage celui de Tom que celui de Tokio Hotel, d’où il le tirait, loin de son frère efféminé et homo, de Georg et ses copines qui en fait, ne volait que celles de Tom, et de Gustav qui ne parlait jamais et l’ennuyait clairement. Tom ne se reconnaissait plus dans son groupe, mais il était curieux de connaître Bushido. Un renvoi secoua son estomac et remonta le long de sa gorge, l’alcool grimpant son œsophage accompagné du peu de nourriture qu’il avait ingurgité, et il se concentra fort pour éviter de ruiner la moquette de la chambre luxueuse, se crispant sur le fauteuil en prenant ses genoux contre son torse.



Puis il avait aperçu Bushido disparaître derrière le bar pour revenir avec une flasque de whiskey.



Tom s’était rapidement retrouvé sur le lit, se laissant enivrer de nouveau, et il écoutait Bushido en souriant d’un air complètement déchiré parfois, les coins de ses lèvres se retroussant tandis que son visage dodelinait. Il sentait comme si ses membres ne savaient plus se tenir en place. Bushido semblait lui raconter les histoires d’un monde qui impressionnait Tom, l’émerveillait, un monde remplit de belles filles accessibles qui s’étendaient comme de la chair fraîche sur l’étalage d’un boucher pervers. Le rappeur racontait des souvenirs de ses propres expériences, mettait Tom en confiance et le manipulait assez pour pouvoir poser une main sur sa cuisse sans que Tom ne trouve cela dérangeant.



« Et tu sais c’est quoi qui me fait carrément décoller ? » demanda l’homme mâte en dévoilant ses dents parfaitement alignées. « L’héro, Tom, je t’avais dit que j’avais un truc sympa à te donner, et tu sais, depuis que j’en prends, j’ai l’impression que je peux réaliser tous mes rêves et résoudre tous mes problèmes. » Sa main grimpa sur le bras de Tom, et il le tira légèrement. « Allez, essaye, si t’aimes pas, t’auras juste à ne plus en prendre. »



Tom regarda Bushido, et il n’y eut qu’un éclair de confusion et d’hésitation qui flasha dans son regard avant qu’il ne hoche la tête et que ses yeux soient de nouveau plein de cette admiration.



« Ca va faire mal ? » demanda t-il doucement, lançant des regards un peu curieux sur le creux du coude de Bushido pour y déceler des marques.



« Ne t’inquiètes pas, je sais m’y prendre, la seule chose que tu sentiras, Tom, ce sera une sensation aussi forte que celle que tu dois ressentir quand tu es perché devant 10 000 personnes et que tu grattes ta guitare, mais en mieux. »



Tom ricana de travers, et s’approcha de son ami. « J’te crois pas. » Il commençait à vraiment être curieux, à vouloir connaître cette sensation, la toucher du bout de ses doigts, la palper, et la sentir en lui exploser comme un milliers de battements d’ailes de papillons.



Bushido ne répondit rien, et se pencha pour attraper le nécessaire dans sa table de nuit, appuyé contre l’épaule de Tom. Mais le jeune adolescent ne recula pas, et, même, il sentait comme si cette peau bouillante qui le frôlait était réconfortante ; elle paraissait aussi douce que du satin, aussi velouté que la peau d’une pêche mure et juteuse. Tom eut envie de la toucher plus fermement, ou bien de la mordre pour que le jus sucré dégouline entre ses lèvres, glisse sur sa langue.

Et puis, un froid prit place quand Bushido se recula afin de se remettre à genoux face à lui.



« Tend ton bras, » lui intima t-il doucement, son regard aussi angélique qu’un saint, et apparemment apte à la confiance.



S’exécutant, Tom sentit un nouvel éclair d’hésitation le parcourir, le faire trembler d’appréhension. Aussi rapidement, il fut chasser de son esprit qui baignait dans les volutes d’un alcool dont la couleur tirant entre l’or et le caramel, et qu’il avait engloutit précédemment.



Avec attention, mais sans réagir le moins du monde, ses yeux fixèrent machinalement les mains de Bushido qui vinrent d’abord enrouler autour de son bras un épais élastique en caoutchouc marron. Son biceps fut bientôt emprisonné à l’intérieur, si étroitement qu’il suffit de quelques secondes pour que les veines de son bras ressortent de part et d’autre de l’étau, émergeant comme des poignets de suicidés prêt à se faire charcuter la peau. Le réseau bleu et sanguin qui striait son bras le fascina, et ses yeux coururent sur ses courbes comme s’il s’était agit d’un labyrinthe et dont l’issue se trouvait à la saignée de son coude. Et l’aiguille s’y enfonça comme dans du beurre lorsque Bushido le piqua et appuya. Autant qu’il lui enfonce directement un poignard dans la cage thoracique et qu’il le laisse survivre avec ça pendant deux ans ; deux ans à voir couler son sang pour finir dans un lit d’hôpital avec une hémorragie. Le scénario n’était pas bien différent.



Une légère douleur, vive mais concentrée uniquement sur la zone, le fit tressaillir – Tom n’était pas fan de la douleur. Il plissa sa bouche, mordilla sa lèvre inférieure, et regarda avec enchantement le liquide transparent disparaître de la seringue pour s’injecter lentement, mais surement, dans son artère ; il savait que ça ne s’arrêterait pas avant d’avoir atteint son cœur.





**



La porte qui se dresse devant le chanteur androgyne fait palpiter son cœur et rend ses mains moites. Une frayeur court dans ses veines et embaume son cœur, son cerveau étant secoué d’une seule question : « que vais-je voir ? » Et puis, ses doigts pâles et arachnéens –mais dénués de bagues, aujourd’hui- se referment comme une araignée qui se recroqueville, sur la poignée qui cède à la petite pression qu’il lui inflige. Et soudain, plusieurs vagues d’émotions le submergent et il reste figé, comme glacé, durant les quelques secondes où la porte finit de s’ouvrir avant qu’elle ne claque doucement contre le petit butoir au sol.



Tout grimpe rapidement, en lui, comme des insectes grouillants qui partent de son cœur, de chacune de ses craintes, pour venir pourrir son cerveau, et Bill essaye de déglutir assez fort pour les noyer et les stopper. C’est son courage qu’il doit surtout garder pour lever les yeux, et, il lâche un hoquet à la vision de son jumeau, étendu et détruit, aussi affreux qu’un cadavre qu’on aurait oublié de venir chercher depuis plusieurs jours. Mais le pire, ce n’est pas la chambre si froide, si impersonnelle, ni l’état de son frère. Le pire, ce sont les deux billes aussi vides qu’un océan sans fond, aussi profondes et effrayantes que les abysses, qui se tournent vers Bill ; ces deux globes oculaires, presque verdâtres et qui paraissent dégouliner sur la peau de Tom font frissonner d’horreur Bill, et il a envie de hurler et de se réveiller de ce cauchemar sans nom. Avant d’avoir envie de tuer le responsable.



**



Il s’était retrouvé allongé sur le lit de la chambre d’hôtel, les couvertures sous lui déformées par le poids de son corps. Tom fixait le plafond, cherchait à compter le nombre de traits verticales qui le barrait, et laissait la drogue parvenir à son cerveau. Un, deux, trois, quatre, six. Il s’était trompé, il recommença.



Bushido, assit près de son adolescent, ne cessait de caresser son bras, après avoir nettoyé la perle de sang qui avait gouté lorsque l’aiguille s’était extirpée de sa peau laiteuse. Il espérait qu’il l’aurait ce soir, qu’il réussirait à s’enfoncer dans son corps merveilleux, à jouir entre ses fesses moites qui claqueraient doucement contre ses propres couilles. L’idée fit tressaillir son sexe épais et bronzé enfermé dans son slip noir. Bushido n’était pas gay, seulement, il aimait baiser des culs –culs féminins ou culs masculins. Et si Tom avait le même cul que celui que semblait avoir Bill, alors il pensait que ce serait un cul exquis et étroitement délicieux.



Parfois, il levait les yeux vers son compagnon, et le voyait sourire béatement en chuchotant des chiffres, qui perdaient leur ordre au fur et à mesure qu’ils étaient prononcé ; Tom était comme une calculatrice défaillante qui avait pris l’eau, mais il était juste noyé dans l’héroïne.



Elle courait dans ses veines, elle riait et glissait dans ses artères, faisait du toboggan autour de son cœur et venait le titiller jusque dans ses orteils. Tous les vaisseaux sanguins de son corps subissaient son passage sinistre, mais c’était surtout son cerveau qui commençait à tambouriner contre ses tempes qui était chargé de la présence du liquide.

Et ca le faisait sourire de plus en plus fort, c’était chaud, bouillant, ça semblait être aussi puissant qu’un fantasme qui vous faisait raidir la bite en moins de deux secondes. Et il avait l’impression de flotter, sur l’eau ou dans les nuages. L’adrénaline faisait la course à l’héroïne, toutes les deux se battaient en lui et les sensations de vitesse qu’elles lui apportaient étaient délicieuses, enivrantes. C’était comme respirer la meilleure odeur du monde, sentir sur sa langue le goût le plus succulent de la Terre, avoir le meilleur orgasme de l’univers.



Tom tourna le regard et vit Bushido derrière un voile transparent mais palpable, et il lui sourit de manière étourdie.



« Merci, » murmura t-il avec gratitude, planant complètement.



Bushido lui rendit son sourire et tendit une main chaleureuse et réconfortante pour la glisser dans les dreadlocks de Tom qui n’y opposa aucune résistance. Il le vit presque ronronner et frotter son visage contre sa paume, comme un putain de chaton adorablement affectueux. Et finalement, il ne put que le tenir contre lui pendant que Tom s’enfonçait dans un tourbillon infernal mais délectable.





**



Bill prend une profonde inspiration, et attend que le vigil referme la porte derrière lui et le laisse seul avec son jumeau pour oser avancer. Ses talons claquent sur le carrelage, et il s’installe sur la chaise près du lit, qui grince quand même sous son poids plume.



« Tom, » murmure t-il en tendant la main, déposant ses doigts sur les draps blancs. Il garde ses frayeurs enfouis, et réunit son courage. « Je… Je ne sais même pas quoi te dire, est-ce que tu vas mieux ? »



Tom le fixe, hoche la tête, et tente de sourire alors qu’il entend presque ses lèvres craqueler. « Merci d’être venu, je… Je suis désolé, Bill. »



Et il baisse les yeux, et sur son visage est visible une expression de culpabilité si imposante, qu’elle semble le déchirer en plusieurs cicatrices. Bill n’hésite plus, vient attraper son poignet, se lève, et fond sur son frère jumeau, l’enveloppe dans ses bras en priant de toutes ses forces pour que ses larmes demeurent silencieuses. Mais quelques minutes plus tard, tous les deux ont réussit à noyer l’oreiller d’un liquide salé qui inondent leurs bouches tordus dans une expression de douleur mais d’apaisement. Et leurs bras se ventousent l’un à l’autre comme pour tenter de reconstruire les deux dernières années. Leurs corps essayent de franchir le fossé qui a été creusé, et leurs yeux se ferment en même temps que tous les plus horribles souvenirs.



**



Tom n’était pas revenu tout de suite. Il avait passé les trois jours suivants son premier fixe d’héroïne, à se remémorer avec précision les sensations qu’il avait ressenti –enfin, de ce qu’il s’en souvenait. Et aussi, ses yeux ne pouvaient s’empêcher de toujours vérifier que le léger point bleu à peine visible dans le creux de son coude se voyait toujours. Il y passait un doigt, fixant bêtement, caressant avec douceur, et au plus le temps longeait son fil, au plus ses yeux devaient s’approcher de sa peau pour y voir le petit stigmate. Et puis, il disparut, et Tom eut envie de le revoir. Et envie de tout ce qu’il y avait eu en même temps que sa création éphémère.



Alors, il avait appelé Bushido, et y était retourné, l’estomac crampé, et des nausées le secouant parfois alors qu’un vigil le conduisait à l’appartement de son nouvel ami. Il savait qu’il ne devait pas y remettre les pieds, qu’une deuxième fois engagerait une troisième fois, et des flash de son bras dans un état sanguinolent digne d’un film gore, frappaient son imagination. Il frissonna, descendit de la voiture, et entendit Bushido sourire dans l’interphone quand il lui répondit.



Et tout s’enchaina si vite avant que son bras ne se fasse perforé une deuxième fois.



Tom nageait, il nageait dans un nuage épais et humide, qui semblait lui embrumer la tête. Il voguait sur les vagues de la drogue, et puis, alors qu’il se laissait tomber assit sur le canapé en cuir du salon de Bushido, il sentit le corps imposant de ce dernier venir contre lui. Et quelque chose d’humide et de chaud contre sa gorge. De la salive.



Le dos de Tom frissonna, ses orteils se crispèrent, sa tête tomba vers l’arrière et son ventre se réchauffa, jusque sa bite. Il avait conscience du fait qu’il se laissait embrasser et caresser par un homme, mais c’était trop bon pour qu’il prenne la peine de le repousser, et de réfléchir d’avantage. Tout était purement physique, et ça ne changeait rien à quand une fille s’occupait de lui ainsi. Et cela faisait si longtemps qu’aucune fille ne l’avait satisfait.

Tom était curieux, il avait envie de se laisser aller.



Et puis le cuir grinça lorsqu’il se retrouva allongé, le corps lourd de son compagnon s’écrasant contre le sien si fin, le faisant se sentir plus dominé que jamais. Tom rougit, une légère pointe d’appréhension nouant légèrement ses entrailles, puis il tendit sa bouche vers les lèvres exquises et brunes qui se joignirent aux siennes. L’haleine de Bushido était masculine, sa langue était moins douce que celles des filles, elle fouillait sa bouche avec vulgarité, léchait son palais, violait sa cavité humide avec violence.

Mais Tom adorait. Jamais une telle chaleur avait grimpé en lui, jamais un baiser lui avait autant donné envie de plus. Il se sentait aimé, ce n’était pas à lui de tout faire, il devait juste se laisser faire.



Et c’est ce qu’il fit alors que ses lèvres continuaient de garder ce sourire béat et figé comme une statue. La drogue transformait ses aires cérébrales en une bouillie de chair moite et visqueuse qui lui annihilait la raison, mais il adorait ça.



Et puis il sentit l’entrée de son cul pulser, il sentit ses fesses se serrer, et même s’il doutait quant au fait que ce soit de l’appréhension ou de l’envie, au fond de lui-même il entendait cette petite voix qui lui disait que ce serait bon. Et sa bite confirma cette parole lorsqu’il se laissa baiser pour la première fois de sa vie et que la jouissance lui tira toutes ses forces et le réduisit à l’état de larve.



**



Bill se rassoit sur la chaise de la chambre d’hôpital pendant qu’il essuie de ses doigts vierges de tout vernis ou bijoux, les dernières traces de larmes qui ont gonflés ses yeux et ses paupières. Tandis qu’ils lèvent ces derniers en direction de son frère jumeau, son cœur ne peut s’empêcher de se contracter doucement. Tom est non seulement verdâtre, mais maintenant il est rouge aussi. Mais ça reste le Tom qui fait battre son cœur, de cela il en est convaincu.

Bill tente un petit sourire, et pour la première fois depuis des semaines, cela semble authentique.



« Tu nous as manqué, » murmure t-il en sortant son téléphone portable. « Je préviens maman que… ça va. »



Bill rédige un message en quelques secondes durant lesquels seulement le bruit des touches de son téléphone rompt le silence de la pièce.



« Voila. Alors, comment est la bouffe ici ? » demande t-il en plaisantant, essayant de se détendre –il est tellement contracté que les muscles de son dos sont sans cesse noués et lui font un mal de chien.



Et Tom sourit doucement, comme si presque rien n’avait changé. « Comment expliquer le goût de… Ca n’a même pas de goût, » finit-il par dire en ricanant, son visage s’illuminant presque, car son regard reste terne et cadavérique. Il se redresse légèrement dans son lit et Bill a le reflexe de se pencher pour l’aider. « Je suis pas handicapé, » rétorque Tom sans méchanceté.



Bill soupire et se laisse aller dans son siège. « Désolé. »



« C’est moi qui le suis. »



« Pourquoi ? »



« Pour tout, » claque Tom, ses yeux s’ancrant sérieusement dans ceux de son frère et communiquant des images affreuses de scènes passés, lorsque la drogue régnait et dirigeait la vie du guitariste. La drogue, mais surtout l’amour le plus stupide de cette foutue Terre, se dit Bill.



**



Tom était rentré tard, après encore une de ces nombreuses visites chez son nouvel ami qui semblait le combler un peu plus à chaque fois. Mais Bill n’était pas dupe et voir ce sourire béat sur la face de Tom lorsqu’il revenait, faisaient trembler ses doigts dont l’envie les démangeait de frapper fort. C’était la cinquième fois, et il ne pouvait juste plus se voiler la face, ignorer les conneries qui semblaient prendre un chemin plus sérieux à présent.



Tom ouvrit la porte de leur appartement, la poussant alors que le bois sous sa main lui semblait doux. Tout lui semblait doux et chaud et apaisant lorsqu’il venait de se faire baisé par Bushido après une bonne piqure.



« Putain de merde, tu pourrais prévenir ! » entendit-il piailler depuis le salon, la voix de Bill grinçante et apparemment témoin de sa colère.



Tom grimaça, fronça les sourcils en retirant sa large veste pour la déposer sur un cintre, puis il retira soigneusement ses chaussures, prenant son temps. Il n’avait pas envie d’affronter Bill, de l’entendre. Il n’avait pas envie après avoir passé des heures et des heures chez son amant. La dernière prise de drogue remontait à un moment et il était déjà énervé de ne plus en avoir. Ce n’était vraiment pas le bon moment choisit par Bill qui débarqua dans l’entrée, le visage frappée d’une haine assez puissante. Ses traits étaient durs sur son visage encore si doux et enfantin, et Tom tressaillit.



« T’étais encore chez l’autre ? Bordel de merde, maintenant dis-moi ce qu’il te fait pour que tu passes ta vie chez lui ! » hurla Bill, s’approchant et attrapant l’avant-bras de Tom avec force. « Ca fait plusieurs jours que tu nous parles même plus, putain, et t’as l’air complètement stone quand tu rentres. Je croyais que tu te défonçais à l’herbe ou une connerie, mais ça a l’air sérieux, qu’est-ce que t’es en train de foutre, Tomi, » dit-il plus calmement, une profonde peine se lisant dans ses yeux tandis qu’il ne parvenait même plus à être agressif. Ses épaules se voutèrent et il serra d’avantage le bras de Tom en essayant de s’approcher de lui. « Me dis pas que tu fais ça, Tom, me dis pas que t’as été aussi stupide. »



Tom leva les yeux, et il sentit comme si ses côtes explosaient les unes contre les autres pour envoyer les éclats d’os se planter au cœur du membre chaud qui palpitait dans sa poitrine contracté. Il serra fermement les mâchoires et ne put nier la vérité à son petit frère qui s’inquiétait pour lui. Il leva une de ses mains tremblantes, et la passa autour du dos de son jumeau pour le presser contre lui en murmurant un « désolé » qui brisa le crâne de Bill.



Et le coup partit sans qu’aucun des deux ne s’y soit attendu. Un bruit sourd de gifle se fit entendre, et tous les deux écarquillèrent les yeux en se fixant bêtement ; Bill eut mal à la main et Tom eut la joue qui prit une couleur rouge vive. Mais Bill ne s’excusa pas et finit par rendurcir les traits de son visage comme s’il venait de vieillir de cinq ans.



Sortant de sa béatitude, le guitariste se mit à grogner, humilié et scandalisé par le geste de Bill –même s’il savait au fond de lui qu’il le méritait, et même bien pire.



« Mais va te faire foutre putain ! Tu te prends pour Maman là ? » hurla Tom, serrant les poings, tremblant de colère avant qu’il n’abatte sa main destructrice sur le petit minois de son frère qui geignit de douleur.



Et ils se retrouvèrent tous les deux au sol, à se frapper comme cela arrivait parfois. Mais à la différence que cette fois-ci fut bien plus sérieuse que les autres, et entièrement silencieuse.



**



« Et pour les stalkeuses ? » demande finalement Tom, se tordant les doigts sous la couverture de son lit pour ne pas que Bill le voit. Il commençait à se sentir mal mais essayait de se contrôler.



« Ha, et bien, un arrangement est en court. On va leur donner une somme d’argent pour qu’elle ne balancent rien, » dit platement Bill, clairement lasse de cette histoire. En effet, le jour où Tom avait débordé envers ces filles, ce fut lorsqu’elles lui avouèrent avoir vu quelques marques sur ses bras, et elles avaient insistées, jurant de balancer cette rumeur si Tom ne leur en disait pas plus. Et la fille qu’il avait frappé avait essayé de photographier son bras à travers la voiture, avait commencé à le provoquer. Cela ajouté à tout ce qu’elles avaient fait avant –frapper leur mère, les menacer, les suivre, leur faire peur et surtout influencer l’état de Bill- avait fait perdre le contrôle à Tom qui sortit de la voiture comme une furie. Malheureusement pour cette fille, Tom était aussi en manque, ouais. Alors il l’avait poussé au sol avec force pour claquer ses poings dans son petit dos tendre. Il avait eut envie de sentir les os de sa colonne vertébrale exploser sous ses phalanges mais s’était retenu à temps d’empirer son cas. C’était de leurs fautes à elles de toute façon.



« D’accord, » dit-il en hochant la tête, éloignant le sujet finalement. Ca lui donne encore envie de tuer, et ça lui fait penser au passé, et il ne veut plus avoir l’image de Bushido dans sa tête. C’est un travail surement bien plus compliqué et douloureux que celui du sevrage. Oublier son premier amour, le plus fort, le plus puissant.



**



Cela faisait plusieurs semaines que la relation assez particulière entre Tom et Bushido s’était instaurée. Tout se passait généralement dans l’appartement de l’adulte, loin des photographes, loin de Tokio Hotel et loin de Bill. Et c’était souvent dans la chambre que se déroulaient les thèmes piliers de leur relation : la drogue, le sexe, la drogue, et une histoire de prostate et de cul délicieux.



Mais Tom était assit dans le salon, les jambes repliées sous son corps, redescendant doucement de son trip à l’héroïne alors qu’il attendait que son amant ne finisse de se doucher. Il entendait l’eau couler et gicler sur le sol, avec des petites variations lorsqu’elle dégoulinait sur les courbes de Bushido, et cela le rassurait presque. Et puis soudain, comme une idée qui tombe de nulle part, Tom se souvint de quelque chose qui retourna son ventre d’une excitation mêlée de fascination et d’angoisse. Un peu comme la fascination malsaine que certaines personnes entretiennent pour la drogue. Mais il s’agissait d’autre chose qui durait bien moins longtemps mais qui était bien plus fatale ; un joli revolver.

Tom voulu le trouver, il savait que Bushido en avait un car il le lui avait déjà dit. Le guitariste se sentait curieux à l’idée de le tenir dans sa main, et il se mit en tête de le chercher.



Il le trouva quelques minutes plus tard au fond du bureau, sous quelques couches de paperasse.



Ses yeux s’étaient allumés comme deux petites torches brillantes d’excitation, ses doigts tenaient fébrilement l’objet lourd en métal, et glacé. Tom se mordit la lèvre pour s’éviter de glousser, il se sentait comme un gosse avec un nouveau jouet.

Et il était trop plongé dans sa contemplation, dans sa découverte de cette pièce rare qu’il ne cessait de scruter, pour remarquer que l’eau de la douche avait arrêté d’éclabousser le sol. L’adolescent leva la main, tendit l’arme au bout de son bras comme si elle était une prolongation de son membre, et murmura un « pan » en faisant comme s’il tirait. Il avait envie d’essayer.



Mais Bushido ouvrit la porte de la salle de bain, ne portant qu’un caleçon et sa nuque encore humide de l’eau qui coulait de ses cheveux courts. Tom se tourna à toute vitesse dans un élan de panique, essayant de camoufler l’arme dans sa poche arrière alors qu’il fondit presque à la vue du corps de son amant, viril, musclé et bronzé, et couvert de tatouages ; il eut envie de se mettre à genoux pour l’accueillir.



Mais s’il vit Bushido s’approcher, ce ne fut surement pas pour lui offrir sa queue. Son visage venait de se tordre de colère, et ses pas étaient sûrs alors qu’il amenuisait la distance qui le séparait de l’adolescent, l’énervement faisant trembler ses poings et ses avant-bras.



« Non mais qu’est-ce que tu fous, là ?! » cria t-il, ne laissant pas le temps à Tom de reculer alors qu’il saisissait fermement son biceps et enfonçait le bout de ses doigts dans le muscle pour le neutraliser tandis qu’il se penchait en essayant de récupérer l’arme. « Alors comme ça t’as envie de jouer aux pistolets ? » cracha t-il, alors que Tom essayait d’éloigner le flingue, inconscient.



Bushido se fendit d’un sourire malsain et ricana de sa façon rauque et grasse alors qu’il constatait que Tom essayait carrément de lui tenir tête. Sa main se déplaça et saisit son col et il lui lança un regard si noir qu’il sembla à Tom qu’il venait de lui transpercer les côtes. Et l’arme lui fut retirer des mains avant qu’il ne sente le bout rond, dur et gelé venir se poser sur sa tempe ; Tom commença à ressentir une véritable peur s’insinuer dans ses veines et ses artères pour le paralyser, et bloquer ses poumons pour lui couper la respiration.



« A quoi tu joues ? » hurla de nouveau le rappeur, son visage n’étant plus qu’un masque de colère fendu par le sourire en coin malsain qui donnait envie à Tom de fondre dans le sol.



Ce dernier essaya presque de rétrécir ses membres pour se ratatiner, honteux et apeuré, l’arme coincé contre son crâne lui bloquant toutes pensées concrètes. L’instinct de survie lui fit lancer un regard désappointé à Bushido avant qu’il ne bégaye d’une voix fébrile et aigue. « Tu vas pas faire ça. »



Le sourire de Bushido grandit pour dévoiler ses dents blanches qui contrastaient avec sa peau mâte, et il sembla presque exciter à l’idée de sentir la peur grimper dans le corps de l’adolescent. Refermant d’avantage son poing sur son col, il réussit à presque le décoller du sol, et sa voix se fit plus sérieuse et glaciale. « Bien sur que si, t’as pas envie ? »



L’adolescent ouvrit les lèvres pour répondre mais c’est un cri qui s’échappa de sa bouche habile lorsqu’il sentit un coup contre sa tempe, et Bushido qui venait de crier « boum ! » en éclatant de rire. Tom soupira profondément en essayant de calmer son palpitant, ayant bien cru que quelque chose allait lui perforer le crâne et faire gicler sa cervelle sur les murs du salon luxueux. Du coton noyait encore son cerveau, et il ne put que fixer béatement son compagnon, tremblant de plus en plus fort alors que son cœur battait dans tout son corps.



« N-non, j’ai pas envie que tu me tires dans la tête, » bafouilla t-il après avoir bruyamment déglutit, sa voix éraillée.



Et le métal froid glissa le long de sa joue, de sa gorge, et de son flanc gauche, de sa hanche, puis de son cul. Tom en frissonna contre son gré, grimaça, se laissa caresser par l’arme et trouva cela presque sensuel. Sensuel et dangereux. L’adrénaline montait.



« Tu veux que je tire dans ton petit trou ? » demanda Bushido, une tonalité joueuse dans la voix tandis qu’il appuyait le pistolet sur le jean de Tom pour frotter la raie de son cul. Les mots vinrent frapper les oreilles de Tom qui haleta carrément et secoua négativement la tête, se tortillant comme un pauvre ver qu’on allait hameçonner pour essayer de repousser l’arme.



Et il se sentit poussé vers l’arrière, autorisant à ses jambes de marcher et de se laisser guider par le corps de Bushido qui se pressait contre le sien –avec un pénis apparemment très dur- pour lui faire traverser le couloir jusqu’à sa chambre, et son lit si moelleux. Tom pouvait affirmer que le lit était moelleux à la façon dont ses genoux avaient l’habitude de s’enfoncer dans le matelas, ainsi que ses coudes. L’arme glissa sous son t-shirt et il se cambra maladroitement pour échapper à sa fraicheur –se demandant par ailleurs si ce n’était pas lui qui était tellement chaud que l’arme paraissait si froide-.



« Menteur, tu aimes ça, » souffla Bushido, son haleine balayant le visage de Tom.



Et ils se retrouvèrent rapidement dans le grand lit de Bushido. Ce dernier avait presque soulevé Tom du sol, son poids léger ne lui posant aucun problème, et il l’avait jeté dans le matelas à la douce literie, avant de grimper sur ses cuisses. L’arme était toujours placée dans sa main droite, comme une menace pour Tom qui déglutit de nouveau en la voyant.



« Alors pourquoi t’es allé la chercher ? Ca te fascine gamin ? » lança Bushido en ricanant et en soulevant le t-shirt de Tom pour pointer le flingue contre son ventre. Il adorait la façon que Tom avait de frissonner et de se tordre pathétiquement pour y échapper comme un petit animal prit au piège. « Je pense que tu ne vas pas vraiment me manquer, » dit-il avec froideur, même s’il ne pensait pas un traitre mot de tout cela.



Tom était obnubilé par le revolver, sa présence oppressante et excitante contractant ses entrailles alors qu’il posait son regard sur son amant et sentait son cœur se fendre, comme souvent. Il avait envie de manquer à Bushido s’il partait, et il n’avait pas envie de se faire niquer le ventre ici. Et il n’avait d’yeux que pour lui. Alors la blessure de son cœur fut si acerbe qu’elle ouvrit les vannes de sa colère.



« Va te faitre foutre putain, tu le feras pas, » pesta t-il tandis qu’il se tortillait d’une façon plus virulente et ne faisait qu’exciter d’avantage son compagnon donc la bite déformait son caleçon tendu.



« T’as pas envie de savoir ce que ça fait de sentir son bide exploser ? Oh, non, peut-être que tu n’as juste pas envie de laisser ton petit Bill tout seul sur cette planète, » s’esclaffa Bushido en ôtant le canon de son corps offert et déjà abusé des dizaines de fois par son pénis chaud qui n’attendait que d’être gâté par le jeune guitariste. Puis il libéra ce dernier de son caleçon, épais, et dur, dressé comme un trophée entre ses cuisses. « Tu l’as déjà baisé ? » cracha t-il en se souvenant que c’était Bill qu’il désirait coincer dans son lit au début. Mais il disait ça seulement pour provoquer Tom et parce qu’il était foutrement jaloux de Bill capable d’avoir plus de pouvoir sur Tom que lui-même, et recevant plus d’amour aussi.



Bushido fit glisser ses hanches pour longer son corps vers le haut et il sentit la main de Tom se poser fermement sur sa poitrine pour essayer de le repousser. Baissant les yeux sur son visage, il le vit grimacer en fixant bêtement sa queue avant que Tom utilise son amour pour son frère pour lui lancer un regard noir, et sérieusement touché. C’était là le point faible de Tom : son doux petit jumeau au cul foutrement bandant.



« Sale enculé, tu le toucheras jamais. Peut-être que ça te frustrerais si je disais que ouais ? » pesta Tom avec un ricanement acide, ayant oublié l’arme sur le coup. Il vit Bushido froncer les sourcils et plisser la bouche dans une grimace de dégout.



« Bordel t’es pas sérieux, c’est carrément dégueulasse.»



Et le guitariste sentit la prise dure de Bushido lui immobiliser le poignet comme au premier jour, avant que sa bite humide cogne contre son menton. Il déglutit pour ne pas la lui dévorer sur place –c’était tellement instinctif-, toujours vexé par son comportement et essayant de protéger son frère des mains si douloureuses de Bushido. « Allez, soit gentil, suce-moi et j’essaierai de pas le niquer trop fort, » souffla t-il avant d’exploser de son rire rauque.



« Ferme-la, hors de question putain ! » gueula soudain Tom, essayant de se lever pour partir, se débattant avec force alors qu’il voulait courir et aller mettre son frère à l’abri. Il se sentait de plus en plus faible, apeuré, et il couina comme un chiot quand il fut plaqué de nouveau au matelas avec force. Et il entendit le cliquetis significatif d’une arme qu’on charge.



« Hors de question ? » s’énerva l’adulte, ses traits se déformant d’avantage sous une colère bien plus sérieuse, tout son visage effrayant. Il souffla par les narines et posa le flingue contre le front de Tom, enfonçant fermement sa gueule d’ange dans l’oreiller. « Suce la moi je t’ai dit ! » hurla t-il avec des intonations graves, et frottant sa bite moite contre le joli minois de Tom qu’il redessinait avec des bavures de liquide séminal. Et il n’avouera jamais que c’était aussi la jalousie à l’égard de Bill qui le faisait se sentir autant énervé.



Tom se retint de hurler de terreur, fermant les yeux en refoulant péniblement un sanglot alors qu’il se demandait s’il était si détestable aux yeux de l’homme qu’il aimait pour mériter un tel châtiment. Il ne sut plus s’il eut envie de pleurer et de lui hurler de le pardonner, ou de recevoir cette balle en pleine tête afin de calmer les douleurs lancinantes que lui faisaient ressentir son cœur en se tordant si fort que ça le paralysait parfois. La mort serait si apaisante alors. Il respirait difficilement, et consentit à ouvrir la bouche avant que le pénis qu’il chérissait le plus vienne s’enfoncer sans aucune douceur contre sa langue et son palais, violant sa délicieuse bouche. L’arme frotta son front, sembla retracer les plis qu’il formait en grimaçant pour ne pas avoir de reflexe de rejet alors que la bite chaude de l’adulte cognait presque contre le fond de sa gorge.



« Je crois que tu me sous-estimes Tom, t’as surement besoin d’une correction. »



Tom frissonna et avant qu’il ne s’en rende compte, il avait déjà commencé à suçoter la queue parfaite de son amant, automatiquement. Ses lèvres le pressaient avec douceur, sa langue s’enroulait autour de lui et il salivait presque, le prenant le plus loin possible. Il avait toujours peur, mais sucer était toujours aussi délicieux. Les gémissements qui vinrent bercer ses oreilles furent témoins de son habilité parfaite à la pipe. L’arme glissa entre ses dreadlocks, râpa son cuir chevelu, et les hanches de Bushido bougeaient en rythme pour baiser avec force et langueur sa bouche.



« Mieux que ça, T-Tomy, » souffla l’adulte, les lèvres entrouvertes et les paupières ayant du mal à rester en place tant le plaisir grimpait, chauffait ses cuisses et le cuisait. Sa tête partit légèrement en arrière et il dévoila la peau lisse de son cou viril et bourré de muscles bandés.



Tom n’avait presque aucun haut-le-cœur, habitué à se faire goulument violer la gorge, mais il grondait parfois lorsque cela devenait trop épais et étouffant et que de la bave dégoulinait sur ses joues. Ses doigts vinrent se poser sur le bas du ventre de son amant pour tenter de le bloquer, en vain. Bushido semblait prendre son pied en le voyant sucer sa bite comme un chaton puis le pomper de façon vulgaire.

Et le jeune put enfin se détendre lorsque la peur le quitta au moment où le flingue arrêta de lui écorcher la peau du crâne et disparut même de son champ de vue. Sa bouche fut également libre de ses mouvements, et son corps. Discrètement, il soupira de soulagement et essaya de détendre ses mâchoires devenues douloureuses.



« Retourne-toi, » lui ordonna Bushido, le souffle apparemment court et son pénis semblait presser de trouver le soulagement.



Tom sembla incrédule, et il se contenta de récupérer son souffle en continuant de calmer les muscles de son visage, ignorant la demande de cet homme qui n’avait finalement pas lâché le flingue. Et pour la forme, histoire de montrer son mécontentement, il lui lança un regard noir, ténébreux, le provoquant encore. Il ne savait pas s’il avait encore envie de la violence ressentit plus tôt, de toutes ces sensations effrayantes mais bourrées d’adrénaline, ou s’il était vraiment mécontent de ce traitement. Bizarrement, la première possibilité paraissait bien plus probable en sentant l’état de son propre pénis enfermé dans ses jeans et douloureux.



« Retourne-toi je t’ai dit ! » hurla soudain le rappeur, empoignant fort les cheveux du jeune et soulevant sa tête, agacé, l’entendant crier. « Tu commences à m’énerver là, dépêche-toi ! »



Déglutissant et grimaçant pour retenir ses larmes, le guitariste posa tranquillement ses mains douces sur la peau rugueuse des bras de Bushido, lui faisant lâcher prise, et il se retourna sans un mot de plus. Son cœur était pris d’une réelle terreur mais aussi d’une sourde excitation, et il plongea son visage dans le coussin, appréhendant, fermant fort ses yeux humides. Il attendit la sentence de son agresseur, les sens aux aguets. Et puis, avec une étrange douceur, il sentit les mains de l’homme qu’il aimait venir ouvrir son pantalon pour lui descendre, dévoilant la peau fraîche, lisse, et douce de son petit cul. Les doigts de l’homme vinrent toucher ses hanches osseuses et fragiles, et sa voix était devenue calme, soudain. Bushido avait autant de sautes d’humeur que la drogue pouvait lui en fournir, mais surtout que l’amour qu’il refoulait pour Tom lui en offrait. Ca le perturbait et le changeait constamment.



« Tu trembles, » murmura t-il, et Tom put savoir qu’il souriait. « Je t’effraie ? »



Sans répondre, il hocha la tête, et crispa ses doigts dans l’oreiller, impressionné. Ses fesses se serrèrent par reflexe, et peu importe la situation, il ne pouvait nier que les doigts de Bushido sur son corps était le truc le plus dingue qui pouvait lui arriver. Ca faisait papillonner son cœur, tordre son estomac, et envoyait des confettis dans ses veines. Ca le rendait chaud, et foutrement amoureux. Il en eut la chaire de poule.



« Hey, t’as pas à avoir peur, t’as un cul bien trop bon pour que je t’abime, et tu le sais, Tom, » souffla de nouveau Bushido comme s’il ne s’était pas amusé quelques minutes plus tôt à lui broyer la tête contre le lit afin de le forcer à faire une fellation.



Tom couina quand les mains fortes empoignèrent son tendre derrière, écartant ses fesses en les plotant avec fermeté. Et une bouche vint se poser sur sa chute de rein, le faisant fondre, le tirant pour une chute sensationnelle et assassinant toute envie de résistance. De toute façon, il n’avait jamais compté résister. Il laissa échapper un profond soupir, agrippant l’oreiller d’avantage en se cambrant pour se mettre quasiment à quatre pattes, sa peur s’évaporisant.



« Prend une capote dans la table de nuit, » demanda Bushido sans pourtant obtenir de réponse. Il sentit seulement Tom se tortiller sous ses doigts, presque d’impatience, ses deux globes de chair roses l’attirant. Tom détestait les préservatifs, même s’ils devaient les utiliser, et souvent il essayait de faire céder son compagnon à s’en passer, inconscient des risques, surtout quand il était drogué. Sinon, il se contentait de ne pas participer à cette action, réclamant une bite nue et qui giclerait dans son corps. Bushido soupira et se pencha de lui-même pour ouvrir le tirer et attraper un petit sachet dans la boite en carton marquée d’une marque célèbre de préservatifs –bizarrement, depuis qu’il vivait cette aventure avec Tom, les boites semblaient se vider à une vitesse ahurissante- et il le déchira avec ses dents.



« Mon petit pd, » dit-il dans un sourire alors qu’il déballait le morceau de latex de son emballage et l’enroulait avec précision sur son pénis brulant. Et il vint derrière Tom afin de se coller à lui, enroulant un bras autour de sa taille pour le hisser.



L’excitation qui parcourait le corps du jeune était intenable, il frissonnait sans cesse, remuait les hanches, tremblait, et sentait son trou pulser. Et la douceur de Bushido le fascinait à l’extrême, comme toutes les facettes de cet homme qui le rendait surement encore plus dépendant que l’héroïne. Ses genoux l’aidèrent à se soulever encore, et il cambra son dos, exposant sans timidité l’entrée plissée qui menait aux tuyaux infernaux qui reliaient ses organes. Le bras autour de lui le faisait se sentir en sécurité, au chaud, et aimé, presque aimé.



« Bushido, » hulula très doucement Tom. Et aussi doucement, mais avec une force digne d’un homme, il sentit enfin Bushido pénétrer son corps, l’écarter avec lenteur mais fermeté pour prendre place en lui, le faisant gémir d’une douleur mêlée de soulagement. C’était la sensation la plus délicieuse, juste avant l’aiguille qui pénétrait son bras et crevait ses veines.

Le rappeur convulsa presque, et mordit la nuque de son adolescent pour se retenir de faire du bruit et marquer son appartenance comme une lionne avec ses petits, ses doigts s’enfonçant dans l’estomac de son propre petit alors qu’il le faisait sien. Bushido ne l’avouerait jamais, mais il aimait sérieusement materner cet enfant et jouir en sa compagnie, ou l’embrasser en sentant son cœur si jeune palpiter amoureusement pour lui. Ou se branler en pensant à Tom quand il lui manquait.



« Oh-oh, » finit par haleter le guitariste lorsqu’il fut enfin au fond de lui. La douleur était minime et il la domptait avec facilité, avec habitude. Il était surtout concentré sur les dents qui croquaient sa peau et le soumettaient de cette manière douce mais animale. Tom en raffolait. La soumission était cette chose qu’il refoulait dans la vie quotidienne mais adorait en secret.



La baise put commencer. C’était d’abord des coups de hanches d’une étrange douceur frustrante mais profonde, Bushido allait toujours si loin, le soulevait carrément du lit en le pénétrant vers le haut pour creuser son trou et visiter ses chairs qu’il dilatait. C’était calme et presque silencieux, hormis les longs gémissements lascifs et aigues que Tom poussait à chaque passage. Bushido plaqua sa langue à la peau salée de sa nuque, léchant en le prenant avec passion pour se faire pardonner de la violence de tout à l’heure. Tom était faible, petit, maigrelet et fragile dans les bras larges de l’adulte qui le pressaient toujours d’avantage. Et Bushido savait à la perfection manier l’art de la baise pour s’amuser à juste frôler la prostate de Tom, ce point qui le faisait décoller plus haut que tout le reste.



La pièce s’emplit de gémissements de plus en plus érotiques, les sons de friction entre leurs corps se firent plus humides et la manière dont Tom se cambrait était pire que sensuelle. Il allait à la rencontre des hanches de Bushido, s’empalait sur lui comme si ça ne suffisait jamais, comme s’il avait envie de le sentir rentrer jusque dans son ventre écrasé sous les grandes mains. Même le lit aussi moelleux que du coton se mit à crisser pour accompagner ces amants qui se perdaient dans cet océan de plaisir, y plongeant la tête la première.



Le jeune blond jura quand il osa serrer les muscles de ses fesses pour rendre cela meilleur pour Bushido, même si ça le piquait quelque peu de douleur. Il planta ses griffes dans le matelas et mordit fort l’oreiller, fermant les yeux en se sentant presque s’évanouir.



Et les couilles de l’adulte se mirent à claquer contre ses fesses quand cela devint véritablement bestial. Les cris des deux hommes se perdaient l’un dans l’autre, résonnaient contre les murs pour venir s’abattre sur eux comme des massues capables de les écrabouiller d’avantage ; ils se sentaient devenir deux flaques tremblantes de plaisir. Les respirations ne suivaient plus, les faisait presque s’étouffer. La sueur témoignait de la chaleur intense de cette union. Bushido ne se retenait plus, alliait douceur et violence pour baiser exhaustivement le meilleur trou du cul de ce monde, pour le limer incroyablement bien. Et puis il inclina légèrement les hanches et vint écraser avec force la prostate de Tom en demandant au même moment entre ses dents serrées « Tu m’aimes ? »



« Oui ! » hurla Tom au même moment, avec une voix rauque, éraillée, aussi bousillée que son cul. C’était définitivement le coup final pour lui, sentir le gland de cet homme venir toucher fermement sa prostate qui alors écrasait ses canaux éjaculateurs et envoyait un flot juteux de sperme sur le matelas, comme de la délicieuse crème chantilly. Sa tête tournait, ses sens disparurent un à un et l’orgasme le tira dans une profondeur noire et sourde. Il n’entendait plus rien, ses oreilles sifflaient, ses yeux étaient fermés si fort que des étoiles se dessinaient sur l’écran de ses paupières. Et il ne sentait plus ses jambes tandis qu’il se laissa couler sur le lit en sentant son amant jouir aussi.



Quelques minutes plus tard, ils étaient étroitement calfeutrés l’un contre l’autre, leurs cœurs battant aussi fort et passionnément l’un pour l’autre mais un seul des deux garçons osant l’exprimer.



**



Une semaine plus tard, Tom sort de l’hôpital. Son état s’est arrangé, sa dépendance est presque contrôlée grâce à tous les efforts développés par l’hôpital pour lui, les exercices, les médicaments.

Il n’y a plus que la douleur de son cœur et sa dépression continuel qu’il doit cacher.



Mais tout semble aller mieux, lorsque sa main saisit celle de Bill pour sortir de l’infernale chambre, celle qui a renfermé pendant des jours et des jours des images de lui plus affreuses les unes que les autres. Bill lui sourit, et il a l’impression de le retrouver après deux ans passés si loin de son jumeau, de sa moitié, de son autre lui. Il a la sensation de découvrir un nouveau garçon, magnifique, qu’il n’a pas vu grandir, et dont il a tellement de choses à découvrir encore, à apprendre, et tant de temps pour ça, pour se consacrer uniquement à Bill et essayer de rattraper le temps perdu. Et son cœur bat fort quand Bill est là, comme s’il se soignait plus vite. Il serre fort ses doigts, et se colle à lui pour que Bill l’enlace. Maintenant c’est Tom qui réclame les câlins, pense Bill en souriant, pensant que tout va allait mieux alors que le soleil brille dans le couloir qu’ils doivent traverser pour démarrer une nouvelle vie.



Et dans leur poitrine à tous les deux, tandis qu’ils se blottissent ensemble, leurs deux cœurs essayent de détruire leurs os, leur chair et leur peau, pour venir se greffer l’un à l’autre, pour se coudre afin de se faire l’amour jusqu’à la fin des temps.



Mais ils ne le savent juste pas encore.


Demande de Mimipotter

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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Ven 16 Oct - 19:01

j'étais en larmes et avec l'estomac au bord des lèvres pendant toute ma lecture
j'ai juste l'impression qu'on vient de m'arracher les tripes
j'ai jamais été aussi retournée par une lecture de toute ma vie, je suis encore en train de pleurer d'ailleurs
je sais juste pas quoi dire d'autre et puis de toute manière pour le moment j'en suis même pas capable
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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Ven 16 Oct - 21:07

C'est absolument superbe et effrayant à la fois...
Totalement indescriptible...
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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Sam 17 Oct - 1:54

Je sais pas quoi donner comme avis.
C'est...très spéciale, et la demande en elle-même. Non mais mim's hein xD
Je trouve quand même que l'auteuse s'en est très très bien sortie, vraiment je la félicite.
bravo
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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Dim 18 Oct - 22:31

Bon alors alors !! A moi de faire ma review !
Auteuse : JE T'AIIIIIIIIIIIIIIIME !!!

J'ai vraiment bien aimé c'est un truc auquel je m'attendais pas du tout du tout du tout quoi.

Des points positifs :
- J'aime bien que Bill apparaisse dans l'histoire je sais pas pourquoi mais j'aime.
- J'adore comment Bushido se comporte avec Tom, il ne lui dit jamais qu'il l'aime et à mon humble avis il ne lui dira jamais et c'est génial comme ça. J'ai juste l'impression que Tom croit parfois qu'il est le seul à aimer dans le couple.
- Le moment avec le flingue *_* putain là j'ai failli tomber parterre quoi ! *amoureuse* c'est le moment que j'ai préféré.
- Et le lemon est juste trop bon *_*

Quelques points négatifs :
- J'aurais aimé que l'auteuse mette peut-etre plus en valeur le côté gore et aussi le côté amoureux. Mais là c'est parfait, si j'avais eu un Bushido dégoulinant ça m'aurait pas trop plu. Mais c'est vrai aussi qu'un tout petit peu plus gore aurait été le summum !

En gros j'adore quoi *_*
Merci à l'auteuse !!
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Vile Créature
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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Mar 20 Oct - 1:09

YIIIIHHHH
Moi ye sais qui c'eeeeest qui a écriiiiiit

Putain, j'en suis toute retournée !
Comme d'habitude en fait, ça fait tellement du bien de lire une histoire de ce genre.
Surtout écris par toi, ça me rend toute chose *O*
T'es juste merveilleuse, c'est juste putain de bon de lire un OS pareil, j'ai juste plus les mots, c'est ohmygod *O*
Putain j'en avais les larmes aux yeux quand j'ai lu, la scène des jumeaux, c'était putain de déchirant, c'est magnifiquement bien écrit, t'as toujours ce putain de talent qui me fait voler, mes yeux ils pétillent à chaques lignes que je parcours, je te jure ça fait un bien fou *O*
J'suis pas douée pour les long commentaires et tout mais j't'aurais prévenu que j'irais m'extasier à fond.
Donc je reprend calmement..

...

PUTAIN JE T'AAAAAAAAAAAAAAAIME C'ETAIT TROP BOOOOOOOOON
Le lemon OHMYGOOOOOOOD et la scène du fliiingue bordel *O*
WHOU-AH-OUH *bave*
C'était super, ouais, d'avoir inclu Bill dans l'histoire, et cette relations qu'ils ont, putain.
Et j'aime ce Bushido que tu as décrit, Avec Tom en dessous ;o *_*
J'me sens plus, j'arrête pas de le dire mais c'était fucking trop bon, continue quoi, t'écris toujours aussi bien, c'est que du plaisir à lire


Bon j'vais m'arrêter là, sinon j'vais jamais m'arrêter et j'vais noyer mon clavier *µ*




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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Sam 24 Oct - 18:50

Ugh.
J'etais partagée entre le lire ou pas. Je crois que je suis comme Obsex, je me sens si mal, et putain c'etait si bon, l'horreur et l'excitation dans l'horreur, hm, et juste, je detstete, je deteste cet environnement, et j'ai fait que penser a Bill tout le temps, et juste Tom, tomi, grand frere... Je sais pas bordel...

Merci, c'était fort en emotion, intense. Et putain de bien écrit, ouais. Beaucoup de talent. <3
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MessageSujet: Re: [Vacancières] OS # 9 - Interdépendance   Sam 31 Oct - 0:18

Encore une demande de l'enfer ^^;;

Je suis désolée mais c'est pas du tout le type d'histoires que j'aime ; j'aime pas le couple, j'aime pas la situation.

Mais bon ça tient à la demande tout ça alors voili, sinon c'est bien fait, enfin il y a parfois une surenchère dans les termes c'est dommage, mais ça reste d'un très bon niveau.

Bref voili désolée mais cet OS pouvait de toutes façons pas me plaire XD Bravo de l'avoir écrit, une demande comme ça m'aurait donné des envies de suicide XD
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[Vacancières] OS # 9 - Interdépendance
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